Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Bakr as-Siddîq, ‘Omar ibn al-Khattâb, ‘Alî ibn Abî Tâlib, Talha ibn ‘Ubayd Allâh, Az-Zoubayr ibn al-‘Awwâm, Al-Hârith ibn As-Samma, ainsi qu’un groupe de musulmans, accompagnèrent le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Lorsque celui-ci se replia dans le défilé, Ubayy ibn Khalaf le rejoignit. On rapporte alors qu’il fut tué (qu’Allâh le couvre de bénédictions) de la manière déjà mentionnée.

Ibn Ishâq (1) relate : Ubayy ibn Khalaf — comme me l’a raconté Sâlih ibn Ibrâhîm ibn ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf — croisait souvent le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) à La Mecque et disait : « Ô Muhammad, je possède un cheval que je nourris chaque jour d’une mesure de maïs ; je te tuerai un jour en le chevauchant. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) répondait : « Non, c’est plutôt moi qui te tuerai, si Dieu le veut. »

Après s’être retiré auprès des Quraysh, Ubayy revint avec une simple égratignure au cou, dont le sang s’était coagulé. Il déclara : « Par Dieu, Muhammad m’a tué ! » Ils lui répondirent : « Par Dieu, ton esprit s’est égaré ; tu ne souffres d’aucun mal. » Il insista : « Il m’a bien dit à La Mecque : “Je te tuerai.” Par Dieu, s’il m’avait seulement craché dessus, cela m’aurait tué. » L’ennemi de Dieu mourut alors à Sarf (2), tandis qu’ils rebroussaient chemin avec lui vers La Mecque.

Ibn Ishâq (3) rapporte également : « Hassân ibn Thâbit composa à ce sujet (4) :

[du mètre al-wâfir]
• “Il a hérité l’aveuglement de son père, Obayy, le jour où le Messager l’affronta.
• Tu t’avançais vers lui, tenant un lambeau d’os,
le menaçant, alors que tu ignorais tout de lui.
• Pourtant, les Banû An-Najjâr ont tué l’un des vôtres, Umayya,
lorsqu’il appela ‘Ô ‘Aqîl !’ au secours.
• Les deux fils de Rabî‘a ont péri, parce qu’ils obéirent à Abû Jahl,
fils d’une mère dénaturée.
• Al-Hârith s’échappa lorsque nous fûmes occupés à faire des prisonniers,
saisissant ses captifs dans la nuit.”

Hassân ibn Thâbit dit aussi (5) :

[du mètre al-wâfir]
• “Que quelqu’un fasse parvenir ce message à Ubayy de ma part :
tu as été précipité dans le brasier ardent.
• Tu t’es fourvoyé de loin dans l’erreur
et as multiplié les serments si tu l’emportais.
• Tes vaines espérances étaient bien illusoires,
et ta parole de mécréance n’était qu’orgueil trompeur.
• Tu as reçu un coup d’un homme fidèle, noble de lignée,
à mille lieues de toute turpitude.
• Cet homme possède un mérite incontestable aux yeux de tous,
quand surviennent les grandes circonstances.”

Ibn Ishâq (6) poursuit : « Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) arriva à l’entrée du défilé, ‘Alî ibn Abî Tâlib s’avança et… »

(1) Voir « La Sira du Prophète » d'Ibn Hishām (tome 2, p. 84). (2) Sarf : lieu situé à six milles de La Mecque, selon certains sept, selon d'autres neuf, et selon d'autres encore douze. Voir « Muʿjam al-Buldān » (tome 2, p. 257). (3) Voir « La Sira du Prophète » (tome 2, pp. 84-85). (4) Voir « Dīwān » (tome 1, p. 158). (5) Voir « Dīwān » (tome 1, p. 490). (6) Voir « La Sira du Prophète » d'Ibn Hishām (tome 2, p. 85).
أبو بكرٍ الصدّيق، وعمر بن الخطَّاب، وعلي بن أبي طالب، وطلحة بن عبيد اللَّه، والزّبير بن العوَّام، والحارث بن الصّمّة، ورهطٌ من المسلمين، فلمّا أسند رسول اللَّه ﷺ في الشّعب أدركه أبيّ بن خلفٍ، فذكر قتله (رحمهم الله) أُبيًا كما تقدّم. قال ابن إسحاق (١) : وكان أبيّ بن خلفٍ -كما حدّثني صالح بن إبراهيم بن عبد الرحمن بن عوف- يلقى رسول اللَّه ﷺ بمكّة فيقول: يا محمد، إنّ عندي العودَ؛ فرسًا أعلفه كلّ يومٍ فَرْقًا من ذُرةٍ، أقتلك عليه. فيقول رسول اللَّه ﷺ : "بل أمَّا أقتلك، إن شاء اللَّه" . فلمّا رجع إلى قريشٍ، وقد خدشه في عنقه خدشًا غير كبيرٍ، فاحتقن الدم، فقال: قتلني واللَّه محمدٌ. فقالوا له: ذهب واللَّه فؤادك، واللَّه إنْ بك بأسٌ. قال: إنّه قد كان قال لي بمكّة: "أنا أقتلك" فواللَّه لو بصق عليّ لقتلني. فمات عدوّ اللَّه بسرفٍ (٢) ، وهم قافلون به إلى مكة. قال ابن إسحاق (٣) : فقال حسان بن ثابتٍ في ذلك (٤) : [من الوافر] لقد ورث الضّلالة عن أبيه … أُبيّ يوم بارزه الرَّسولُ أتيت إليه تحمل رِمّ عظمٍ … وتوعده وأنت به جهولُ وقد قتلت بنو النجّار منكم … أميّة إذ يغوِّث يا عقيلُ وتبّ ابنا ربيعة إذ أطاعا … أبا جهلٍ لأمّهما الهَبُولُ وأفلت حارثٌ لمّا شغلنا … بأسر القوم أُسرته فليلُ وقال حسان بن ثابتٍ أيضًا (٥) : [من الوافر] ألا من مبلغٌ عني أُبيّا … لقد ألقيت في سحق السّعيرِ تمنّى بالضَّلَالة من بعيدٍ … وتقسم إن قدرت مع النّذورِ تمنّيك الأماني من بعيدٍ … وقول الكُفر يرجع في غرورِ فقد لاقتك طعنة ذي حفاظٍ … كريم البيت ليس بذي فجورِ له فضلٌ على الأحياء طُرَّا … إذا نابت ملمَّات الأمورِ قال ابن إسحاق (٦) : فلمّا انتهى رسول اللَّه ﷺ إلى فم الشّعب، خرج عليّ بن أبي طالبٍ حتى ملأ
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٨٤). (٢) سرف: موضع على ستة أميال من مكة، وقيل سبعة، وقيل تسعة، وقيل اثني عشرة. انظر "معجم البلدان" (٢/ ٢٥٧). (٣) انظر "السيرة النبوية" (٢/ ٨٤ - ٨٥). (٤) انظر "ديوانه" (١/ ١٥٨). (٥) انظر "ديوانه" (١/ ٤٩٠). (٦) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٨٥).

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