Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et Tirmidhî l’a rapporté d’après ‘Abd ibn Ḥumayd, et an-Nassâ’î d’après Isḥâq ibn Râhwayh, tous deux d’après Yazîd ibn Hârûn (1). Tirmidhî a dit : « Il est bon (ḥasan). » Quant à moi, je dis : « Il est plutôt conforme aux conditions des “deux Cheikhs” (2) selon cette chaîne de transmission. » Aḥmad (3) a dit : « Bahz et Hâshim m’ont rapporté (ils ont dit) : “Sulaimân ibn al-Mughîra nous a transmis d’après Thâbit (4), qui rapporte qu’Anas a dit : ‘Mon oncle’ – et Hâshim précise : ‘Il s’agit d’Anas ibn an-Naḍr, dont je porte le nom’ –, n’a pas pris part, avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), au jour de Badr. Il en fut affligé et déclara : ‘C’est la première bataille à laquelle assiste le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), et je ne suis pas avec lui ! Par Dieu, si Dieu me permet d’assister à une prochaine bataille aux côtés du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), Il verra bien ce que je ferai.’” »

Il poursuit : « Il n’osa pas en dire davantage, puis il assista au combat avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) le jour d’Uḥud. Il se trouva face à Sa‘d ibn Mu‘âdh et lui dit : “Ô Abû ‘Amr, où vas-tu ? Quel délice que la brise du Paradis, je la sens près d’Uḥud.” Il combattit alors jusqu’à trouver la mort. On découvrit sur son corps plus de quatre-vingts blessures, entre coups, lances et flèches. Sa sœur – ma tante – ar-Rubayyi‘ bint an-Naḍr a dit : “Je n’ai pu le reconnaître qu’à ses doigts.” C’est alors que fut révélé ce verset : « Parmi les croyants, certains ont été fidèles à l’engagement qu’ils avaient pris devant Dieu. Certains d’entre eux ont accompli leur destinée, d’autres attendent encore, et ils n’ont rien changé [à leur engagement]. » On pensait qu’il avait été révélé à son sujet et à celui de ses compagnons. »

Muslim (5) l’a également rapporté, d’après Muḥammad ibn Ḥâtim, d’après Bahz ibn Asad. Tirmidhî et an-Nassâ’î (6) le rapportent également, d’après ‘Abd Allâh ibn al-Mubârak. An-Nassâ’î a ajouté, ainsi qu’Abû Dâwûd : « Ḥammâd ibn Salama nous a transmis », tous quatre le tenant de Sulaimân ibn al-Mughîra. Tirmidhî a dit : « [Ce hadith] est bon et authentique (ḥasan ṣaḥîḥ). »

Abû al-Aswad rapporte, d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, qu’Ubayy ibn Khalaf, l’un des Banû Jumâḥ, avait juré, alors qu’il se trouvait à La Mecque, de tuer le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Lorsque le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) apprit son serment, il dit : « Au contraire, c’est moi qui le tuerai, si Dieu le veut. » Le jour d’Uḥud, Ubayy arriva, recouvert de fer, en disant : « Je ne sortirai pas vivant si Muḥammad s’en sort vivant. » Il chargea le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dans le but de le tuer. Muṣ‘ab ibn ‘Umayr, de la tribu des Banû ‘Abd ad-Dâr, s’interposa pour protéger le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) de sa propre vie, et il fut tué. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) aperçut la clavicule d’Ubayy, par une ouverture entre sa cotte de mailles et son casque, et le frappa de sa lance. Ubayy tomba de son cheval ; sa plaie ne saignait que très peu. Ses compagnons accoururent, le prirent en charge, et il se mit à pousser des gémissements comme un taureau. Ils lui dirent : “Pourquoi t’effrayer ainsi ? Ce n’est qu’une égratignure.” Mais il leur rappela la parole du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) : “C’est moi qui tuerai Ubayy.” Puis il ajouta : “Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, si cette plaie était arrivée aux gens de Dhi-l-Majâz, ils seraient tous morts.” Il mourut alors, allant au Feu. Malheur donc aux hôtes de la Fournaise (7) !

