Ibn Hishām (1) a dit : « La plupart des spécialistes de la poésie contestent l’attribution de ce texte à Hassân. »
Ibn Isḥāq (2) a dit : « Et Kaʿb ibn Mālik prononça ces vers en pleurant Ḥamza et ses compagnons » :
[Du mètre al-kāmil]
« Les soucis t'ont assailli, t’empêchant de dormir,
et tu t’es désolé qu’ait disparu la jeunesse gracieuse.
Une svelte bédouine appela ton cœur à la passion :
ton amour est en plaine basse et ta lucidité sur les hauts plateaux.
Renonce donc à persévérer dans l’égarement en vagabondant,
car, dans ta quête du mal, tu t’es fourvoyé.
Il est temps que tu cesses volontairement,
ou que tu t’éveilles quand le guide t’interpelle.
J’ai poussé un grand cri à la perte de Ḥamza,
si bien que les entrailles en furent secouées.
Et si le mont Ḥirāʾ avait subi pareille épreuve,
tu aurais vu le sommet de son rocher se briser.
C’était un noble solidement enraciné dans l’élite de Hāshim,
là où se trouvent la prophétie, la largesse et la prestance.
Le héros qui, lorsqu’il s’avance au matin dans la mêlée,
fait souffler un vent si mordant que l’eau y gèle presque.
Il abandonne l’adversaire valeureux gisant à terre
lorsque grogne la bataille et que fusent les lances.
Tu le vois ceint d’armure comme s’il était
un lion à la crinière drue, aux pattes robustes et grises.
Oncle du Prophète Muḥammad, son allié de prédilection,
il affronta la mort : plus doux en fut son trépas.
Il accueillit sa destinée en homme exemplaire parmi des proches
qui avaient soutenu le Prophète – plusieurs tombèrent en martyrs.
Je crois qu’alors Hind reçut la nouvelle, toute à sa joie apparente,
pour tantôt dépérir sous une amertume qui ne se dissipe pas.
Car nous avions attaqué son peuple à al-ʿAqnqal un matin,
le jour où elle fut privée de ses alliés les plus fortunés.
De même à Badr, quand nous avons repoussé leurs rangs,
avec Gabriel sous notre bannière et avec Muḥammad.
Jusqu’à ce que je vis, auprès du Prophète, leurs grands notables
disloqués en deux : quiconque il voulait, il le gardait captif, ou le rejetait.
Ainsi, il les laissa joncher la cuvette souillée de leur sang :
au nombre de soixante-dix, parmi lesquels ʿUtba et al-Aswad.
Et le fils d’al-Mughīra reçut de nous un coup,
fendant sa gorge, dont l’éclaboussure jaillit écumeuse.
Umayya al-Jumaḥī, quant à lui, a vu sa dérive redressée
par une lame tranchante, brandie par les croyants et forgée à l’indienne.
Alors les polythéistes durent s’ébranler devant toi, pareils
à des autruches dispersées sous la charge de la cavalerie.
Immense est la différence entre celui qui séjourne à jamais en Géhenne
et celui qui est établi pour l’éternité au Paradis.
Ibn Isḥāq (3) a dit : « ʿAbd Allāh ibn Rawāḥa pleura aussi Ḥamza et ses compagnons le jour d’Uḥud. »
Ibn Hishām ajoute : « Et Abū Zayd m’en a récité la version attribuée à Kaʿb ibn Mālik — Dieu seul sait la vérité — », [du mètre al-wāfir].