Dieu protège le serviteur croyant. ‘Âsim avait fait le vœu de ne jamais être touché par un polythéiste, ni de toucher aucun polythéiste de son vivant. Dieu l’en préserva après sa mort, tout comme Il l’avait protégé de son vivant.
Ibn Isḥâq (1) a dit : « Quant à Khubayb, Zayd ibn ad-Dathina et ‘Abd Allâh ibn Târiq, ils ont cédé et se sont laissés fléchir, préférant la vie ; ils se livrèrent alors, et on les emmena à La Mecque pour les y vendre. Arrivés à aẓ-Ẓahrân, ‘Abd Allâh ibn Târiq se dégagea de ses liens, puis saisit son épée et se retira à l’écart du groupe. Ceux-ci le lapidèrent alors jusqu’à ce qu’il succombe. Il fut enterré à aẓ-Ẓahrân. Pour ce qui est de Khubayb ibn ‘Adiyy et de Zayd ibn ad-Dathina, on les amena à La Mecque. »
Ibn Hishâm rapporte : « On les vendit à Quraysh contre deux prisonniers issus de Hudhayl, qui se trouvaient à La Mecque. »
Ibn Isḥâq dit : « Khubayb fut acheté par Ḥujayr ibn Abî Iḥâb at-Tamîmî, allié des Banû Nawfal, au profit de ‘Uqba ibn al-Ḥârith ibn ‘Âmir ibn Nawfal (Abû Iḥâb étant le frère de al-Ḥârith ibn ‘Âmir par sa mère), afin de le tuer pour venger le père de ce dernier. Quant à Zayd ibn ad-Dathina, il fut acquis par Ṣafwân ibn Umayya, qui voulait aussi le mettre à mort, pour venger son père. Ṣafwân l’envoya alors avec l’un de ses affranchis, nommé Nasṭâs, au Tan‘îm, hors du Ḥaram, pour y procéder à l’exécution. Un groupe de Quraysh se réunit à cette occasion, parmi lesquels Abû Sufyân ibn Ḥarb.
Lorsque Zayd fut présenté pour être exécuté, Abû Sufyân lui dit : « Je te conjure par Dieu, ô Zayd, aimerais-tu que Muḥammad soit maintenant à ta place, pour que nous lui tranchions la tête, tandis que tu serais sain et sauf auprès des tiens ? » Il répondit : « Par Dieu, je n’aimerais pas que Muḥammad, à l’endroit où il se trouve, fût même piqué par une épine qui le blesserait, tandis que je me trouverais auprès des miens. » Abû Sufyân dit alors : « Je n’ai jamais vu un peuple aimer autant quelqu’un que les compagnons de Muḥammad n’aiment Muḥammad. » Puis Nasṭâs l’exécuta.
Quant à Khubayb ibn ‘Adiyy, ‘Abd Allâh ibn Abî Najîḥ m’a rapporté, d’après Mâwiyya, l’esclave affranchie de Ḥujayr ibn Abî Iḥâb (qui s’était convertie à l’islam), ceci : « Khubayb était détenu chez moi, enfermé dans ma maison. Un jour, je l’aperçus avec à la main une grappe de raisin de la taille d’une tête d’homme, dont il se nourrissait ; et je ne connaissais pourtant aucun raisin comestible dans tout le pays. »
Ibn Isḥâq (2) dit : « ‘Âṣim ibn ‘Umar ibn Qatâda et ‘Abd Allâh ibn Abî Najîḥ m’ont rapporté qu’elle a poursuivi ainsi : “Lorsque le moment de son exécution approcha, il me dit : ‘Envoie-moi un objet tranchant afin que je me purifie avant de mourir.’ Je donnai alors un rasoir à un jeune du voisinage en lui disant : ‘Apporte-le à cet homme dans la maison.’ Par Dieu, à peine était-il parti que je me dis : ‘Qu’ai-je fait ? Cet homme va sûrement tuer le garçon pour se venger, un homme contre un homme !’ Or, lorsqu’il reçut le rasoir, Khubayb dit : ‘Par ta vie, ta mère ne craignait-elle pas que je te fasse du mal en t’envoyant à moi avec cette lame ?’ Puis il la lui rendit et le laissa repartir.” »
Ibn Hishâm précise : « On raconte aussi que ce garçon était le fils de cette femme. »
Ibn Isḥâq rapporte : « ‘Âṣim raconta : Ils emmenèrent ensuite Khubayb au Tan‘îm pour le crucifier. Il leur dit : “Si vous voulez bien me laisser prier deux rak‘as, alors faites-le.” Ils dirent : “Vas-y et prie.” Il accomplit alors deux rak‘as, qu’il exécuta avec soin et perfection. »