Oumayma bint ‘Abd al-Mouttalib – on avait bien mutilé son corps, mais on ne lui avait pas ouvert le foie, – qu'Allah soit satisfait de lui –.
As-Suhaylî (1) a dit : « On l’appelait al-Majdha‘ fî Allâh (celui qui fut amputé pour la cause de Dieu). » Il rapporta également que Sa‘d mentionna qu’il avait, avec ‘Abd Allâh ibn Jahch, formulé une invocation qui fut exaucée pour tous deux. Ainsi, Sa‘d invoqua Dieu pour qu’il rencontre un cavalier d’entre les polythéistes, le tue et lui prenne ses biens, et cela se produisit. Quant à ‘Abd Allâh ibn Jahch, il invoqua Dieu pour rencontrer un cavalier qui le tuerait et lui couperait le nez pour la cause de Dieu ; cela se produisit également.
Az-Zoubayr ibn Bakkâr rapporta que l’épée de ‘Abd Allâh ibn Jahch se brisa ce jour-là. Alors, le Messager de Dieu (ﷺ) lui donna un ‘ourjoûn (2) qui, dans la main de ‘Abd Allâh ibn Jahch, se transforma en épée avec laquelle il se battit. Plus tard, l’objet fut vendu dans la succession de l’un de ses descendants pour deux cents dinars. Il en alla de même, comme déjà mentionné, pour ‘Oukkâsha au jour de Badr.
Il est également rapporté dans le « Sahîh d’al-Bukhârî » que le Messager de Dieu (ﷺ) rassemblait deux ou trois hommes dans la même tombe, voire dans le même linceul, parce qu’il avait accordé une dispense en raison de l’état de blessures généralisées chez les musulmans, rendant difficile de creuser une tombe pour chacun. Il plaçait dans la niche funéraire celui qui avait la plus grande part de Coran, et enterrait ensemble deux compagnons proches, comme ce fut le cas pour ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn Harâm, père de Jâbir, et ‘Amr ibn al-Jamûh, puisqu’ils étaient proches l’un de l’autre. Les corps n’étaient pas lavés (3), mais on les laissait avec leurs blessures et leur sang.
Ibn Ishâq (4) rapporte d’après az-Zouhrî, selon ‘Abd Allâh ibn Tha‘laba ibn Su‘ayr, que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) se pencha sur les martyrs le jour de ’Uhud, il dit : « Je témoigne en leur faveur. Il n’est point de blessure reçue pour Dieu sans que Dieu, au Jour de la Résurrection, ne ressuscite son porteur avec la plaie saignant ; la couleur en sera celle du sang, mais le parfum sera celui du musc. » Il poursuivit : Mon oncle, Mûsâ ibn Yasâr, me raconta qu’il avait entendu Abû Hurayra dire : Abû al-Qâsim (ﷺ) a dit : « Il n’est pas de blessure reçue pour Dieu sans que Dieu ne ressuscite son porteur au Jour de la Résurrection avec la plaie saignant ; la couleur en est celle du sang et le parfum, celui du musc. » Ce hadith est établi dans les deux « Sahîh » (5) par une autre chaîne de transmission.
L’imam Ahmad (6) a rapporté d’après ‘Alî ibn ‘Âsim, via ‘Atâ’ ibn as-Sâ’ib, via Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs qui a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna, le jour de ’Uhud, d’ôter aux martyrs leurs pièces de fer et leurs peaux, puis il déclara : “Enterrez-les avec leur sang et leurs vêtements.” » Abû Dâwud et Ibn Mâjah (7) ont également consigné ce hadith, selon la relation transmise par ‘Alî ibn ‘Âsim.