Ibn Hishâm (1) a dit : « La plupart des connaisseurs en poésie contestent qu’elle soit de Hassân. »
Expédition de ‘Amr ibn Umayya ad-Damrî, à la suite de l’assassinat de Khubayb (2). Al-Wâqidî (3) rapporte : « Ibrâhîm ibn Ja‘far m’a raconté d’après son père, ainsi que ‘Abd Allâh ibn Abî ‘Ubayda d’après Ja‘far ibn ‘Umar ibn Umayya ad-Damrî, et ‘Abd Allâh ibn Ja‘far d’après ‘Abd al-Wâhid ibn Abî ‘Awn, chacun ajoutant quelques détails aux dires des autres. Ils dirent :
Abû Sufyân ibn Harb déclara, devant un groupe de Quraysh à La Mecque : “N’y a-t-il personne pour assassiner Muhammad ? Il se promène dans les souks, nous pourrions ainsi assouvir notre vengeance.” Un homme parmi les Arabes vint le voir chez lui et lui dit : “Si tu me donnes les moyens nécessaires, je partirai le tuer, car je connais bien les routes et je suis habile. J’ai avec moi un poignard semblable à la serre d’un aigle.” Abû Sufyân répondit : “Tu es notre homme.” Il lui remit un chameau et de quoi subvenir à ses besoins, et ajouta : “Cache ton projet, car je crains que quelqu’un ne l’entende et ne le rapporte à Muhammad.” L’Arabe répondit : “Personne ne le saura.” Il partit donc de nuit sur sa monture, voyagea cinq jours et arriva à l’aube du sixième sur les hauteurs de la Harra, puis se mit à interroger les gens au sujet du Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à se rendre à l’aire de prière (al-musallâ). On lui dit alors : “Il s’est dirigé vers les Banû ‘Abd al-Ashhal.” L’homme s’en alla donc, menant sa monture jusque chez les Banû ‘Abd al-Ashhal, y attacha son chameau, puis se dirigea vers le Messager de Dieu (ﷺ) qu’il trouva dans la mosquée, au milieu de ses Compagnons, en pleine conversation. Il entra et, lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) l’aperçut, il dit à ses Compagnons : “Cet homme trame une perfidie ; Dieu empêchera ce à quoi il aspire.”
L’homme s’approcha et s’écria : “Qui donc est Ibn ‘Abd al-Muttalib parmi vous ?” Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : “Je suis Ibn ‘Abd al-Muttalib.” Il s’avança alors comme pour parler à voix basse au Prophète (ﷺ), mais Usayd ibn Hudayr l’agrippa et s’écria : “Éloigne-toi du Messager de Dieu (ﷺ) !” Il tira ensuite sur le pan intérieur de son habit et découvrit le poignard. Il s’exclama : “Ô Messager de Dieu, c’est un traître !” Décontenancé, l’Arabe dit : “Verser mon sang… ô Muhammad !” Usayd le maintint fermement et le Prophète (ﷺ) déclara : “Dis-moi la vérité : qui es-tu et pourquoi es-tu venu ? Si tu dis vrai, cela te sera utile ; si tu mens, j’ai déjà percé à jour tes intentions.” L’Arabe demanda : “Suis-je en sécurité ?” Le Prophète (ﷺ) répondit : “Tu es en sécurité.” L’homme lui raconta alors l’intrigue fomentée par Abû Sufyân et ce qu’il avait reçu en échange. Le Prophète (ﷺ) ordonna qu’on l’enferme chez Usayd ibn Hudayr.
Le lendemain, il le fit venir et lui dit : “Je t’accorde ma protection, va où tu voudras... Ou bien préfères-tu quelque chose de meilleur ?” L’autre demanda : “Qu’est-ce donc ?” Le Prophète (ﷺ) répondit : “Que tu attestes qu’il n’est de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu.” L’homme déclara alors : “J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu et que tu es assurément le Messager de Dieu. Par Dieu, ô Muhammad, je n’étais pas homme à craindre autrui, mais à peine t’ai-je vu que ma raison m’a échappé et j’ai senti mon courage fléchir. Puis tu as découvert ce que je mijotais, alors que personne d’autre n’en avait la moindre idée. J’ai compris que tu étais protégé et que tu détiens la vérité, tandis que le parti d’Abû Sufyân est celui de Satan.” Le Prophète (ﷺ) se mit à sourire. L’homme demeura sur place quelques jours, puis demanda l’autorisation de s’en aller et quitta le Prophète (ﷺ). On ne l’entendit plus mentionné par la suite.
Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors à ‘Amr ibn Umayya ad-Damrî et à Salama ibn Aslam ibn Huraysh : “Partez tous deux jusqu’à ce que vous parveniez…”