Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils périrent tous, à l’exception de Kaʿb ibn Zayd, membre des Banû Dînâr ibn an-Najjâr. En effet, ils l’avaient laissé alors qu’il était encore en vie. On le releva parmi les morts et il vécut jusqu’à ce qu’il fût tué le jour du Fossé. En outre, parmi ceux qui gardaient les bêtes du groupe, se trouvaient ʿAmr ibn Umayya ad-Ḍamrî et un homme des Anṣâr issu des Banû ʿAmr ibn ʿAwf. Ils ne furent avertis du massacre des compagnons que par le vol des oiseaux tournoyant au-dessus du camp. Ils se dirent alors : « Par Dieu, il se passe quelque chose avec ces oiseaux. » Ils s’avancèrent donc pour voir et découvrirent les leurs baignant dans leur sang, tandis que les cavaliers qui les avaient frappés restaient sur place. L’Anṣârî dit à ʿAmr ibn Umayya : « Que penses-tu faire ? » Il répondit : « Je pense que nous devons rejoindre le Messager de Dieu (ﷺ) et l’informer de ce qui s’est passé. » L’Anṣârî rétorqua : « Quant à moi, je ne saurais préséance à moi-même sur un lieu où al-Mundhir ibn ʿAmr a été tué, et je ne veux pas que d’autres rapportent l’événement à ma place. » Il combattit donc l’ennemi jusqu’à ce qu’il fût tué, tandis que ʿAmr fut fait prisonnier. Lorsque ʿAmr leur apprit qu’il appartenait à Muḍar, ʿĀmir ibn aṭ-Ṭufayl le relâcha, lui rasa le sommet de la tête et l’affranchit pour s’acquitter de la dette d’une esclave qui incombait, selon lui, à sa mère.

ʿAmr ibn Umayya reprit alors la route et, lorsqu’il fut parvenu à al-Qarqara dans la haute vallée de Qanâh, deux hommes de Banû ʿĀmir s’approchèrent jusqu’à se mettre à l’ombre non loin de lui. Ces deux hommes bénéficiaient d’un pacte conclu avec le Messager de Dieu (ﷺ) et jouissaient de sa protection, ce que ʿAmr ignorait. Quand ils s’installèrent, il les questionna : « De quel clan êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes de Banû ʿĀmir. » Il les laissa alors s’endormir, puis se rua sur eux et les tua, pensant ainsi venger la mort des compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) tombés face à Banû ʿĀmir. À son retour auprès du Messager de Dieu (ﷺ), ʿAmr lui rapporta la chose. Le Prophète (ﷺ) déclara : « Tu as tué deux hommes et je m’acquitterai de leur prix du sang. » Puis il ajouta : « C’est là l’œuvre d’Abû Barâʾ. J’ai toujours redouté et craint qu’une telle chose ne se produise. » Lorsque la nouvelle parvint à Abû Barâʾ, il lui fut pénible de voir ʿĀmir trahir sa confiance et ce qui advint des compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) à cause de son intervention et de sa protection.

Hassân ibn Thâbit (1) composa alors des vers dénonçant la trahison de ʿĀmir à l’égard d’Abû Barâʾ et incitant les fils d’Abû Barâʾ à s’en prendre à ʿĀmir :

• (mètre al-wâfir)
« Ô fils de la mère des Banû al-Banîn, ne vous laissez-vous point émouvoir,
Vous qui êtes l’élite des gens de Najd ?
ʿĀmir s’est moqué d’Abû Barâʾ et l’a trahi,
Le trahissant de façon aussi fautive qu’un acte volontaire.
Va donc informer Rabiʿa, l’homme des hauts faits,
De ce que tu as commis dans le malheur après mon départ.
Ton père est le père des combats, Abû Barâʾ,
Et ton oncle est un noble : Ḥakam ibn Saʿd. »

Ibn Hishâm (2) rapporte que « Umm al-Banîn » désigne la mère d’Abû Barâʾ, laquelle est Umm Banû al-Banîn, fille de ʿAmr ibn ʿĀmir ibn Rabîʿa ibn ʿĀmir ibn Ṣaʿṣaʿa. Il poursuit en relatant que Rabiʿa ibn ʿĀmir ibn Mâlik attaqua ʿĀmir ibn aṭ-Ṭufayl. Il le transperça à la cuisse, ce qui lui causa une grave blessure et le fit chuter de sa monture. Il s’exclama : « Voilà l’effet d’Abû Barâʾ ! Si je meurs, mon sang revient à mon oncle et qu’il ne soit poursuivi de personne. Si je survis, je saurai quoi faire. » Moussa ibn ʿUqba, se référant à az-Zuhrî, a transmis un récit semblable à celui de Muḥammad ibn Isḥâq. Moussa indique que le chef du groupe était al-Mundhir ibn ʿAmr. D’autres disent qu’il s’agissait de Marthad ibn Abî Marthad.

