Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Médine. Alors Safwân ibn Umayya leur dit : « Ne faites pas cela, car ces gens sont déjà sortis épuisés (1), et nous craignons qu’il y ait un nouvel affrontement différent du précédent. Faites demi-tour. » Ils rebroussèrent donc chemin.

Le Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix), alors qu’il se trouvait à Ḥamrā’ al-Asad et qu’il apprit qu’ils songeaient à revenir, déclara : « Par Celui qui détient mon âme en Sa main, des pierres leur ont été assignées ; s’ils étaient revenus au matin, ils auraient disparu comme hier qui est déjà passé. »

On raconte qu’avant de retourner à Médine, le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) retint sur son chemin Muʿāwiya ibn al-Mughīra ibn Abī al-ʿĀṣ ibn Umayya ibn ʿAbd Shams (le grand-père maternel dʿAbd al-Malik ibn Marwān, fils de ʿĀʾisha bint Muʿāwiya) ainsi qu’Abū ʿAzza al-Jumaḥī. Ce dernier avait déjà été fait prisonnier à Badr avant que le Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) ne lui accordât sa grâce. Il supplia : « Ô Messager de Dieu, épargne-moi ! » Le Prophète lui répondit : « Non, par Dieu, tu ne vas pas t’en aller à La Mecque en te frottant les joues pour dire : “J’ai trompé Muḥammad deux fois.” Qu’on lui tranche la tête, ô Zubayr ! » Zubayr l’exécuta.

Ibn Hishām (2) rapporte qu’il a entendu dire, de la part d’Ibn al-Musayyib, que le Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) dit : « Le croyant ne se fait pas piquer deux fois par le même trou. Exécute-le, ô ʿĀṣim ibn Thābit. » ʿĀṣim le décapita.

Ibn Hishām (3) mentionne aussi que Muʿāwiya ibn al-Mughīra ibn Abī al-ʿĀṣ avait obtenu d’ʿUthmān une garantie pour ne pas rester plus de trois jours. Le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) dépêcha alors Zayd ibn Hāritha et ʿAmmār ibn Yāsir et leur dit : « Vous le trouverez à tel endroit, tuez-le. » Ils s’exécutèrent, – qu'Allah soit satisfait de lui –.

Ibn Isḥāq (4) rapporte : « Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) revint à Médine, ʿAbd Allāh ibn Ubayy — ainsi que me l’a transmis az-Zuhrī — continuait à occuper chaque vendredi une position qu’on ne lui contestait pas, en raison de sa dignité à ses propres yeux et de celle que son peuple lui reconnaissait. Il était l’un de leurs notables. Quand le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) était assis pour le sermon du vendredi, il se levait en disant : “Ô gens, voici le Messager de Dieu au milieu de vous ; Dieu vous a honorés et fortifiés par lui ; soutenez-le, assistez-le, écoutez-le et obéissez-lui.” Puis il s’asseyait. Mais après qu’il eut agi comme il l’a fait le jour d’Uḥud, lorsque les gens s’en étaient retournés, il voulut refaire pareil et se leva de nouveau. Les musulmans le saisirent alors par ses vêtements et dirent : “Assieds-toi, ennemi de Dieu, tu n’en es pas digne après ce que tu as fait.” Il s’en alla donc en enjambant les épaules des gens, en disant : “Par Dieu, on dirait que j’ai proféré une énormité en me levant pour soutenir sa cause !”

Des hommes des Anṣār le rencontrèrent à la porte de la mosquée et lui demandèrent : “Malheur à toi, qu’as-tu donc ?” Il répondit : “Je me suis levé pour soutenir sa cause, mais des hommes parmi ses compagnons se sont rués sur moi, m’ont tiré de force et grondé, comme si j’avais prononcé une horreur en voulant le soutenir.” Ils lui dirent : “Malheur à toi, reviens pour que le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) implore pour toi le pardon.” Il répliqua : “Par Dieu, je ne cherche pas qu’il implore pour moi le pardon.” »

Puis Ibn Isḥāq (5) évoque ce qui fut révélé à propos de l’histoire d’Uḥud dans la sourate « Āl ʿImrān », depuis Sa Parole : « (Et lorsque, dès le matin, tu quittas les tiens pour assigner aux croyants leurs places pour le combat, et Dieu est Audient et Omniscient) » [Āl ʿImrān : 121] jusqu’à soixante versets. Il fournit des explications, et nous avons déjà exposé de façon suffisante ce sujet dans notre ouvrage “Tafsīr”. Ibn Isḥāq poursuivit ensuite

