À ses deux compagnons, il déclara : « Nos compagnons ne nous ont pas rendu justice. » (1)
Alors Abû Sufyân arriva et dit : « Exaltez Hubal ! » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : « Dites plutôt : “Dieu est le Plus Haut et le Plus Majestueux.” » Ils s’exécutèrent en disant : « Dieu est le Plus Haut et le Plus Majestueux. » Abû Sufyân poursuivit : « Nous avons al-‘Uzzâ et vous n’avez pas d’al-‘Uzzâ. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) déclara : « Dites : “Dieu est notre Maître, tandis que vous n’avez pas de maître.” »
Puis Abû Sufyân ajouta : « Un jour pour le jour de Badr : un jour en notre faveur, un jour contre nous, un jour où nous sommes affligés et un jour où nous nous réjouissons ; Hanzala en échange de Hanzala, et untel pour untel. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) répondit : « Cela n’est pas comparable. Quant à nos morts, ils sont vivants et reçoivent leur subsistance, tandis que vos morts sont dans le Feu, subissant un châtiment. »
Abû Sufyân déclara encore : « Il y a eu des mutilations dans le camp (ennemi), même si cela fut le fait de gens qui ne comptent pas parmi nous. Je ne l’ai ni ordonné ni interdit, je ne l’ai ni aimé ni détesté, et cela ne m’a ni attristé ni réjoui. » Il dit : « Ils regardèrent alors et constatèrent que le ventre de Hamza avait été éventré. Hind en avait prélevé le foie et l’avait mâché, sans pouvoir l’avaler. »
Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) demanda : « En a-t-elle mangé quelque chose ? » Ils répondirent : « Non. » Il dit alors : « Dieu ne ferait jamais entrer quoi que ce soit de Hamza dans le Feu. »
Ensuite, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) plaça Hamza et pria sur lui. On amena un homme des Anṣâr et on le déposa à côté de lui, puis il pria de nouveau. L’homme des Anṣâr fut alors emporté, tandis que Hamza demeurait à sa place. Un autre homme fut amené et déposé à côté de Hamza, et il pria encore, l’Ansârî fut emporté et Hamza resta. Ainsi, ce jour-là, il pria sur lui soixante-dix fois. Ce récit est rapporté exclusivement par Aḥmad. Quant à la chaîne de transmission, elle présente également une faiblesse du côté de ‘Aṭâ’ ibn as-Sâʾib. Dieu est plus savant.
Le récit transmis par al-Bukhârî (2) est plus fiable. Il dit en effet : « Qutaybah nous a rapporté, al-Layth nous a rapporté d’après Ibn Shihâb, d’après ‘Abd ar-Raḥmân ibn Ka‘b ibn Mâlik, que Jâbir ibn ‘Abd Allâh l’informa que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) réunissait deux hommes parmi les martyrs d’Uḥud dans un même linceul et demandait : “Lequel des deux avait mémorisé le plus de Coran ?” Quand on lui montrait l’un d’entre eux, il le plaçait en premier dans la tombe et disait : “Je témoignerai en leur faveur au Jour de la Résurrection.” Il ordonnait ensuite de les enterrer avec leur sang, sans prier sur eux ni les laver. » Cette version appartient à al-Bukhârî exclusivement et non à Muslim.
Les auteurs des “Sunan” (4) ont également rapporté ce hadith par l’intermédiaire d’al-Layth ibn Saʿd. Aḥmad (5) a dit : « Muḥammad — c’est-à-dire Ibn Jaʿfar — nous a rapporté, Shuʿbah nous a rapporté : j’ai entendu ‘Abd Rabbihi raconter d’après az-Zuhrî, d’après Ibn Jâbir, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh, qu’au sujet des martyrs d’Uḥud, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) a dit : “En vérité, chaque plaie ou chaque flux de sang exhalera un parfum de musc au Jour de la Résurrection.” Il ne pria pas sur eux. »
Il est également établi qu’il pria sur eux des années plus tard, peu avant sa mort, comme l’a rapporté al-Bukhârî (6) : « Muḥammad ibn ‘Abd ar-Raḥîm nous a rapporté, Zakariyyâ ibn ‘Adî nous a rapporté, [Ibn] al-Mubârak nous a rapporté d’après Ḥiywah, d’après Yazîd ibn Abî Ḥabîb… »