Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je le connais aussi bien que je connais qu’Allah (– Exalté soit-Il –) m’a créé, et tout autant que je distingue la nuit du jour ; alors tous mes poils se sont hérissés.

Mohammed ibn Ishaq (1), d’après Isma’il ibn Umayya, d’après Abi az-Zoubayr, d’après Sa’id ibn Jubayr, rapporta d’après Ibn ‘Abbas que le Prophète (ﷺ) dit : « Lorsque vos frères furent touchés le jour de Uhud, Allah plaça leurs âmes dans le ventre d’oiseaux verts qui parcourent les rivières du Paradis, se nourrissent de ses fruits et se réfugient dans des lampes d’or suspendues à l’ombre du Trône. Lorsqu’ils goûtèrent la douceur de leurs boissons, de leur nourriture et la beauté de leur séjour, ils dirent : “Qui informera nos frères que nous sommes en vie au Paradis, pourvus de subsistance, afin qu’ils ne renoncent pas au combat et ne se détournent pas du jihâd ?” Allah (– Exalté soit-Il –) leur répondit : “C’est Moi qui leur ferai parvenir votre message.” »

Alors Allah fit descendre dans Son Livre ces mots : « Et ne pense point que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts ; au contraire, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, recevant subsistance » [Coran 3:169].

Muslim et al-Bayhaqî (2) rapportent, d’après un hadith de Abou Mu’awiya, relaté par l’A’mash, d’après ‘Abdullah ibn Murrah, d’après Masroûq, que nous avions interrogé ‘Abdullah ibn Mas’oud au sujet de ce verset : « Et ne pense point que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts ; au contraire, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, recevant subsistance. » Il dit : « En vérité, nous avions déjà interrogé le Messager d’Allah (ﷺ) à ce propos, et il nous répondit : “Leurs âmes sont [logées] comme des oiseaux verts (3) qui se déplacent librement où elles veulent, puis elles reviennent se réfugier dans des lampes suspendues au Trône.” » Il poursuivit : « Et tandis qu’ils sont ainsi, voilà que votre Seigneur les interroge et leur dit : “Demandez-Moi ce que vous voulez.” Ils répondirent : “Ô notre Seigneur, que pourrions-nous Te demander tandis que nous nous promenons librement au Paradis, où nous voulons ?!” Lorsqu’ils virent qu’ils ne seraient pas laissés sans demander, ils déclarèrent : “Nous Te demandons de rendre nos âmes à nos corps dans ce bas-monde, afin que nous soyons tués de nouveau dans Ton chemin.” » Il conclut : « Lorsque [Allah] vit qu’ils ne demandaient que cela, Il les laissa. »

Chapitre sur le nombre de martyrs.

Moussa ibn ‘Uqbah (4) a dit : le total de ceux qui furent martyrisés à Uhud parmi les Mouhâjirîn et les Ansâr est de quarante-neuf hommes. Et il est établi dans un hadith authentique chez Al-Boukhârî (5), d’après Al-Barâ’, qu’ils tuèrent soixante-dix musulmans. Allah est plus savant.

Quant à Qatâda, qui rapporte d’Anas (6), il mentionne que soixante-dix Ansâr furent tués à Uhud (7), soixante-dix le jour de Bi’r Ma’ûna, et soixante-dix lors de la bataille d’Al-Yamâma.

(1) Dans "La Sīra du Prophète" d'Ibn Hichām (2/119). (2) Rapporté par Muslim, n° 1887, et al-Bayhaqī dans "Dalāʾil an-Nubuwwa" (3/303), la formulation lui est propre. (3) Dans l'édition (ṭ), : « leurs âmes sont à l'intérieur d'un oiseau vert ». (4) Voir "Dalāʾil an-Nubuwwa" d'al-Bayhaqī (3/280). (5) Dans son Sahīh, n° 3986. (6) Voir "Sahīh al-Bukhārī", n° 4078. (7) Voir "Al-Fuṣūl fī Sīrat ar-Rasūl" de l'auteur, p. 150.
أعرفه كما أعرف أن اللَّه – Exalté soit-Il – خلقني، وكما أعرف الليل من النهار، فاقشعرّت كلّ شعرةٍ مني. وقال محمد بن إسحاق (١) ، عن إسماعيل بن أميّة، عن أبي الزّبير، عن سعيد بن جبيرٍ، عن ابن عباسٍ قال: قال النبيّ ﷺ : "لما أصيب إخوانكم يوم أحدٍ، جعل اللَّه أرواحهم في أجواف طيرٍ خضرٍ، ترد أنهار الجنة، وتأكل من ثمارها، وتأوي إلى قناديل من ذهب معلّقةٍ في ظلّ العرش، فلمّا وجدوا طيب مشربهم ومأكلهم، وحسن مقيلهم قالوا: من يبلّغ إخواننا عنا أنّا أحياءٌ في الجنة نرزق؛ لئلا ينكلوا عن الحرب، ولا يزهدوا في الجهاد؟ فقال اللَّه – Exalté soit-Il – : أنا أبلّغهم عنكم" . فأنزل اللَّه في الكتاب قوله تعالى: ﴿وَلَا تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَمْوَاتًا بَلْ أَحْيَاءٌ عِنْدَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ﴾. وروى مسلمٌ والبيهقيّ (٢) من حديث أبي معاوية، عن الأعمش، عن عبد اللَّه بن مرّة، عن مسروقٍ قال: سألنا عبد اللَّه بن مسعودٍ عن هذه الآية: ﴿وَلَا تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَمْوَاتًا بَلْ أَحْيَاءٌ عِنْدَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ﴾. قال: أما إنا قد سألنا عن ذلك رسول اللَّه ﷺ فقال: "أرواحهم كطيرٍ خضرٍ (٣) ، تسرح في أيّها شاءت، ثم تأوي إلى قناديل معلّقةٍ بالعرش" . قال: "فبينما هم كذلك، إذ اطّلع عليهم ربّك اطّلاعةً، فقال: سلوني ما شئتم. فقالوا: يا ربّنا، وما نسألك ونحن نسرح في الجنَّة في أيّها شئنا؟! فلمّا رأوا أن لن يُتركوا من أن يسالوا، قالوا: نسألك أن تردّ أرواحنا إلى أجسادنا في الدّنيا، نقتل في سبيلك" . قال: "فلما رأى أنهم لا يسألون إلا هذا تُركوا" . فصلٌ في عدد الشّهداء قال موسى بن عقبة (٤) : جميع من استشهد يوم أحدٍ من المهاجرين والأنصار، تسعةٌ وأربعون رجلًا. وقد ثبت في الحديث الصحيح عند البخاريّ (٥) عن البراء، أنهم قتلوا من المسلمين سبعين رجلًا، فاللَّه أعلم. وقال قتادة، عن أنسٍ (٦) : قتل من الأنصار يوم أحدٍ سبعون (٧) ، ويوم بئر معونة سبعون، ويوم اليمامة سبعون.
(١) في "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١١٩). (٢) رواه مسلم رقم (١٨٨٧) والبيهقي في "دلائل النبوة" (٣/ ٣٠٣) واللفظ له. (٣) في (ط): "أرواحهم في جوف طير خضر". (٤) انظر "دلائل النبوة" للبيهقي (٣/ ٢٨٠). (٥) في "صحيحه" رقم (٣٩٨٦). (٦) انظر "صحيح البخاري" رقم (٤٠٧٨). (٧) انظر "الفصول في سيرة الرسول" للمؤلف ص (١٥٠).

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