Par les épées de l’Inde qui s’abattent sur leurs têtes… leur infligeant des coups répétés après la première frappe.
Ibn Ishaq (1) rapporta : Alors Hassân ibn Thâbit – qu’Allah l’agrée – lui répondit (dans le mètre ar-Raml) :
« Une bataille a emporté Ibn az-Zub‘arâ, alors même que l’avantage nous revenait ce jour-là, si l’on avait fait preuve de justice.
Et certes, vous nous avez atteints, comme nous vous avons atteints, car ainsi va la guerre : parfois, elle change de camp.
Nous posons les sabres sur vos épaules là où nous le voulons, en maints coups successifs après le premier assaut.
Nous faisons jaillir “l’aṣbaḥ” de vos derrières, tel le coup de dent des chamelles (2) qui dévorent les tiges dures.
C’était lorsque vous preniez la fuite, en rebroussant chemin à travers le défilé, pareils à des messagers en déroute.
Puis nous avons lancé un assaut déterminé, vous surprenant jusqu’au pied de la montagne.
Avec des combattants puissants, semblables à des gorgées amères à qui les affronte : tout homme qui leur fait face recule.
Le défilé s’est révélé trop exigu pour nous quand nous l’avons dévalé ; nous l’avons empli de nos cavaliers et de nos fantassins. (3)
Aux côtés d’hommes dont vous n’avez pas l’égal : ils furent soutenus par Gabriel, qui descendit pour leur accorder la victoire.
Nous avons triomphé, le jour de Badr, grâce à la piété, l’obéissance à Dieu et la foi dans Ses Messagers.
Nous avons tué chacun de leurs chefs et abattu chaque notable arrogant.
Nous avons provoqué chez Quraysh une plaie béante le jour de Badr, et laissé derrière nous des récits devenus proverbiaux.
Et le Messager de Dieu en fut témoin ce jour-là, tout comme les couards et les insensés.
Ils avaient pourtant réuni chez Quraysh des troupes nombreuses, amassées tels des troupeaux en temps d’abondance.
Nous ne sommes pas, comme vous, nés d’une basse ascendance : nous nous portons sur le champ de bataille quand le combat survient. »
Ibn Ishaq (4) rapporta : Puis Ka‘b composa ces vers en pleurant Hamza et ceux qui furent tués parmi les musulmans le jour d’Uḥud (dans le mètre al-Mutaqârib) :
« Tu sanglotas, et comment t’en empêcher ? Car chaque fois que tu évoques leur souvenir, tu te reprends à hésiter.
Souviens-toi d’un groupe dont j’ai reçu le récit, en ces temps bouleversés.
Ton cœur tressaille à l’évocation de ceux dont tu es nostalgique, attisé par le manque et la tristesse.
Mais eux, tombés au combat, résident désormais dans les jardins des délices, honorés à chaque entrée et sortie.
Et ce, en récompense de leur endurance à l’ombre de l’étendard, l’étendard du Messager, à Dhûl-Adwaj. »