Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque Shayb et ton père cherchèrent à me trahir, ils en teintèrent les abords de la gorge… Et ton funeste vœu est le plus mauvais des vœux.

Ibn Isḥāq (1) a rapporté : « Al-Ḥulayṣ ibn Zabān, membre des Banū al-Ḥārith ibn ʿAbd Manāh – ce jour-là chef des ʾAḥābīsh –, passa auprès d’Abū Sufyān, qui frappait la joue de Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib avec la pointe de sa lance en disant : “Goûte (ce coup), ingrat !” (ذُق عُقَّق). » Alors al-Ḥulayṣ déclara : « Ô Banū Kināna ! Voici le notable des Qurayš qui traite son cousin comme vous le voyez, dans sa dépouille. » Abū Sufyān répondit : « Malheur à toi ! Tais-toi et ne l’ébruite pas, ce fut là un faux pas. »

Ibn Isḥāq (3) a également rapporté : « Lorsque Abū Sufyān s’apprêta à s’en aller, il gravit la montagne et cria de sa voix la plus forte : “Nous nous sommes bien acquittés ! La guerre se poursuit tour à tour : un jour pour venger Badr ! ‘Iʿlā Hubal !” (c’est-à-dire : Exalte ton culte). » Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors à ʿUmar : « Lève-toi, ô ʿUmar, et réponds-lui en disant : “Allah est le Plus-Haut et le Plus-Grand ! Point d’égalité entre nous ! Nos morts sont au Paradis et vos morts à l’Enfer.” » Abū Sufyān l’interpella : « Approche, ô ʿUmar ! » Le Prophète (ﷺ) dit à ʿUmar : « Va le voir et découvre ce qu’il veut. » ʿUmar alla donc à sa rencontre, et Abū Sufyān lui demanda : « Par Dieu, ô ʿUmar, avez-vous tué Muḥammad ? » ʿUmar répondit : « Par Dieu, non ! Et il entend à l’instant même tout ce que tu dis. » Abū Sufyān répliqua : « Tu es plus sincère et plus droit à mes yeux que (l’affirmation de) Ibn Qumayʾa. »

Ibn Isḥāq poursuit : « Abū Sufyān cria ensuite : “Il y a eu des mutilations parmi vos morts. Par Dieu, je ne m’en suis ni réjoui ni offusqué ; je ne l’ai ni défendu ni ordonné.” Quand il s’en retourna, il éleva encore la voix : “Notre prochain rendez-vous sera Badr, l’année prochaine.” » Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors à l’un de ses compagnons : « Réponds-lui : “Oui ! C’est bien un rendez-vous entre nous et toi.” »

Ibn Isḥāq relate aussi : « Le Messager de Dieu (ﷺ) envoya ensuite ʿAlī ibn Abī Ṭālib en lui disant : “Pars suivre leurs traces pour voir ce qu’ils font et ce qu’ils projettent. S’ils ont laissé leurs chevaux de côté et sont montés sur leurs chameaux, c’est qu’ils se dirigent vers la Mecque ; mais s’ils chevauchent leurs chevaux et font avancer leurs chameaux, ils se dirigent sur Médine. Par Celui qui tient mon âme en Sa main ! S’ils marchent contre Médine, j’irai à leur rencontre pour leur livrer bataille !” ʿAlī raconta : “Je partis aussitôt à leur suite pour observer leur comportement ; ils avaient laissé leurs chevaux de côté et étaient montés sur leurs chameaux, mettant le cap sur la Mecque.” »

(4) Il est ensuite question de l’invocation (duʿāʾ) du Prophète (ﷺ) après les événements de la bataille d’Uḥud.

