Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Parmi eux se trouvait Anas ibn An-Nadr et d’autres qui seront mentionnés par la suite. À ce propos, Dieu (Exalté soit-Il) révéla un réconfort en prévision de ce qui pouvait advenir, en disant :

« Et Muhammad n’est qu’un Messager ; des Messagers sont déjà passés avant lui. S’il venait à mourir ou à être tué, reviendriez-vous sur vos pas ? Quiconque revient sur ses pas ne saurait nuire à Dieu en rien, et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants. (144) Aucune âme ne saurait mourir qu’avec la permission de Dieu, selon un terme fixé. Celui qui désire la récompense de ce monde, Nous la lui accordons ; et celui qui désire la récompense de l’au-delà, Nous la lui accordons également ; et Nous récompenserons bientôt les reconnaissants. (145) Combien de prophètes, entourés de nombreux (hommes) pieux, ont combattu sans faiblir devant ce qui les avait frappés sur le chemin de Dieu. Ils ne s’affaiblirent pas, ils ne cédèrent pas et ne furent pas soumis. Et Dieu aime les endurants. (146) Leur seule parole fut de dire : “Seigneur, pardonne-nous nos péchés et nos excès dans nos affaires, affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur le peuple des mécréants.” (147) Dieu leur accorda alors la récompense d’ici-bas et la belle récompense de l’au-delà, et Dieu aime les bienfaisants. (148) Ô vous qui croyez ! Si vous obéissez à ceux qui ne croient pas, ils vous feront revenir sur vos pas, et vous serez alors perdants. (149) Non ! C’est Dieu qui est votre Maître et Il est le Meilleur des secoureurs. (150) Nous jetterons bientôt la terreur dans le cœur de ceux qui ont mécru à cause de leur association à Dieu, alors qu’Il n’a fait descendre pour cela aucune autorisation ; leur refuge sera le Feu. Quelle mauvaise demeure pour les injustes ! » [Al ‘Imrân : 144-151].

Nous avons traité ce point de manière détaillée dans notre ouvrage « Tafsîr »(1), et la louange revient à Dieu.

Abou Bakr As-Siddîq – que Dieu l’agrée – prononça un discours lors de la première prise de parole qu’il fit après le décès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Il déclara : « Ô gens ! Que celui qui adorait Muhammad sache que Muhammad est bel et bien mort. Et que celui qui adorait Dieu sache que Dieu est Vivant et ne meurt pas. » Puis il récita le verset : « Et Muhammad n’est qu’un Messager ; des Messagers sont déjà passés avant lui. S’il venait à mourir ou à être tué… » jusqu’à la fin de l’ayah. Il raconta : « C’est comme si les gens ne l’avaient jamais entendue auparavant. À tel point que chacun d’eux se mit à la réciter. »

Al-Bayhaqî rapporte dans « Dalâ’il an-Nubuwa »(2), selon la chaîne de Ibn Najîh, d’après son père, qu’un homme parmi les Muhâjirîn passa, le jour d’Uhud, auprès d’un homme des Ansâr alors qu’il agonisait dans son sang. Il lui dit : « Ô untel, sais-tu que Muhammad a été tué ? » L’Ansârî répondit : « S’il est vrai que Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui) a été tué, il a bien transmis le message ; combattez donc pour votre religion. » C’est alors que fut révélée la parole du Très-Haut : « Et Muhammad n’est qu’un Messager ; des Messagers sont déjà passés avant lui… » jusqu’à la fin du verset. Il est probable que cet Ansârî soit Anas ibn An-Nadr – que Dieu l’agrée – oncle d’Anas ibn Mâlik.

L’imam Ahmad(3) rapporte : « Yazîd nous a transmis (ce hadith), Hamîd nous l’a transmis, d’après Anas : son oncle fut absent du combat de Badr, et il dit : “J’ai manqué le premier combat livré par le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) contre les polythéistes. Si Dieu m’accorde l’occasion d’assister à un autre combat contre eux, Dieu verra bien ce que je ferai.” Lors de la bataille d’Uhud, quand les musulmans prirent la fuite, il s’écria : “Ô mon Dieu, je M’excuse auprès de Toi pour ce qu’ont fait ces gens-là (en parlant de ses compagnons), et je me désolidarise de ce qu’ont apporté ceux-ci (en parlant des polythéistes).” Puis il avança jusqu’à ce qu’il rencontre Sa‘d ibn Mu‘âdh près d’Uhud. Sa‘d dit alors : ‘Je suis avec toi.’ Mais je ne fus pas, ajouta Sa‘d, capable de faire comme il fit. On trouva sur son corps plus de quatre-vingts blessures faites par des coups d’épée, des coups de lance ou des flèches. Nous disions qu’à son sujet et à celui de ses compagnons, fut révélé : “Il y en a parmi eux qui ont tenu leur engagement jusqu’au bout et d’autres qui attendent encore…” [Al-Ahzâb : 23]. »

