Il ne tarda pas à mourir entre leurs mains. Ils le mentionnèrent alors au Messager d’Allah (ﷺ), qui déclara : « Il est assurément parmi les gens du Paradis. »
Ibn Ishaq (1) a rapporté : « Mon père m’a raconté, d’après des aînés des Banû Salama, qu’Amr ibn al-Jamûh était un homme boiteux, avec une claudication sévère. Il avait quatre fils, braves comme des lions, qui participaient aux campagnes militaires avec le Messager d’Allah (ﷺ). Lorsque vint le jour d’Uhud, ils voulurent l’empêcher de sortir (au combat) et lui dirent : “Allah t’a déjà excusé.” Alors il alla voir le Messager d’Allah (ﷺ) et dit : “Mes fils veulent me retenir et m’empêcher de partir avec toi. Par Allah, j’espère vraiment fouler de mon pied boiteux le sol du Paradis.” Le Messager d’Allah (ﷺ) lui répondit : “Quant à toi, Allah t’a dispensé (de combattre), le djihad n’est pas une obligation pour toi.” Puis il s’adressa à ses fils : “Ne le retenez pas, il se peut qu’Allah lui accorde le martyre.” Il sortit donc (au combat) avec lui et fut tué le jour d’Uhud (qu’Allah l’agrée). »
Ibn Ishaq (2) a rapporté : « Hind bint ‘Utba – comme me l’a relaté Sâlih ibn Kaysân – et les femmes qui l’accompagnaient, se mirent à mutiler les martyrs parmi les Compagnons du Messager d’Allah (ﷺ), leur coupant les oreilles et le nez, au point que Hind se confectionna des bracelets (3) et des colliers à partir des oreilles et des nez des hommes. Elle remit ces bracelets, ces colliers ainsi que ses boucles d’oreilles à Wahshî. Elle ouvrit ensuite la poitrine de Hamza et en sortit le foie, qu’elle mâcha mais ne put avaler, puis le recracha. »
Mûsâ ibn ‘Uqba a mentionné que celui qui éventra Hamza pour en extraire le foie fut Wahshî, lequel l’apporta à Hind. Elle le mâcha, mais fut incapable de l’avaler. Allah sait mieux.
Ibn Ishaq (4) a dit : « Ensuite, Hind escalada un rocher élevé et s’écria de sa plus forte voix en disant :
[Poésie en rajaz]
“Nous vous avons bien rendus la pareille pour le jour de Badr
Et la guerre, après la guerre, est ardente brûlure.
Je ne pouvais supporter (la perte de) ‘Utba,
Ni celle de mon frère, ni de son oncle, ni de mon aîné.
J’ai apaisé mon âme et rempli mon vœu.
Ô Wahshî, tu as étanché la soif de mon cœur !
Je te serai reconnaissante, Wahshî, tout au long de ma vie
Jusqu’à ce que mes os s’effritent dans ma tombe.”
Puis Hind bint Athâtha ibn ‘Abbâd ibn al-Muttalib lui répondit en disant :
“Tu as été couverte d’opprobre à Badr et bien après Badr,
Ô fille (5) de l’incrédule invétéré.
Puisse Allah t’abattre à l’aube sous le coup des Hachémites (6)
À la haute stature et à l’éclatante prestance !
Armés de lames tranchantes qui fendent (les corps),
Hamza le lion et ‘Alî le faucon.”