Il a dit : « Umm Salama est décédée au mois de Dhou al-Qa’da de l’an cinquante-neuf. » C’est ce qu’a rapporté Al-Bayhaqi (1).
J’ai dit : « Nous mentionnerons à la fin de cette même année, au cours du mois de Shawwâl, le mariage du Prophète ﷺ avec Umm Salama, ainsi que ce qui touche au fait que le fils puisse exercer la tutelle sur sa mère dans le cadre du mariage, et les différentes positions des savants à ce sujet, si Dieu le veut, et c’est en Lui que nous plaçons notre confiance. »
Expédition (Ghazwa) d’al-Rajî‘ (2)
Al-Wâqidî a déclaré : « Elle eut lieu au mois de Safar – c’est-à-dire la quatrième année – lorsque le Messager de Dieu ﷺ les envoya vers les habitants de La Mecque afin de l’informer. » Il dit aussi : « Ar-Rajî‘ se trouve à sept milles d‘Usfân. »
Al-Bukhârî (3) a rapporté : « Nous a transmis Ibrâhîm ibn Mûsâ, que Hishâm ibn Yûsuf nous a rapporté d’après Ma‘mar, d’après Az-Zuhrî, d’après ‘Amr ibn Abî Sufyân ath-Thaqafî, d’après Abû Hurayra qui a dit : “Le Prophète ﷺ dépêcha un détachement de reconnaissance et désigna à leur tête ‘Âsim ibn Thâbit, le grand-père de ‘Âsim ibn ‘Umar ibn al-Khattâb. Ils partirent, et lorsqu’ils furent entre ‘Usfân et La Mecque, ils furent signalés à la tribu de Hudhayl appelée Banû Lihyân. Ceux-ci les poursuivirent au nombre d’environ cent archers, suivirent leurs traces et finirent par atteindre l’endroit où ils avaient fait halte, trouvant là des noyaux de dattes qu’ils avaient emportées de Médine.
Ils dirent alors : ‘Voilà des dattes de Yathrib.’ Ils reprirent leur poursuite jusqu’à les rejoindre. Lorsque ‘Âsim et ses compagnons se virent rattrapés, ils se réfugièrent sur un plateau, et la troupe qui les poursuivait les encercla. On leur proposa : ‘Nous vous donnons notre parole et notre engagement : si vous descendez vers nous, nous ne tuerons aucun d’entre vous.’
‘Âsim répondit : ‘Quant à moi, je ne descendrai pas sous la protection d’un mécréant. Ô Dieu, informe Ton Messager de notre état.’ Ils combattirent et ‘Âsim fut tué, ainsi que sept autres de ses compagnons, à coups de flèches. Restèrent Khubayb, Zayd et un autre homme ; ils reçurent, eux aussi, ladite parole et ce même engagement. Lorsqu’on le leur promit, ils descendirent, mais une fois les assaillants en position de force, ceux-ci détachèrent les cordes de leurs arcs et les ligotèrent avec.
Le troisième homme qui se trouvait avec eux déclara : ‘C’est le début de la traîtrise.’ Il refusa de les suivre ; ils le traînèrent de force et s’efforcèrent de le faire avancer, mais il s’y opposa, et ils le tuèrent. Ils emmenèrent ensuite Khubayb et Zayd jusqu’à La Mecque où ils les vendirent. La famille de Al-Hârith ibn ‘Âmir ibn Nawfal acheta Khubayb, lequel avait tué Al-Hârith le jour de Badr.
Khubayb resta prisonnier parmi eux jusqu’à ce qu’ils se résolvent à le mettre à mort. Il demanda alors à emprunter un rasoir à l’une des filles de Al-Hârith pour se préparer, et celle-ci le lui prêta. Elle relata : ‘J’ai un instant perdu de vue mon enfant qui s’approcha de lui et se retrouva sur sa cuisse. Lorsque je l’aperçus, je fus saisie de frayeur, ce qu’il remarqua, alors qu’il tenait le rasoir. Il me dit : “Craindrais-tu que je le tue ? Je ne le ferais pas, si Dieu le veut.”’
Elle ajouta : ‘Je n’ai jamais vu de prisonnier meilleur que Khubayb. Je l’ai vu manger d’une grappe de raisin alors qu’il n’y avait aucun fruit ce jour-là à La Mecque, et il était pourtant entravé dans du fer. Ce n’était là qu’une subsistance que Dieu lui avait accordée. Puis ils le firent sortir du sanctuaire pour l’exécuter. Il dit : “Laissez-moi accomplir deux unités de prière.” Ensuite, lorsqu’il eut terminé, il leur dit : “Si je n’avais pas craint que vous pensiez que je redoute la mort, j’aurais prolongé ma prière.”’ Ainsi en fut-il.”