(1) Les vers se trouvent dans le Dîwân de Ḥassān ibn Thābit (1/232) avec quelques modifications dans l’ordre des mots. Voir également la Sîra du Prophète d’Ibn Hichâm (2/187-188). (2) Voir la Sîra du Prophète d’Ibn Hichâm (2/188).
آخرهم، إلّا كعب بن زيدٍ أخا بني دينار بن النجار، فإنهم تركوه وبه رمقٌ، فارتثّ من بين القتلى، فعاش حتى قتل يوم الخندق، وكان في سرح القوم عمرو بن أُمية الضّمريّ، ورجلٌ من الأنصار من بني عمرو بن عوفٍ، فلم ينبئهما بمصاب القوم إِلَّا الطير تحوم حول العسكر، فقالا: واللَّه إن لهذه الطير لشأنًا. فأقبلا لينظرا، فإذا القوم في دمائهم، وإذا الخيل التي أصابتهم واقفةٌ، فقال الأنصاريّ لعمرو بن أمية: ماذا ترى؟ فقال: أرى أن نلحق برسول اللَّه ﷺ فنخبره الخبر. فقال الأنصاريّ: لكني لم أكن لأرغب بنفسي عن موطنٍ قتل فيه المنذر بن عمروٍ، وما كنت لأخبر عنه الرجال. فقاتل القوم حتى قتل، وأخذ عمرٌو أسيرًا، فلمّا أخبرهم أنه من مضر أطلقه عامرُ بن الطّفيل، وجزّ ناصيته، وأعتقه عن رقبةٍ كانت على أمّه، فيما زعم. قال: وخرج عمرو بن أمية، حتى إذا كان بالقرقرة من صدر قناة، أقبل رجلان من بني عامرٍ حتى نزلا في ظِلٍّ هو فيه، وكان مع العامريّين عهدٌ من رسول اللَّه ﷺ وجوارٌ لم يعلمه عمرو بن أمية، وقد سألهما حين نزلا: ممّن أنتما؟ قالا: من بني عامرٍ، فأمهلهما حتى إذا ناما عدا عليهما وقتلهما، وهو يرى أن قد أصاب بهما ثأرًا من بني عامرٍ فيما أصابوا من أصحاب رسول اللَّه ﷺ ، فلمّا قدم عمرو بن أمية على رسول اللَّه ﷺ ، أخبره بالخبر، فقال رسول اللَّه: "لقد قتلت قتيلين، لأدينّهما" . ثم قال رسول اللَّه ﷺ : "هذا عمل أبي براءٍ، قد كنت لهذا كارهًا متخوّفًا" . فبلغ ذلك أبا براءٍ فشقّ عليه إخفار عامرٍ إيّاه، وما أصاب من [أصحاب رسول اللَّه ﷺ ] بسببه وجواره. فقال حسَّان بن ثابتٍ (١) في إخفار عامرٍ أبا براءٍ، ويحرّض بني أبي براءٍ على عامرٍ: [من الوافر] بني أمّ البنين ألم يرعكم … وأنتم من ذوائب أهل نجدِ تهكّم عامرٍ بأبي براءٍ … ليخفره وما خطأٌ كعمد ألا أبلغ ربيعة ذا المساعي … فما أحدثت في الحَدَثان بعدي أبوك أبو الحروب أبو براءٍ … وخالك ماجدٌ حَكَمُ بن سعدِ قال ابن هشامٍ (٢) : أمّ البنين، أمّ أبي براءٍ، وهي بنت عمرو بن عامر بن ربيعة بن عامر بن صعصعة. قال: فحمل ربيعة بن عامر بن مالكٍ على عامر بن الطّفيل، فطعنه في فخذه، فأشواه، ووقع عن فرسه، وقال: هذا عمل أبي براءٍ، إن أمت فدمي لعمّي فلا يتبعنّ به، وإن أعش فسأرى رأيي. وذكر موسى بن عقبة، عن الزّهريّ نحو سياق محمد بن إسحاق، قال موسى: وكان أمير القوم المنذر بن عمرٍو، وقيل: مرثد بن أبي مرثدٍ.
(١) الأبيات في "ديوان حسَّان بن ثابت" (١/ ٢٣٢) مع تقديم وتأخير وانظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٨٧ - ١٨٨). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٨٨).

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