«D’après Hishâm, d’après ‘Urwah, celui-ci raconta : “Mon père, Az-Zubayr, m’informa que, le jour de la bataille d’Uhud, une femme s’avançait en courant. Lorsqu’elle fut sur le point de voir les morts, le Prophète ﷺ n’aima pas qu’elle les aperçoive. Il dit alors : « La femme, la femme. »” Az-Zubayr dit : “J’ai alors compris qu’il s’agissait de ma mère, Safiyya. Je me mis à courir vers elle et je la rattrapai avant qu’elle n’arrive aux corps des tués. Je la repoussai du plat de ma main sur la poitrine, car c’était une femme de caractère robuste, et elle me répondit : « Va-t’en, que la terre ne te reconnaisse pas ! » Je lui dis : « Le Messager d’Allah ﷺ t’a ordonné de faire demi-tour. » Elle s’arrêta, puis sortit deux pièces de tissu en disant : « Voici deux étoffes que j’ai apportées pour mon frère Hamza ; j’ai appris qu’il avait été tué, alors enveloppez-le avec. » Nous prîmes ces deux pièces afin d’en faire le linceul de Hamza. Mais nous trouvâmes, à côté de lui, un homme des Ansars qui était également tombé, affrontant la même situation que Hamza. Nous jugeâmes inconvenant et gênant de recouvrir Hamza de deux pièces de tissu alors que l’Ansari n’en aurait aucune. Nous proposâmes donc de donner un des tissus à Hamza et l’autre à l’Ansari. Lorsque nous les mesurâmes, l’un s’avéra plus grand que l’autre ; nous procédâmes alors à un tirage au sort. Chacun fut enveloppé dans le tissu qui lui échut.” (1)
La mention de la prière funéraire sur Hamza et ceux qui périrent à Uhud : Ibn Ishâq (2) dit : “Une personne de confiance m’a rapporté, d’après Miqsam, d’après Ibn ‘Abbâs, que le Messager d’Allah ﷺ fit recouvrir Hamza d’une étoffe, puis pria sur lui en prononçant sept takbîrs. On lui amenait ensuite les autres tués qu’on plaçait près de Hamza, et il priait alors sur eux et sur Hamza, jusqu’à avoir prié soixante-douze fois sur lui.” Ce récit est jugé étrange (gharîb) et sa chaîne de transmission est faible. As-Suhaylî (3) mentionne : “Aucun des savants des principaux centres d’enseignement n’a retenu cette opinion.”
L’imam Ahmad (4) rapporte : “Nous a relaté ‘Affân, qui tenait de Hammad, lequel tenait de ‘Atâ’ ibn As-Sâ’ib, d’après Ash-Sha‘bî, d’après Ibn Mas‘ûd : ‘Au jour d’Uhud, les femmes se trouvaient derrière les rangs des musulmans, achevant les blessés parmi les polythéistes. J’aurais pu jurer, en espérant alors ne pas faillir, qu’aucun d’entre nous ne convoitait la vie d’ici-bas, jusqu’à ce que Dieu fasse descendre : ﴿Parmi vous, il en est qui convoitent ce bas monde et il en est qui convoitent l’au-delà. Puis Il vous a fait reculer devant eux pour vous éprouver﴾ [Âl ‘Imrân : 152]. Lorsque les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ eurent désobéi et transgressé l’ordre donné, le Messager d’Allah ﷺ se retrouva isolé avec neuf hommes : sept d’entre eux étaient des Ansars, deux de Quraysh, et lui-même était leur dixième. Quand l’ennemi se rapprocha de lui, il dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à celui qui les repoussera loin de nous. » (Puis un homme des Ansars se leva et combattit quelques instants, jusqu’à être tué. Quand les ennemis s’approchèrent à nouveau, il répéta : « Qu’Allah fasse miséricorde à celui qui les repoussera loin de nous. ») (6) Il ne cessa de le dire jusqu’à ce que les sept hommes fussent tués. Alors, le Messager d’Allah ﷺ… »»