Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mousa ibn ‘Uqbah l’a rapporté dans son « Maghazi », d’après Sa‘id ibn al-Musayyib, dans un récit similaire. Ibn Ishaq (1) a dit : lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) atteignit le défilé (ash-shi‘b), Oubay ibn Khalaf l’y rejoignit en proclamant : « Que je ne survive pas si tu survis ! ». Les compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, quelqu’un parmi nous doit-il se détourner pour le combattre ? ». Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : « Laissez-le ». Lorsque Oubay s’approcha, le Messager d’Allah (ﷺ) saisit la lance de Harith ibn as-Samma. Certains, d’après ce qui m’a été rapporté, dirent que lorsqu’il la prit, il la brandit avec tant de force que ceux qui se tenaient près de lui furent repoussés, à l’image des poils qui s’envolent du dos d’un chameau quand il s’ébroue. Puis le Messager d’Allah (ﷺ) alla à sa rencontre et le frappa d’un coup de lance au cou qui le fit vaciller (2) plusieurs fois de sa monture.

Al-Waqidi (3) a également rapporté, d’après Younous ibn Muhammad, d’après ‘Asim ibn ‘Umar ibn Qatadah, d’après ‘Abdallah ibn Ka‘b ibn Malik, d’après son père, une version semblable. Al-Waqidi (4) a dit : Ibn ‘Oumar racontait : « Oubay ibn Khalaf mourut dans la vallée de Râbigh. Je passais par cette vallée tard dans la nuit quand j’aperçus un feu flamboyer. J’en fus effrayé et vis un homme qui en sortait, pris dans une chaîne qu’il tirait, tourmenté par la soif. Alors une voix déclara : “Ne lui donne pas à boire, car il est celui que le Messager d’Allah (ﷺ) a tué ; c’est Oubay ibn Khalaf !” ».

Il est également établi dans les deux recueils authentiques (Sahihayn) (5), comme mentionné plus haut, selon la chaîne de transmission passant par ‘Abd ar-Razzaq, d’après Ma‘mar, d’après Hammam, d’après Abou Hourayra, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « La colère d’Allah s’abat fortement sur l’homme que tue le Messager d’Allah dans le sentier d’Allah ». Al-Boukhari en donne aussi le récit selon la voie d’Ibn Jurayj, d’après ‘Amr ibn Dinar, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs : « La colère d’Allah s’intensifie pour celui que le Messager d’Allah tue dans le sentier d’Allah ».

Al-Boukhari (6) rapporte encore : Abou al-Walid, d’après Chou‘bah, d’après Ibn al-Monkadir, qui dit : « J’ai entendu Jabir raconter : lorsque mon père fut tué, je me mis à pleurer, découvrant son visage. Les compagnons du Prophète (ﷺ) me l’interdirent, mais le Prophète (ﷺ), lui, ne me l’interdisait pas. » Le Prophète (ﷺ) déclara : « Ne le pleure pas – ou bien : pourquoi le pleurer – ? Les anges ont continué de le couvrir de leurs ailes jusqu’à ce qu’il soit emporté ». C’est ainsi que ce hadith est cité ici de façon abrégée, mais il est rapporté dans son intégralité dans la section « Les Funérailles » de Sahih al-Boukhari, à travers la chaîne de transmission passant par Bundar, par Ghoundar, puis par Chou‘bah. Muslim et an-Nasa’i (7) le relatent également selon différentes voies par Chou‘bah. Al-Boukhari (8) rapporte enfin : « ‘Abdân nous a transmis, disant : ‘Abdallah [ibn al-Moubarak] nous a transmis, selon Chou‘bah, d’après Sa‘d ibn Ibrahim, d’après… ».