(1) Rapporté par At-Tirmidhî, n° 3201, et An-Nasâ'î dans "As-Sunan al-Kubrâ" (11403). (2) Dans l'édition (ṭ), il est dit : "sur la condition des deux Sahihs", les deux expressions ayant le même sens. (3) Rapporté par Ahmad dans son Musnad, 3/194. (4) Il s'agit de Thâbit ibn Aslam al-Banânî. Voir "Tahrîr Taqrîb at-Tahdhîb" (1/195). (5) Rapporté par Muslim, n° 1903. (6) Rapporté par At-Tirmidhî, n° 3200, et An-Nasâ'î dans "As-Sunan al-Kubrâ", n° 8291. (7) Voir également "Zâd al-Ma'âd" d'Ibn al-Qayyim (3/188) et "Al-Fuṣûl fî Sîrat ar-Rasûl ﷺ" d'Ibn Kathîr, p. 149.
ورواه الترمذيّ عن عبد بن حميدٍ، والنسائيّ عن إسحاق بن راهويه، كلاهما عن يزيد بن هارون به (١) ، وقال الترمذيّ: حسنٌ. قلت: بل على شرط "الشيخين" (٢) من هذا الوجه. وقال أحمد (٣) : حدثني، بهزٌ وثنا هاشمٌ [قالا] : ثنا سليمان بن المغيرة، عن ثابتٍ (٤) قال: قال أنسٌ: عَمِّي - قال هاشمٌ: أنس بن النّضير- سمّيت به، ولم يشهد مع رسول اللَّه ﷺ يوم بدرٍ. قال: فشقّ عليه، وقال: أول مشهدٍ شهده رسول اللَّه ﷺ غبت عنه! لئن أراني اللَّه مشهدًا فيما بعد مع رسول اللَّه ﷺ ليرين اللَّه ما أصنع. قال: فهاب أن يقول غيرها، فشهد مع رسول اللَّه ﷺ يوم أحدٍ. قال: فاستقبل سعد بن معاذٍ، فقال له أنسٌ: يا أبا عمرو أين؟ واهًا لريح الجنة، أجده دون أحدٍ. قال: فقاتلهم حتى قتل، فوجد في جسده بضعٌ وثمانون من ضربةٍ وطعنةٍ ورميةٍ. قال: فقالت أخته عمتي الرّبيّع بنت النّضر: فما عرفت أخي إلا ببنانه. ونزلت هذه الآية: ﴿مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ فَمِنْهُمْ مَنْ قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْتَظِرُ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا﴾. قال: فكانوا يرون أنها نزلت فيه وفي أصحابه. ورواه مسلم (٥) عن محمد بن حاتمٍ، عن بهز بن أسدٍ. ورواه الترمذيّ والنسائيّ (٦) من حديث عبد اللَّه بن المبارك، وزاد النسائى: وأبي داود، حَدَّثَنَا حمّاد بن سلمة، أربعتهم عن سليمان بن المغيرة به. وقال الترمذيّ: حسنٌ صحيحٌ. وقال أبو الأسود، عن عروة بن الزبير قال: كان أبيّ بن خلفٍ، أخو بني جمح، قد حلف وهو بمكة ليقتلنّ رسول اللَّه ﷺ ، فلما بلغت رسول اللَّه ﷺ حلْفتُه قال: "بل أنا أقتله إن شاء اللَّه" . فلما كان يوم أحدٍ أقبل أبيّ في الحديد مقنّعًا، وهو يقول: لا نجوت إن نجا محمدٌ، فحمل على رسول اللَّه ﷺ يريد قتله، فاستقبله مصعب بن عميرٍ، أخو بني عبد الدَّار، يقي رسول اللَّه ﷺ بنفسه، فقتل مصعب بن عميرٍ، وأبصر رسول اللَّه ﷺ ترقوة أُبيّ بن خلفٍ من فرجةٍ بين سابغة الدرع والبيضة، فطعنه بحربته، فوقع إلى الأرض عن فرسه، ولم يخرج من طعنته دمٌ، فأتاه أصحابه فاحتملوه، وهو يخور خُوار الثّور، فقالوا له: ما أجزعك! إنما هو خدشٌ. فذكر لهم قول رسول اللَّه ﷺ : "أنا أَقتُلُ أبيًا" . ثم قال: والذي نفسي بيده لو كان هذا الذي بي بأهل ذي المجاز لماتوا أجمعون. فمات إلى النار، فسحقًا لأصحاب السّعير (٧) .
(١) رواه الترمذي رقم (٣٢٠١) والنسائي في "السنن الكبرى" (١١٤٠٣). (٢) في (ط): "على شرط الصحيحين" وكلاهما بمعنى. (٣) رواه أحمد في مسنده ٣/ ١٩٤. (٤) يعني (ثابت بن أسلم البناني). انظر "تحرير تقريب التهذيب" (١/ ١٩٥). (٥) رواه مسلم رقم (١٩٠٣). (٦) رواه الترمذي رقم (٣٢٠٠) والنسائي في "السنن الكبرى" رقم (٨٢٩١). (٧) وانظر "زاد المعاد" لابن القيم (٣/ ١٨٨) و"الفصول في سيرة الرسول ﷺ " لابن كثير ص (١٤٩).

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