Al-Waqidî (1) rapporta, d’après Ibn Abî Sabrah, d’après Ishâq ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Furwah, d’après Abû al-Huwairith, d’après Nâfi‘ ibn Jubayr, qui dit : « J’ai entendu un homme parmi les Émigrés (al-Muhâjirûn) déclarer : “J’ai assisté à la bataille d’Uhud et j’ai vu les flèches fuser de toutes parts, tandis que le Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— se tenait au milieu d’elles et qu’elles étaient toutes détournées loin de lui.” »
Il poursuivit : « J’ai également vu ‘Abd Allâh ibn Shihâb az-Zuhrî s’écrier ce jour-là : “Montrez-moi Muhammad ! Je ne survivrai pas s’il en réchappe.” Or le Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— se trouvait juste à côté de lui, sans qu’aucun compagnon ne fût avec lui. Puis il passa son chemin, et Safwân ibn Umayyah le réprimanda pour cela. Ibn Shihâb répondit : “Par Dieu, je ne l’ai pas vu ! Je jure par Dieu qu’il est protégé contre nous. Nous sommes sortis à quatre, avons fait entre nous un pacte pour le tuer, mais nous n’avons pu l’atteindre.” »
Al-Waqidî (2) dit : « Ce qui est établi chez nous (3), c’est que celui qui a touché la joue du Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— est Ibn Qum’ah, et que celui qui a atteint sa lèvre et brisé sa dent incisive (ar-rubâ‘iyyah) est ‘Utbah ibn Abî Waqqâs —Ibn Ishâq a déjà rapporté quelque chose de semblable—, et la dent incisive cassée du Prophète —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— était l’inférieure droite. »
Ibn Ishâq (4) raconta : « Sâlih ibn Kaysân m’a rapporté, d’après celui qui le lui avait transmis, d’après Sa‘d ibn [Abî] Waqqâs, lequel dit : “Je n’ai jamais autant souhaité tuer un homme que j’ai souhaité tuer ‘Utbah ibn Abî Waqqâs. À ma connaissance, c’était un homme au mauvais caractère, détesté par les siens. Ce qui m’a suffi à son sujet, c’est la parole du Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— : ‘La colère de Dieu s’est aggravée contre celui qui a fait saigner le visage de Son Messager.’” »
‘Abd ar-Razzâq (6) rapporta : « Ma‘mar me transmit, d’après az-Zuhrî et ‘Uthmân al-Jazarî, d’après Maqsim, que le Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— invoqua contre ‘Utbah ibn Abî Waqqâs le jour d’Uhud, lorsque celui-ci lui brisa sa dent incisive et fit saigner son visage : “Ô mon Dieu, ne laisse pas s’écouler une année complète avant qu’il ne meure en mécréant.” Il ne s’écoula effectivement pas un an avant qu’il ne meure en mécréant pour finir en Enfer. »
Abû Sulaymân al-Juzjânî dit : « Muhammad ibn al-Hasan nous raconta, et Ibrâhîm ibn Muhammad me raconta, et Ibn ‘Abd Allâh ibn Muhammad ibn Abî Bakr ibn Hazm me raconta, d’après son père, d’après Abû Umâmah ibn Sahl ibn Hunayf, que le Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— soigna son visage le jour d’Uhud avec un vieil os.” »
C’est un hadith singulier que j’ai trouvé dans le livre “al-Maghâzî” d’al-Umawî, au sujet de la bataille d’Uhud.
Lorsque ‘Abd Allâh ibn Qum’ah infligea au Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— ce qu’il lui infligea, il s’en retourna en clamant : « J’ai tué Muhammad ! » Alors, Satan, surnommé Azabb al-‘Aqabah, poussa ce jour-là le plus fort cri qu’il pût : « Sachez que Muhammad a été tué ! »
Un grand émoi saisit alors les musulmans, et nombre d’entre eux crurent la nouvelle, si bien qu’ils s’obstinèrent à combattre pour défendre l’Islam jusqu’à mourir dans le même état où le Messager de Dieu —que la prière et la paix de Dieu soient sur lui— était supposé avoir péri.