Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Elle poussa alors des lamentations. Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : « Le mari occupe auprès de la femme une place considérable. » Il dit cela parce qu’il avait constaté à quel point elle était restée ferme devant la perte de son frère et de son oncle maternel, tout en pleurant abondamment la mort de son mari.

Ibn Mājah rapporta (1) : « Muhammad ibn Yaḥyā nous a transmis, qui tînt d’Isḥāq ibn Muḥammad al-Farwī, qui lui-même tînt de ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, d’Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Juḥsh, de son père, et lui de Ḥamnah bint Juḥsh : on vint lui annoncer : “Ton frère a été tué.” Elle répondit : “En vérité, nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous faisons retour.” Puis on lui apprit : “C’est ton mari qui a péri.” Elle déclara : “Hélas, quelle affliction !” Alors le Messager de Dieu (ﷺ) dit : “Certainement, l’époux détient, auprès de la femme, une part qui n’appartient à nul autre !” »

Ibn Isḥāq (2) raconta : « ʿAbd al-Wāḥid ibn Abī ʿAwn m’a rapporté d’après Ismāʿīl ibn Muḥammad ibn Saʿd ibn Abī Waqqāṣ, lequel raconta : “Le Messager de Dieu (ﷺ) passa devant une femme de Banū Dīnār dont le mari, le frère et le père avaient été tués à Uḥud aux côtés du Messager de Dieu (ﷺ). Quand on lui annonça la nouvelle, elle demanda : ‘Qu’est-il advenu du Messager de Dieu (ﷺ) ?’ On lui répondit : ‘Il va bien, ô mère de Untel. Louange à Dieu, il est tel que tu le souhaites.’ Elle s’écria : ‘Montrez-le-moi, pour que je le voie de mes yeux !’ Ils le lui montrèrent, et dès qu’elle l’aperçut, elle dit : ‘Toute calamité, après toi, est chose dérisoire.’” »

Ibn Hishām commenta : « Le terme “jalal” peut signifier à la fois ‘considérable’ et ‘de peu de poids’, mais il signifie ici ‘de peu d’importance’. » Imru’ al-Qays (3) a dit (dans un vers à mètre al-mutaqārib) :
« Ils ont tué le maître des Banū Asad… Vraiment, tout ce qui reste après lui n’a plus grande valeur »
C’est-à-dire : cela devient négligeable.

Ibn Isḥāq ajouta (4) : « Lorsqu’il rentra auprès de sa famille, le Messager de Dieu (ﷺ) tendit son sabre à sa fille Fāṭima en disant : “Ô ma fille, lave donc le sang qui s’y trouve, car par Dieu, il m’a été fidèle en ce jour.” ʿAlī ibn Abī Ṭālib lui donna aussi son épée en disant : “Prends celle-ci et lave également son sang, car par Dieu, elle m’a été fidèle aujourd’hui.” Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : “Si tu as vraiment bien combattu, sache que Sahl ibn Ḥunayf et Abū Dujānah ont tout autant bien combattu avec toi.” »

Mūsā ibn ʿUqbah rapporta ailleurs : « Quand le Messager de Dieu (ﷺ) vit l’épée de ʿAlī maculée de sang, il s’exclama : “Si tu as bien combattu, alors ʿĀṣim ibn Thābit ibn Abī al-Aqlaḥ, al-Ḥārith ibn al-Ṣammah et Sahl ibn Ḥunayf se sont aussi vaillamment illustrés.” »

Enfin, al-Bayhaqī (5) relate, d’après Sufyān ibn ʿUyaynah, transmis par ʿAmr ibn Dīnār, d’après ʿIkrimah, d’après Ibn ʿAbbās : « Le jour d’Uḥud, ʿAlī ibn Abī Ṭālib vint à Fāṭima, tenant son épée courbée par les coups, et lui dit : “Tiens, reçois cette épée en bon état, car elle m’a vraiment apporté soulagement.” »

(1) Rapporté par Ibn Mâjah, n° 1590 ; sa chaîne de transmission est faible. (2) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichâm (2/99). (3) Voir son « Diwān », p. 261. (4) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichâm (2/100). (5) Dans « Dalāʾil an-Nubuwwa » (3/283).
وولولت، فقال رسول اللَّه ﷺ : "إن زوج المرأة منها لبمكان" . لما رأى من تثبُّتها عند أخيها وخالها، وصياحها على زوجها. وقد قال ابن ماجه (١) : ثنا محمد بن يحيى، ثنا إسحاق بن محمدٍ الفَرْوي، ثنا عبد اللَّه بن عمر، عن إبراهيم بن محمد بن عبد اللَّه بن جحشٍ، عن أبيه، عن حمنة بنت جحشٍ أنه قيل لها: قُتل أخوك. فقالت: (رحمه الله) ، وإنا للَّه وإنا إليه راجعون. قالوا: قتل زوجك. قالت: واحزناه. فقال رسول اللَّه ﷺ : "إن للزوج من المرأة لشعبةً، ما هي لشيءٍ" ! قال ابن إسحاق (٢) : وحدّثني عبد الواحد بن أبي عونٍ، عن إسماعيل بن محمد بن سعد بن أبي وقّاصٍ قال: مرّ رسول اللَّه ﷺ بامرأة من بني دينارٍ، وقد أصيب زوجها وأخوها وأبوها مع رسول اللَّه ﷺ بأحدٍ، فلما نعوا لها قالت: ما فعل رسول اللِّه ﷺ ؟ قالوا: خيرًا يا أمّ فلانٍ، هو بحمد اللَّه كما تحبّين. قالت: أرُونيه حتى أنظر إليه. قال: فأشير لها إليه، حتى إذا رأته قالت: كلّ مصيبةٍ بعدك جللٌ. قال ابن هشامٍ: الجَلل يكون من القليل ومن الكثير، وهو هاهنا من القليل. قال امرؤ القيس (٣) : [من المتقارب] لقتل بني أسدٍ ربّهم … ألا كلّ شيءٍ خلاه جلل أي: صغيرٌ وقليلٌ. قال ابن إسحاق (٤) : فلما انتهى رسول اللَّه ﷺ إلى أهله ناول سيفه ابنته فاطمة فقال: "اغسلي عن هذا دمه يا بنيّة، فواللَّه لقد صدقني في هذا اليوم" . وناولها عليّ بن أبي طالبٍ سيفه فقال: وهذا فاغسلي عنه دمه، فواللَّه لقد صدقني اليوم. فقال رسول اللَّه ﷺ : "لئن كنت صدقت القتال، لقد صدقه معك سهل بن حُنيفٍ وأبو دُجانة" . وقال موسى بن عقبة في موضعٍ آخر: ولما رأى رسول اللَّه ﷺ سيف عليٍّ مخضّبًا بالدِّماء قال: "لئن كنتَ أحسنت القتال فقد أحسن عاصم بن ثابت بن أبي الأقلح، والحارث بن الصمّة، وسهل بن حنيفٍ" . وروى البيهقيُّ (٥) ، عن سفيان بن عيينة، عن عمرو بن دينارٍ، عن عكرمة، عن ابن عباسٍ قال: جاء عليّ بن أبي طالبٍ بسيفه يوم أحدٍ وقد انحنى فقال لفاطمة: هاكِ السَّيف حميدًا؛ فإنها قد شفتْني.
(١) رواه ابن ماجه رقم (١٥٩٠) وإسناده ضعيف. (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٩٩). (٣) انظر "ديوانه" ص (٢٦١). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٠٠). (٥) في "دلائل النبوة" (٣/ ٢٨٣).

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