Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans ce hadith, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh, Qatâda ibn an-Nu‘mân eut un œil touché le jour de la bataille d’Uḥud au point qu’il tomba sur sa joue. Le Messager de Dieu (ﷺ) le remit alors en place, et il devint le plus beau et le plus perçant de ses deux yeux. Par ailleurs, il ne s’enflammait jamais lorsque l’autre devenait douloureux (1).

Ad-Dâraqutnî (2) a rapporté, selon une chaîne de transmission rare, d’après Mâlik, d’après Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Ṣa‘ṣa‘a, d’après son père, d’après Abû Sa‘îd, qui le tenait de son frère Qatâda ibn an-Nu‘mân : « Au jour d’Uḥud, mes deux yeux furent atteints et tombèrent sur mes joues. Je les apportai au Messager de Dieu (ﷺ). Il les remit en place, puis y cracha, et ils redevinrent brillants. »

Cependant, la version la plus connue est la première : seul l’un de ses yeux fut effectivement blessé. C’est ainsi que, lorsqu’un de ses descendants se présenta auprès de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, ce dernier lui demanda qui il était. L’homme improvisa alors ces vers (3) :

« Je suis le fils de celui dont l’œil a coulé sur sa joue…
Et que la main de l’Élu remit de la plus belle des manières,
Il redevint tel qu’il était à l’origine…
Ô la beauté de cet œil et la beauté de cette joue ! »

Sur quoi ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz récita à son tour (4) :

« C’est cela la noblesse, et non deux bols de lait
Mélangés à de l’eau, qui finiraient par ne plus valoir que du rebut. »

Puis il honora ce descendant et lui fit un don généreux (qu’Allâh lui fasse miséricorde).

—

Ibn Hishâm (5) rapporte qu’Oumm ‘Umâra, Nasîba bint Ka‘b al-Mâziniyya, combattit le jour de la bataille d’Uḥud. Sa‘îd ibn Abî Zayd al-Anṣârî rapporte qu’Oumm Sa‘d bint Sa‘d ibn ar-Rabî‘ disait : « Je suis allée rendre visite à Oumm ‘Umâra et je lui ai demandé : “Ô ma tante, parle-moi de ce qui s’est passé.” Elle a répondu : “Tôt dans la journée, je suis sortie pour voir ce que faisaient les combattants, en emportant avec moi une outre remplie d’eau. Je me suis approchée du Messager de Dieu (ﷺ) qui se tenait au milieu de ses compagnons ; l’avantage et le mouvement du combat étaient alors en faveur des musulmans. Mais lorsqu’ils ont fini par céder du terrain, je me suis jointe au Messager de Dieu (ﷺ). Je me suis mise à me battre directement, à le défendre avec mon sabre et à tirer des flèches, jusqu’à ce que je sois moi-même blessée.” »

Elle raconta : « J’ai vu sur son épaule une profonde plaie béante. Je lui ai demandé qui la lui avait infligée. Elle répondit : “C’est Ibn Qumayya — qu’Allâh l’humilie. Quand les gens se sont repliés loin du Messager de Dieu (ﷺ), il s’est avancé en criant : ‘Montrez-moi Muḥammad ! À quoi bon que je survive, s’il s’en sort ?’ Je me suis alors interposée avec Muṣ‘ab ibn ‘Umayr et d’autres qui avaient tenu bon auprès du Messager de Dieu (ﷺ). Il m’a portée ce coup, et malgré plusieurs attaques de ma part, l’ennemi de Dieu était protégé par deux cuirasses.” »

(1) Il est mentionné de manière similaire par Ibn ʿAbd al-Barr dans al-Istiʿāb (2/1275) et par al-Suhaylī dans al-Rawḍ al-Anf (6/33). (2) Il est mentionné par al-Suhaylī dans al-Rawḍ al-Anf (6/33) et attribué à al-Daraqutnī. (3) Voir Shadharāt al-Dhahab (1/180), édition critique. (4) Voir Sīrat al-Nabī d’Ibn Hishām (1/66). (5) Voir Sīrat al-Nabī d’Ibn Hishām (2/81).
وفي الحديث، عن جابر بن عبد اللَّه، أن قتادة بن النعمان أصيبت عينه يوم أحدٍ حتى سألت على خدّه، فردّها رسول اللَّه ﷺ مكانها، فكانت أحسن عينيه وأحدّهما، وكانت لا ترمد إذا رمدت الأخرى (١) . وروى الدارقطنيّ (٢) بإسناب غريب عن مالكٍ، عن محمد بن عبد اللَّه بن أبي صَعْصَعة، عن أبيه، عن أبي سعيد، عن أخيه قتادة بن النّعمان قال: أصيبت عيناي يوم أحدٍ فسقطتا على وجنتيّ، فأتيت بهما رسول اللَّه ﷺ فأعادهما مكانهما، وبصق فيهما فعادتا تبرقان. والمشهور الأول: أنه إنما أصيبت عينه الواحدة. ولهذا لمّا وفد بعض ولده على عمر بن عبد العزيز قال له: من أنت؟ فقال له مرتجلًا (٣) : [من الطويل] أنا ابن الذي سالت على الخدّ عينُه … فرُدّت بكفّ المصطفى أحسن الرّدِّ فعادت كما كانت لأول أمرها … فيا حسن ما عينٍ ويا حسن ما خدِّ فقال عمر بن عبد العزيز عند ذلك (٤) : [من البسيط] تلك المكارم لا قَعبانِ من لبنٍ … شِيبا بماءٍ فعادا بعد أبوالا ثم وصله فأحسن جائزته، (رضي الله عنه) . فصلٌ قال ابن هشامٍ (٥) : وقاتلت أمّ عُمَارة نسيبة بنت كعبٍ المازنيّة يوم أحدٍ، فذكر سعيد بن أبي زيدٍ الأنصاريّ، أنّ أمّ سعدٍ بنت سعد بن الرّبيع كانت تقول: دخلت على أمّ عُمَارة فقلت لها: يا خالة، أخبريني خبرك. فقالت: خرجت أول النهار وأنا أنظر ما يصنع الناس، ومعي سقاءٌ فيه ماءٌ، فانتهيت إلى رسول اللَّه ﷺ وهو في أصحابه، والدّولة والرّيح للمسلمين، فلمّا انهزم المسلمون انحزت إلى رسول اللَّه ﷺ ، فقمت أباشر القتال، وأذبُّ عنه بالسيف، وأرمي عن القوس، حتى خلصت الجراح إليّ. قالت: فرأيت على عاتقها جرحًا أجوف له غَورٌ، فقلت لها: من أصابك بهذا؟ قالت: ابن قمئة أقمأه اللَّه، لمّا ولّى الناس عن رسول اللَّه ﷺ أقبل يقول: دلّوني على محمد، فلا نجوت إن نجا، فاعترضت له أنا ومصعب بن عميرٍ، وأناسٌ ممّن ثبت مع رسول اللَّه ﷺ فضربني هذه الضربة، ولقد ضربته على ذلك ضربات، ولكنّ عدوّ اللَّه كانت عليه درعان.
(١) ذكره بنحوه ابن عبد البرّ في "الاستيعاب" (٢/ ١٢٧٥) والسهيلي في "الروض الأنف" (٦/ ٣٣). (٢) ذكره السهيلي في "الروض الأنف" (٦/ ٣٣) وعزاه للدارقطني. (٣) انظر "شذرات الذهب" (١/ ١٨٠) بتحقيقي. (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٦). (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٨١).

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