C’est ainsi que cela est rapporté dans la version d’Al-Bukhari sous forme de hadith mursal, d’après ‘Urwa. Al-Bayhaqi (1) l’a également rapporté, à partir du hadith de Yahyâ ibn Sa‘îd, d’après Abû Usâma, d’après Hishâm, d’après son père, d’après ‘Â’isha. Il y a relaté l’histoire de l’Hégire et, à la fin de son récit, il a inclus ce qu’Al-Bukhari rapporte ici. Et Dieu est plus savant.
Al-Wâqidî (2) l’a également rapporté, d’après Mus‘ab ibn Thâbit, d’après Abû al-Aswad, d’après ‘Urwa, où il mentionne l’anecdote et la situation d ‘Âmir ibn Fuhayra, ainsi que le récit de ‘Âmir ibn al-Tuffayl affirmant qu’il fut «élevé au ciel». Il relate aussi que celui qui le tua fut Jabbâr ibn Sulmâ al-Kilâbî, et déclare : «Lorsqu’il le transperça de sa lance, celui-ci s’écria : “J’ai réussi, par le Seigneur de la Ka‘ba.”» Puis, Jabbâr s’interrogea plus tard : «Que signifient ses paroles ‘J’ai réussi’?» On lui répondit : «Il voulait parler du paradis.» Jabbâr s’exclama alors : «Il a dit vrai, par Dieu», et se convertit à l’islam par la suite, en raison de cet incident.
Dans les “Maghâzî” de Mûsâ ibn ‘Uqba (3), d’après ‘Urwa, il est dit que le corps d ‘Âmir ibn Fuhayra ne fut pas retrouvé : on suppose que les anges l’ont enseveli. Yûnus, citant Ibn Ishâq (4), rapporte que le Messager de Dieu (ﷺ) – après la bataille d’Uhud – resta à Médine le reste du mois de Shawwâl, ainsi que Dhû al-Qa‘da, Dhû al-Hijja et Muharram, puis il envoya les compagnons du puits de Ma‘ûna durant le mois de Safar, soit quatre mois après Uhud. Il poursuit : «Mon père, Ishâq ibn Yasâr, m’a raconté, ainsi que al-Mughîra ibn ‘Abd al-Rahmân ibn al-Hârith ibn Hishâm et ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr ibn Muhammad ibn ‘Amr ibn Hazm et d’autres parmi les gens de science, qu’Abû Barâ’ ‘Âmir ibn Mâlik ibn Ja‘far, surnommé Mulâ‘ib al-Asinnah, était venu auprès du Messager de Dieu (ﷺ) à Médine. Celui-ci l’invita alors à l’islam sans qu’Abû Barâ’ ne se convertît ni ne s’éloignât, et il lança : “Ô Muhammad, si tu envoyais quelques-uns de tes compagnons appeler les gens du Najd à ta religion, j’espère qu’ils te répondraient.” Le Prophète (ﷺ) répondit : “Je crains les gens du Najd pour eux.” Abû Barâ’ répliqua : “Je leur accorderai ma protection.”»
Le Messager de Dieu (ﷺ) envoya alors al-Mundhir ibn ‘Amr, membre du clan des Banû Sâ‘ida, surnommé «al-Mu‘anniq limawtihi», à la tête de quarante de ses compagnons, parmi les meilleurs musulmans. Il y avait parmi eux al-Hârith ibn al-Sammâ, Harâm ibn Milhân du clan des Banû ‘Adiyy ibn al-Najjâr, ‘Urwa ibn Asmâ’ ibn al-Salt al-Sulamî, Nâfi‘ ibn Budayl ibn Warqâ’ al-Khuzâ‘î, ‘Âmir ibn Fuhayra – affranchi d’Abû Bakr –, ainsi qu’un groupe de musulmans émérites. Ils se mirent en route jusqu’à ce qu’ils s’installent à Bi’r Ma‘ûna (le puits de Ma‘ûna), situé entre le territoire des Banû ‘Âmir et la lave basaltique des Banû Sulaym.
Une fois arrivés, ils dépêchèrent Harâm ibn Milhân avec la lettre du Messager de Dieu (ﷺ) à l’ennemi de Dieu, ‘Âmir ibn al-Tuffayl. Mais ce dernier, à peine le pli reçu, ne le lut pas et se jeta aussitôt sur Harâm pour le tuer. Puis il appela les Banû ‘Âmir à se joindre à son agression, mais ceux-ci refusèrent, déclarant : «Nous ne saurions trahir Abû Barâ’, car il leur a accordé sa protection.» Alors ‘Âmir ibn al-Tuffayl mobilisa certaines tribus des Banû Sulaym – du clan d ‘Usayya, de R‘i‘l, de Dhakwân et de al-Qâra –, qui répondirent à son appel et arrivèrent pour encercler ces musulmans dans leur campement. Voyant leurs agresseurs, les compagnons mirent aussitôt la main à leurs sabres et combattirent jusqu’à ce qu’ils soient tous tués.