(1) Voir « Tafsîr al-Qur'ân al-ʿAẓîm » de l'auteur (vol. 2, p. 108) et les pages suivantes. (2) Rapporté par al-Bayhaqî dans « Dalâʾil an-Nubuwwah » (vol. 3, p. 248). (3) Rapporté par Aḥmad dans « al-Musnad » (vol. 3, p. 201). (4) Le vocable divin n'apparaît pas dans (ṭ.).
منهم أنس بن النضر وغيره ممن سيأتي ذكره، وقد أنزل اللَّه تعالى التّسلية في ذلك على تقدير وقوعه فقال تعالى: ﴿وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَمَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللَّهَ شَيْئًا وَسَيَجْزِي اللَّهُ الشَّاكِرِينَ (١٤٤) وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَنْ تَمُوتَ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ كِتَابًا مُؤَجَّلًا وَمَنْ يُرِدْ ثَوَابَ الدُّنْيَا نُؤْتِهِ مِنْهَا وَمَنْ يُرِدْ ثَوَابَ الْآخِرَةِ نُؤْتِهِ مِنْهَا وَسَنَجْزِي الشَّاكِرِينَ (١٤٥) وَكَأَيِّنْ مِنْ نَبِيٍّ قَاتَلَ مَعَهُ رِبِّيُّونَ كَثِيرٌ فَمَا وَهَنُوا لِمَا أَصَابَهُمْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَمَا ضَعُفُوا وَمَا اسْتَكَانُوا وَاللَّهُ يُحِبُّ الصَّابِرِينَ (١٤٦) وَمَا كَانَ قَوْلَهُمْ إِلَّا أَنْ قَالُوا رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَإِسْرَافَنَا فِي أَمْرِنَا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانْصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ (١٤٧) فَآتَاهُمُ اللَّهُ ثَوَابَ الدُّنْيَا وَحُسْنَ ثَوَابِ الْآخِرَةِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ (١٤٨) يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنْ تُطِيعُوا الَّذِينَ كَفَرُوا يَرُدُّوكُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ فَتَنْقَلِبُوا خَاسِرِينَ (١٤٩) بَلِ اللَّهُ مَوْلَاكُمْ وَهُوَ خَيْرُ النَّاصِرِينَ (١٥٠) سَنُلْقِي فِي قُلُوبِ الَّذِينَ كَفَرُوا الرُّعْبَ بِمَا أَشْرَكُوا بِاللَّهِ مَا لَمْ يُنَزِّلْ بِهِ سُلْطَانًا وَمَأْوَاهُمُ النَّارُ وَبِئْسَ مَثْوَى الظَّالِمِينَ﴾ [آل عمران: ١٤٤ - ١٥١] . وقد تكلمنا على ذلك مستقصى في كتابنا "التفسير" (١) وللَّه الحمد. وقد خطب الصدِّيق، (رضي الله عنه) ، في أول مقامٍ قامه بعد وفاة رسول اللَّه ﷺ فقال: أيها الناس، من كان يعبد محمدًا فإن محمدًا قد مات، ومن كان يعبد اللَّه فإن اللَّه حيٌّ لا يموت. ثم تلا هذه الآية: ﴿وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ﴾ الآية. قال: فكأنّ الناس لم يسمعوها قبل ذلك، فما من الناس أحدٌ إلا يتلوها. وروى البيهقيّ في "دلائل النبوة" (٢) من طريق ابن نجيحٍ، عن أبيه قال: مرّ رجلٌ من المهاجرين يوم أحدٍ على رجل من الأنصار، وهو يتشحّط في دمه، فقال له: يا فلان، أشعرت أن محمدًا قد قتل؟ فقال الأنصاريّ: إن كان محمدٌ ﷺ قد قتل فقد بلّغ الرسالة، فقاتلوا عن دينكم. فنزل [قوله تعالى] : ﴿وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ﴾ الآية، ولعل هذا الأنصاريّ هو أنس بن النّضر، (رضي الله عنه) ، وهو عمّ أنس بن مالكٍ. قال الإمام أحمد (٣) : ثنا يزيد، ثنا حميدٌ، عن أنسٍ أن عمّه غاب عن قتال بدرٍ فقال: غبت عن أول قتالٍ قاتله النبيّ ﷺ للمشركين، لئن أشهدني اللَّه قتالًا للمشركين ليرينّ اللَّه (٤) ما أصنع. فلما كان يوم أحدٍ انكشف المسلمون، فقال: [اللهم] إني أعتذر إليك مما صنع هؤلاء -يعني أصحابه- وأبرأ إليك مما جاء به هؤلاء -يعني المشركين- ثم تقدم، فلقيه سعد بن معاذٍ دون أحدٍ، فقال سعدٌ: أنا معك. قال سعدٌ: فلم أستطع أصنع ما صنع. فوجد فيه بضعٌ وثمانون من بين ضربةٍ بسيف، وطعنةٍ برمحٍ، ورميةٍ بسهمٍ. قال: فكنا نقول: فيه وفي أصحابه نزلت: ﴿فَمِنْهُمْ مَنْ قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْتَظِرُ﴾ [الأحزاب: ٢٣] .
(١) انظر "تفسير القرآن العظيم" للمؤلف (٢/ ١٠٨) وما بعدها. (٢) رواه البيهقي في "دلائل النبوة" (٣/ ٢٤٨). (٣) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ٢٠١). (٤) لفظ الجلالة لم يرد في (ط).

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