Un homme originaire de La Mecque vint trouver le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) et l’interrogea au sujet d’Abû Sufyân et de ses compagnons. Il dit : « Je me suis tenu près d’eux et je les ai entendus se faire des reproches mutuels. Certains disaient aux autres : “Vous n’avez rien fait. Vous avez certes porté un coup à la force et à la détermination de ce groupe, mais vous les avez ensuite laissés, sans les anéantir. Or, il leur reste des chefs susceptibles de rassembler des troupes contre vous.” » Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) ordonna à ses Compagnons, qui étaient grièvement blessés, de poursuivre l’ennemi, afin que la nouvelle leur parvînt, et déclara : « Que ne parte avec moi que celui qui a pris part au combat. » ‘Abd Allâh ibn Ubayy proposa alors : « Je veux partir avec toi. » Mais il lui répondit : « Non. »
Ils répondirent donc à l’appel de Dieu et de Son Messager malgré leurs souffrances et se mirent en route. C’est à leur sujet que Dieu – exalté soit-Il – dit dans Son Livre : « Ceux qui ont répondu à l’appel de Dieu et du Messager après le mal qui les avait frappés… Pour ceux d’entre eux qui ont agi avec bienfaisance et piété, une récompense immense (leur est réservée). » (Coran 3 : 172).
On rapporte également que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) autorisa Jâbir ibn ‘Abd Allâh à l’accompagner lorsqu’il lui fit savoir que son père lui avait ordonné de demeurer à Médine auprès de ses sœurs. Puis le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se mit à la poursuite de l’ennemi jusqu’à parvenir à Hamrâ’ al-Asad. C’est ainsi qu’Ibn Lahî‘ah a aussi rapporté d’après Abû al-Aswad, d’après ‘Urwah ibn al-Zubayr, un récit identique.
Muhammad ibn Ishâq déclare dans ses “Maghâzî” que la bataille d’Uhud eut lieu un samedi, au milieu du mois de Shawwâl. Le lendemain, c’est-à-dire le dimanche, lorsque seize nuits de Shawwâl s’étaient déjà écoulées, le muezzin du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) appela les gens à poursuivre l’ennemi, tout en proclamant que personne ne devait sortir hormis ceux qui avaient participé à la bataille la veille. Jâbir ibn ‘Abd Allâh lui en parla et reçut l’autorisation de partir.
Ibn Ishâq (1) précise : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) n’est sorti que pour impressionner l’ennemi et leur faire savoir qu’il se lançait à leur poursuite, afin qu’ils pensent qu’il disposait toujours de la force nécessaire, et que les blessures subies n’avaient nullement affaibli la détermination des musulmans. »
Ibn Ishâq, qu’Allah lui fasse miséricorde (2), rapporte également : « ‘Abd Allâh ibn Khârijah ibn Zayd ibn Thâbit m’a raconté, d’après Abû al-Sâ’ib – affranchi de ‘Â’ishah bint ‘Uthmân –, qu’un homme de Banû ‘Abd al-Ashhal dit : “J’ai assisté à (la bataille de) Uhud avec mon frère, et nous sommes rentrés tous deux blessés. Lorsque le muezzin du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) appela à sortir à la poursuite de l’ennemi, je dis à mon frère, et il me dit également : ‘Allons-nous manquer une expédition avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) ? Par Dieu, nous n’avons même pas de monture pour voyager, et nous sommes l’un comme l’autre grièvement blessés !’ Nous sommes cependant partis avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), et j’étais moins atteint que lui ; quand il était à bout de forces, je le portais sur une partie du chemin, jusqu’à ce que nous rejoignions où se trouvaient les musulmans.” »
Ibn Ishâq poursuit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) partit alors jusqu’à Hamrâ’ al-Asad, située à huit milles de Médine, et y demeura les lundi, mardi et mercredi, puis il rentra à Médine. » Ibn Hishâm précise qu’il avait désigné Ibn Umm Maktûm comme administrateur de la ville en son absence.
Ibn Ishâq (3) ajoute : « ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr m’a informé que Ma‘bad ibn Abî Ma‘bad al-Khuzâ‘î – sachant que le clan de Khuzâ‘ah, qu’ils fussent musulmans ou non, était la “réserve de loyauté” du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) à Tihâmah, demeurant à ses côtés et ne lui cachant rien de ce qui s’y passait – et Ma‘bad… »