(1) C’est-à-dire : leur colère s’intensifia. Voir « Lisân al-‘Arab » (harb). (2) Voir « Sîra nabawiyya » d’Ibn Hichâm (2/104). (3) Voir « Sîra nabawiyya » d’Ibn Hichâm (2/104). (4) Voir « Sîra nabawiyya » d’Ibn Hichâm (2/105). (5) Voir « Sîra nabawiyya » d’Ibn Hichâm (2/106).
المدينة، فقال لهم صفوان بن أميّة: لا تفعلوا؛ فإن القوم قد حرِبوا (١) ، وقد خشينا أن يكون لهم قتالٌ غيرُ الذي كان، فارجعوا. فرجعوا، فقال النبيّ ﷺ وهو بحمراء الأسد حين بلغه أنهم همّوا بالرّجعة: "والذي نفسي بيده، لقد سُوّمت لهم حجارةٌ، لو صبّحوا بها لكانوا كأمس الذاهب" . قال: وأخذ رسول اللَّه ﷺ في وجهه ذلك، قبل رجوعه إلى المدينة، معاوية بن المغيرة بن أبي العاص بن أميّة بن عبد شمسٍ، جدّ عبد الملك بن مروان لأُمِّه عائشة بنت معاوية، وأبا عزّة الجمحيّ، وكان رسول اللَّه ﷺ قد أسره ببدرٍ ثم منّ عليه، فقال: يا رسول اللَّه، أقلني. فقال: "لا واللَّه، لا تمسح عارضيك بمكة تقول: خدعت محمدًا مرتين، اضرب عنقه يا زبير" . فضرب عنقه. قال ابن هشامٍ (٢) : وبلغني عن ابن المسيّب أنه قال: قال رسول اللَّه ﷺ : "إن المؤمن لا يلدغ من جحرٍ مرتين، اضرب عنقه يا عاصم بن ثابتٍ" . فضرب عنقه. وذكر ابن هشامٍ (٣) أن معاوية بن المغيرة بن أبي العاص استأمن له عثمان على أن لا يقيم بعد ثلاثٍ، فبعث إليه رسول اللَّه ﷺ بعدها زيد بن حارثة وعمّار بن ياسرٍ وقال: "ستجدانه في مكان كذا وكذا فاقتلاه" . ففعلا، (رضي الله عنه) . قال ابن إسحاق (٤) : ولما رجع رسول اللَّه ﷺ إلى المدينة كان عبد اللَّه بن أُبيٍّ، كما حدّثني الزهريِّ، له مقامٌ يقومه كلّ جمعةٍ، لا ينكَر له، شرفًا في نفسه وفي قومه، وكان فيهم شريفًا، إذا جلس رسول اللَّه ﷺ يوم الجمعة، وهو يخطب الناس، قال فقال: أيها الناس، هذا رسول اللَّه بين أظهركم، أكرمكم اللَّه به، وأعزّكم به فانصروه وعزّروه واسمعوا له وأطيعوا. ثم يجلس حتى إذا صنع يوم أحدٍ ما صنع، ورجع الناس، قام يفعل ذلك كما كان يفعله، فأخذ المسلمون بثيابه من نواحيه، وقالوا: اجلس أي عدوّ اللَّه، واللَّه لست لذلك بأهلٍ، وقد صنعت ما صنعت. فخرج يتخطّى رقاب الناس وهو يقول: واللَّه لكأنما قلت بُجرًا أن قمت أشدّد أمره. فلقيه رجالٌ من الأنصار بباب المسجد فقالوا: ويلكَ، ما لك؟ قال: قمت أشدّد أمره فوثب إليَّ رجالٌ من أصحابه يجذبونني ويعنّفونني، لكأنما قلت بُجرًا أن قمت أشدّد أمره. قالوا: ويلك، ارجع يستغفر لك رسول اللَّه ﷺ . قال: واللَّه ما أبتغي أن يستغفر لي. ثم ذكر ابن إسحاق (٥) ما نزل من القرآن في قصة أحدٍ من سورة "آل عمران" ، من عند قوله: ﴿وَإِذْ غَدَوْتَ مِنْ أَهْلِكَ تُبَوِّئُ الْمُؤْمِنِينَ مَقَاعِدَ لِلْقِتَالِ وَاللَّهُ سَمِيعٌ عَلِيمٌ﴾ [آل عمران: ١٢١] . قال: إلى تمام ستين آيةً. وتكلّم عليها، وقد بسطنا الكلام على ذلك في كتابنا "التفسير" بما فيه كفايةٌ. ثم شرع ابن إسحاق في
(١) أي: اشتد غضبهم. انظر "لسان العرب" (حرب). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٠٤). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٠٤). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٠٥). (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٠٦).

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