On mentionna qu’au moment où ils crucifièrent Zayd ibn ad-Dathina, ils le criblèrent de flèches pour l’amener à apostasier sa religion, mais cela ne fit que renforcer sa foi et sa soumission. ‘Urwa et Moussa ibn ‘Uqba rapportent qu’ils élevèrent Khubayb sur le bois du supplice et l’interpellèrent en lui demandant : « Souhaiterais-tu que Muhammad soit à ta place ? » Il répondit : « Non, par Dieu le Très-Haut, je n’aimerais même pas qu’il fût racheté par une simple épine qui le piquerait au pied. » Ils se moquèrent alors de lui. Ibn Ishaq a rapporté ce récit dans l’histoire de Zayd ibn ad-Dathina – et Dieu sait mieux.
Moussa ibn ‘Uqba a dit : « Ils prétendent que ‘Amr ibn Umayya fut celui qui enterra Khubayb. »
Ibn Ishaq (1) a dit : « Yahyâ ibn ‘Abbad ibn ‘Abd Allâh ibn az-Zubayr m’a rapporté, selon son père ‘Abbad, d’après ‘Uqba ibn al-Hârith, qu’il l’entendit dire : “Par Dieu, ce n’est pas moi qui ai tué Khubayb, car j’étais alors trop jeune pour cela. Mais Abû Maysera, le frère des Banû ‘Abd ad-Dâr, a pris la lance, l’a mise dans ma main, puis a saisi ma main et la lance, avant de le transpercer jusqu’à ce qu’il meure.” »
Ibn Ishaq (2) a également rapporté, d’après certains de ses compagnons, qu’‘Umar ibn al-Khattâb avait nommé Sa‘îd ibn ‘Âmir ibn Hidhaym al-Jumahî sur une partie de la région syrienne (ash-Shâm). Il arrivait à Sa‘îd de perdre connaissance alors qu’il se trouvait au milieu du peuple. On en parla à ‘Umar en disant : « Cet homme est parfois foudroyé d’un évanouissement. » Lorsque ‘Umar le questionna à son arrivée, il lui dit : « Ô Sa‘îd, qu’est-ce qui te prend ? » Il répondit : « Par Dieu, ô Commandeur des croyants, je n’ai aucun mal, mais je faisais partie de ceux qui assistèrent au supplice de Khubayb ibn ‘Adiyy et j’ai entendu son invocation. Par Dieu, chaque fois que cette scène me revient en mémoire alors que je suis parmi les gens, je perds connaissance. » Cela augmenta encore l’estime qu’‘Umar avait pour lui.
Al-Umawî a dit : « Mon père m’a rapporté qu’Ibn Ishaq a également dit : “Nous avons appris qu’‘Umar déclara : ‘Celui qui souhaite contempler un homme unique en son genre, qu’il regarde Sa‘îd ibn ‘Âmir.’” »
Ibn Hishâm (3) déclara : « Khubayb resta aux mains de ses geôliers jusqu’à l’expiration des mois sacrés, puis ils le mirent à mort. »
Al-Bayhaqî rapporta, par la voie d’Ibrâhîm ibn Ismâ‘îl, d’après Ja‘far ibn ‘Amr ibn Ja‘far ibn ‘Amr ibn Umayya, selon son père, lui-même le tenant de son grand-père ‘Amr ibn Umayya, que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) l’avait envoyé seul en éclaireur. Il raconta : « Je suis venu devant la potence de Khubayb, je suis monté dessus en craignant d’être repéré, puis je l’ai libéré de ses liens et il est tombé au sol. Je suis ensuite descendu, prenant quelque distance, puis je me suis retourné : je ne vis plus rien. C’était comme si la terre l’avait englouti. Depuis ce jour jusqu’à maintenant, nul n’a fait mention de la moindre dépouille de Khubayb. »
Ibn Ishaq (4) a également rapporté, d’après Muhammad ibn Abî Muhammad, de Sa‘îd ou ‘Ikrima, suivant Ibn ‘Abbâs, que lorsque les compagnons du drame d’ar-Rajî‘ furent tués, certains hypocrites s’exclamèrent : « Malheur à ces gens tourmentés, qui ont péri de la sorte, sans être restés chez eux ni remplir la mission de leur Prophète ! » Alors Dieu révéla à leur sujet : « Et parmi les gens, il en est qui te plaisent par leur parole au sujet de la vie présente, et ils prennent Dieu à témoin de ce qui est dans leurs cœurs, alors qu’ils sont les plus acharnés adversaires » (Al-Baqara, 2 : 204), et les versets qui suivent.
Et Dieu révéla également (d’autres versets) au sujet des compagnons de cette expédition.