(1) Voir "La Sîra" d'Ibn Hichâm (2/84). (2) Ibn Hichâm dit dans "La Sîra" (2/84) : « Il a trébuché... il est tombé de son cheval et s'est roulé par terre ». (3) Voir "Al-Maghâzî" (1/251). (4) Mentionné par Ibn al-Qayyim al-Jawziyya dans "Zâd al-Maʿâd" (3/188) de manière similaire. (5) Rapporté par al-Bukhârî, n° 4074, et Muslim, n° 1793. (6) Rapporté par al-Bukhârî, n° 4080, en 'muʿallaq' (hadîth suspendu). (7) Rapporté par Muslim, n° 2471, et an-Nasâ'î, n° 1844. (8) Rapporté par al-Bukhârî, n° 4045.
وقد رواه موسى بن عقبة في "مغازيه" ، عن سعيد بن المسيّب نحوه. وقال ابن إسحاق (١) : لما أسند رسول اللَّه ﷺ في الشّعب، أدركه أُبيّ بن خلفٍ وهو يقول: لا نجوتُ إن نجوتَ. فقال القوم: يا رسول اللَّه، يعطف عليه رجلٌ منا؟ فقال رسول اللَّه ﷺ : "دعوه" . فلما دنا تناول رسول اللَّه ﷺ الحربة من الحارث بن الصّمّة، فقال بعض القوم، فيما ذكر لي، فلما أخذها رسول اللَّه ﷺ انتفض بها انتفاضةً، تطايرنَ عنه تطاير الشُّعر عن ظهر البعير إذا انتفض، ثم استقبله رسول اللَّه ﷺ فطعنه في عنقه طعنةً تدأدأ منها (٢) عن فرسه مرارًا. وذكر الواقديّ (٣) ، عن يونس بن محمدٍ، عن عاصم بن عمر بن قتادة، عن عبد اللَّه بن كعب بن مالكٍ، عن أبيه نحو ذلك. قال الواقديّ (٤) : وكان ابن عمر يقول: مات أبيّ بن خلفٍ ببطن رابغٍ، فإني لأسير ببطن رابغٍ بعد هويٍّ من الليل، فإذا أنا بنارٍ تأجّج، فهبتها، وإذا رجلٌ يخرج منها في سلسلةِ يجتذبها يهيّجه العطش، فإذا رجل يقول: لا تسقه؛ فإنّه قتيل رسول اللَّه ﷺ ، هذا أُبيّ بن خلفٍ. وقد ثبت في "الصحيحين" (٥) كما تقدم من طريق عبد الرزاق، عن معمرٍ، عن همامٍ، عن أبي هريرة قال: قال رسول اللَّه ﷺ : "اشتد غضب اللَّه على رجلٍ يقتله رسول اللَّه في سبيل اللَّه" . ورواه البخاريّ من طريق ابن جريجٍ، عن عمرو بن دينارٍ، عن عكرمة، عن ابن عباسٍ: اشتد غضب اللَّه على من قتله رسول اللَّه في سبيل اللَّه. وقال البخاريّ (٦) : وقال أبو الوليد، عن شعبة، عن ابن المنكدر، سمعت جابرًا قال: لما قتل أَبِي جعلت أبكي وأكشف الثوب عن وجهه، فجعل أصحاب النبيّ ﷺ ينهونني، والنبي ﷺ لم ينه. وقال النبيّ ﷺ : "لا تبكه -أو ما تبكيه- مازالت الملائكة تظلّه بأجنحتها حتى رفع" . هكذا ذكر هذا الحديث هاهنا معلّقًا، وقد أسنده في الجنائز، عن بندارٍ، عن غندرٍ، عن شعبة. ورواه مسلمٌ والنسائيُّ (٧) من طرقٍ، عن شعبة به. وقال البخاريّ (٨) : ثنا عبدان، أنا عبد اللَّه [بن المبارك] ، عن شعبة، عن سعد بن إبراهيم، عن
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٨٤). (٢) قال ابن هشام في "السيرة النبوية" (٢/ ٨٤): "تدأدأ. . . تقلّب عن فرسه فجعل يتدحرج". (٣) انظر "المغازي" (١/ ٢٥١). (٤) وذكره ابن قيم الجوزية في "زاد المعاد" (٣/ ١٨٨) بنحوه. (٥) رواه البخاري رقم (٤٠٧٤) ومسلم رقم (١٧٩٣). (٦) رواه البخاري رقم (٤٠٨٠) معلقًا. (٧) رواه مسلم رقم (٢٤٧١) والنسائي رقم (١٨٤٤). (٨) رواه البخاري رقم (٤٠٤٥).

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