L’imām Aḥmad (5) dit : « Nous fut rapporté par Marwān ibn Muʿāwiyya al-Fazārī, qui le tenait de ʿAbd al-Wāḥid ibn Ayman al-Makkī, d’après Ibn Rifāʿa… »

(1) Voir « La Sira du Prophète » d'Ibn Hichâm (2/93). (2) Cela signifie qu'il est mort, incapable de se défendre. (3) Voir « La Sira du Prophète » d'Ibn Ishâq, p. 312. (4) Le terme « dhikr » (mention) ne figure pas dans la version (ṭ). (5) Rapporté par Ahmad dans « al-Musnad » (3/424), dont les narrateurs sont fiables ; il a été authentifié par les savants, comme mentionné dans « al-Sunnah » d'Ibn Abî ʿÂṣim (381).
إذْ رام شيبٌ وأبوك غدري … فخضّبا منه ضواحي النّحر ونذرك السّوء فشرُّ نذر قال ابن إسحاق (١) : وكان الحليس بن زبان أخو بني الحارث بن عبد مناة، وهو يومئذٍ سيّد الأحابيش، مرّ بأبي سفيان وهو يضرب في شدق حمزة بن عبد المطلب بزجّ الرّمح ويقول: ذق عُقق. فقال الحليس: يا بني كنانة، هذا سيد قريشٍ يصنع بابن عمّه ما ترون لحمًا (٢) . فقال: ويحك! اكتمها عنّي؛ فإنّها كانت زلّةً. قال ابن إسحاق (٣) : ثم إنّ أبا سفيان، حين أراد الانصراف، أشرف على الجبل، ثم صرخ بأعلى صوته: أنعمت فعال، إن الحرب سجال، يومٌ بيوم بدر، اعل هبل. أي أظهر: دينك. فقال رسول اللَّه ﷺ لعمر: "قم يا عمر فأجبه، فقل: اللَّه أعلى وأجلُّ، لا سواء، قتلانا في الجنة وقتلاكم في النار" . فقال له أبو سفيان: هلمّ إليّ يا عمر. فقال رسول اللَّه ﷺ لعمر: "ائته فانظر ما شأنه" . فجاءه فقال له أبو سفيان: أنشدك اللَّه يا عمر، أقتَلنا محمدًا؟ فقال عمر: اللهم لا، وإنّه ليسمع كلامك الآن. قال: أنت أصدق عندي من ابن قمئة وأبرّ. قال ابن إسحاق: ثم نادى أبو سفيان: إنه قد كان في قتلاكم مَثْلٌ، واللَّه ما رضيت وما سخطت وما نهيتُ ولا أمرت. قال: ولمّا انصرف أبو سفيان نادى: إنّ موعدكم بدرٌ العام القابل. فقال رسول اللَّه ﷺ لرجلٍ من أصحابه: "قل: نعم، هو بيننا وبينك موعدٌ" . قال ابن إسحاق: ثم بعث رسول اللَّه ﷺ عليّ بن أبي طالبٍ، فقال: "اخرج في آثار القوم، فانظر ماذا يصنعون وما يريدون، فإن كانوا قد جنبوا الخيل وامتطوا الإبل، فإنّهم يريدون مكّة، وإن ركبوا الخيل وساقوا الإبل، فهم يريدون المدينة، والذي نفسي بيده إن أرادوها، لأسيرنّ إليهم فيها ثم لأُناجزنّهم" . قال عليٌّ: فخرجت في آثارهم أنظر ماذا يصنعون، فجنبوا الخيل وامتطوا الإبل ووجّهوا إلى مكة. ذكر (٤) دعاء النبيّ ﷺ بعد الوقعة يوم أحدٍ قال الإمام أحمد (٥) : ثنا مروان بن معاوية الفَزَاريُّ، ثنا عبد الواحد بن أيمن المكِّيّ، عن ابن رفاعة
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٩٣). (٢) يريد أنه ميت لا يقدر على الانتصار. (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن إسحاق ص (٣١٢). (٤) لفظ "ذكر" لم يرد في (ط). (٥) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ٤٢٤) ورجاله ثقات، وقد صححه العلماء كما في السنة لابن أبي عاصم (٣٨١) =

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