«Mais Hamza n’a pas de pleureuses.» Alors les femmes des Anṣār vinrent pleurer Hamza, et le Messager d’Allah (ﷺ) se réveilla en disant : «Malheur à elles ! Ne sont-elles pas encore rentrées ? Ordonnez-leur de rentrer, et qu’elles ne pleurent plus aucun défunt à partir d’aujourd’hui.»
Mūsā ibn ʿUqbah rapporte : Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) entra dans les ruelles de Médine, il y entendit des lamentations et des pleurs dans les maisons. Il demanda : «Qu’est-ce donc ?» On lui répondit : «Ce sont les femmes des Anṣār qui pleurent leurs tués.» Il dit : «Mais Hamza n’a pas de pleureuses.» Puis il implora le pardon (d’Allah) pour lui. Saʿd ibn Muʿādh, Saʿd ibn ʿUbādah, Muʿādh ibn Jabal et ʿAbdallah ibn Rawāḥah entendirent cette parole. Ils se rendirent alors dans leurs demeures et rassemblèrent toutes les femmes qui pleuraient ou se lamentaient à Médine, en leur disant : «Par Allah, vous ne pleurerez plus les tués des Anṣār avant d’avoir pleuré l’oncle du Prophète (ﷺ), car il a mentionné qu’il n’a pas de pleureuses à Médine.» On rapporte qu’ʿAbdallah ibn Rawāḥah fut celui qui fit venir ces femmes. Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) l’apprit, il demanda : «Qu’est-ce donc ?» On l’informa alors de ce que les Anṣār avaient fait de leurs femmes. Il implora le pardon d’Allah pour eux, les félicita et leur dit : «Je ne voulais pas cela et je n’aime pas qu’on pleure.» Puis il l’interdit.
Ibn Lahīʿah rapporte d’après Abū al-Aswad, d’après ʿUrwah ibn al-Zubayr, exactement la même chose. Mūsā ibn ʿUqbah (1) relate que, lorsque les musulmans subirent ces blessures, les hypocrites entreprirent des manigances et cherchèrent à éloigner les gens du Prophète (ﷺ) pour attrister les musulmans. Les Juifs montrèrent leur duplicité, et l’hypocrisie se répandit dans la cité comme l’ébullition d’une marmite. Les Juifs disaient : «S’il était vraiment Prophète, ils ne l’auraient pas vaincu, et il n’aurait subi aucune perte. Mais c’est un prétendant au pouvoir : parfois il triomphe, parfois il est vaincu.» Les hypocrites tinrent un discours similaire et dirent aux musulmans : «Si vous nous aviez écoutés, vous n’auriez pas subi ce qui vous est arrivé.» Alors Allah fit descendre le Coran concernant l’obéissance de ceux qui obéissent, l’hypocrisie de ceux qui sont hypocrites et la consolation des musulmans pour leurs tués. C’est le sens des versets : «Et quand tu partis de bon matin de chez ta famille pour assigner aux croyants leurs places de combat – et Allah est Audient et Omniscient» (Coran 3 : 121), et les versets suivants, comme nous l’avons expliqué dans le Tafsīr (2). À Allah la louange et la gratitude.
Mention du fait que le Prophète (ﷺ) sortit avec ses Compagnons, bien qu’ils fussent blessés, à la poursuite d’Abū Sufyān pour l’intimider, ainsi que ses hommes, jusqu’à ce qu’il atteignît Ḥamrā’ al-Asad (3), à huit milles de Médine. Mūsā ibn ʿUqbah (4) rapporte – après avoir relaté en détail l’épisode de Uḥud et le retour du Prophète (ﷺ) à Médine – :