[Histoire de Ghawrath ibn al-Hârith]
Ibn Ishâq a dit (1) : « Dans cette expédition, ‘Amr ibn ‘Ubayd m’a rapporté, d’après al-Hasan, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh, qu’un homme de Banû Muhârib, nommé Ghawrath, déclara à ses gens de Ghatafân et de Muhârib : “Ne devrais-je pas tuer pour vous Muhammad ?” Ils répondirent : “Bien sûr, mais comment comptes-tu t’y prendre ?” Il dit : “Je vais l’attaquer par surprise.” Il s’avança alors vers le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui), qui était assis, tandis que l’épée du Messager d’Allâh reposait sur ses genoux. Ghawrath dit : “Ô Muhammad, puis-je jeter un coup d’œil à cette épée ?” Le Prophète répondit : “Oui.” Il la prit et la dégaina, puis se mit à la secouer et à menacer, mais Allâh l’empêcha de nuire. Alors Ghawrath dit : “Ô Muhammad, n’as-tu pas peur de moi ?” Le Prophète répondit : “Non, je n’ai pas peur de toi.” — “Tu ne me crains pas alors que l’épée est entre mes mains ?” reprit Ghawrath. Et le Prophète dit : “Non, Allâh me protège de toi.” Ghawrath rendit alors l’épée au Prophète (que la paix et le salut soient sur lui). Allâh révéla ensuite : “Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait d’Allâh sur vous quand un peuple s’était disposé à porter la main sur vous, et Il retint leur main de vous. Craignez Allâh ! Et qu’en Allâh les croyants placent leur confiance !” (Al-Mâ’ida, 5:11). »
Ibn Ishâq a également dit (2) : « Yazîd ibn Rûmân m’a rapporté que ce verset fut révélé à cause de ‘Amr ibn Juhâsh, l’un des Banû an-Nadîr, et de ce qu’il projeta de faire. » Ainsi, Ibn Ishâq rapporte l’histoire de ce Ghawrath, par l’intermédiaire de ‘Amr ibn ‘Ubayd al-Qadarî – le chef de cette faction égarée. Même s’il n’est pas suspecté de mensonge délibéré dans le hadith, il fait partie de ceux qu’on ne doit pas citer en raison de son innovation et de ceux qu’il a appelés à y adhérer.
Ce hadith est néanmoins établi dans “les Deux Sahîh” selon une autre chaîne de transmission, louange à Allâh. Par ailleurs, l’Hâfidh al-Bayhaqî (3) rapporte à cet endroit plusieurs voies de ce hadith en divers endroits, lesquelles sont corroborées dans “les Deux Sahîh” (4), d’après az-Zuhrî, d’après Sinân ibn Abî Sinân et Abû Salama, d’après Jâbir, qui raconta avoir participé à une expédition à Najd avec le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui). Lorsque le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui) reprit la route, la sieste le surprit dans un vallon rempli d’acacias. Les gens se dispersèrent pour s’abriter à l’ombre des arbres, et le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui) se trouvait sous l’ombre d’un arbre où il avait accroché son épée. Jâbir rapporta : « Nous nous sommes endormis, puis nous avons entendu la voix du Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui) nous appeler. Nous lui avons répondu et nous l’avons trouvé auprès d’un bédouin assis. Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) dit : “Cet homme a dégainé mon épée pendant que je dormais. À mon réveil, il la tenait à nu dans sa main, et il m’a lancé : ‘Qui te protègera de moi ?’ J’ai répondu : ‘Allâh.’ Il m’a répété : ‘Qui te protègera de moi ?’ J’ai insisté : ‘Allâh.’ Alors il a rengainé l’épée et s’est assis.” Et le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui) ne le punit pas, bien qu’il eut agi ainsi. »
Muslim rapporte également (5) ce récit d’après Abû Bakr ibn Abî Shayba, d’après ‘Affân, d’après Abân, d’après Yahyâ ibn Abî Kathîr