Al-Wâlibî (1) a rapporté d’après Ibn ‘Abbâs, au sujet de la Parole du Très-Haut : « Lui appartiennent des troupes qui se succèdent devant lui et derrière lui, et qui le protègent par l’ordre de Dieu » (Sourate ar-Ra‘d, 13 :11) [et les “troupes qui se succèdent” relèvent de l’ordre de Dieu] (2), c’est-à-dire les anges. ‘Ikrima a également rapporté, d’après Ibn ‘Abbâs, à propos de « le protégeant par l’ordre de Dieu » : « Ce sont des anges qui le protègent de tous côtés ; puis, lorsque survient le décret de Dieu, ils le laissent. » (3)
Mujâhid a dit : « Il n’est pas un serviteur de Dieu sans qu’un ange ne soit chargé de le garder, qu’il soit endormi ou éveillé, contre les djinns, les humains et les animaux nuisibles ; rien n’arrive jusqu’à lui tant que l’ange s’interpose et, si Dieu le veut, cela finit par l’atteindre. » (4) Abû Umâma a dit : « Il n’est point d’être humain sans qu’un ange ne le défende jusqu’à ce qu’il parvienne à ce qui lui est destiné. » (5) Abû Majlaz a rapporté qu’un homme vint auprès de ‘Alî en disant : « Des gens de (la tribu de) Murâd veulent te tuer. » ‘Alî répondit : « Avec chaque homme se trouvent deux anges qui le protègent de ce qui ne lui est pas destiné. Mais, lorsque le décret (divin) arrive, ils s’écartent de lui. En vérité, l’échéance est une forteresse imprenable. » (6)
Parmi ces anges, on compte aussi ceux chargés de consigner les actes des serviteurs, comme le dit le Très-Haut : « À sa droite et à sa gauche se tiennent (deux scribes) assis. Il ne prononce aucune parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire » (Sourate Qâf, 50 :17-18). Il dit également : « Et sur vous, certes, veillent des gardiens, de nobles scribes, qui savent ce que vous faites » (Sourate al-Infitâr, 82 :10-12).
Al-Hâfizh Abû Muhammad ‘Abd ar-Rahmân ibn Abî Hâtim ar-Râzî rapporte dans son Tafsîr : « Mon père nous a transmis ; il a dit : ‘Alî ibn Muhammad at-Tanâfisî nous a rapporté ; Wakî‘ nous a rapporté, d’après Sufyân et Mis‘ar, eux-mêmes d’après ‘Alqama ibn Marthad, d’après Mujâhid : Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Honorez les nobles scribes qui ne vous quittent que dans deux circonstances : la souillure majeure (janâba) et le lieu d’aisance (ġâʾiṭ). Lorsque l’un de vous prend son bain rituel, qu’il se mette à l’abri derrière un mur, derrière sa monture ou qu’il se fasse protéger par son frère.” » (7)
Ce hadith est mursal selon cette chaîne de transmission, mais al-Bazzâr l’a rapporté dans son Musnad par une autre voie : celle de Hafs (8) ibn Sulaymân al-Qâri’ – sur qui pèsent des remarques – qui le tient de ‘Alqama, lui-même de Mujâhid, d’après Ibn ‘Abbâs, disant que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a déclaré : « En vérité, Dieu vous interdit de vous mettre à nu. Ayez donc de la pudeur envers les anges de Dieu qui sont avec vous, les nobles scribes, lesquels ne vous quittent qu’en trois occasions : la souillure majeure, le lieu d’aisance et le bain rituel. Aussi, si l’un de vous se lave en plein air, qu’il se cache derrière un vêtement, un mur ou sa monture. » (9)
Le sens d’“honorez-les” est qu’il faut avoir de la pudeur à leur égard, afin de ne pas leur faire consigner des actes blâmables, car Dieu les a créés nobles tant dans leur nature que dans leurs mœurs.