Alors Dieu fit descendre : « Il ne t’appartient en rien de décider de l’affaire, qu’Il accepte leur repentir ou qu’Il les châtie, car ils sont des injustes » [Sourate Âl ‘Imrân, verset 128].
Muslim (1) l’a rapporté, d’après Al-Qa‘nabi, qui le tenait de Hammad ibn Salama. L’imam Ahmad (2) l’a également rapporté, d’après Hushaym et Yazîd ibn Hârûn, eux-mêmes d’après Humayd, d’après Anas. Celui-ci raconta que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) eut une incisive cassée le jour de la bataille de Uhud, et qu’il fut blessé au front au point que le sang coula sur son visage. Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’exclama : « Comment un peuple peut-il réussir alors qu’il inflige cela à son Prophète, tandis qu’il les appelle à leur Seigneur ? » Alors Dieu, exalté soit-Il, fit descendre : « Il ne t’appartient en rien de décider de l’affaire… » jusqu’à la fin du verset.
Al-Bukhârî (3) a dit : Qutayba nous a rapporté, d’après Ya‘qûb, d’après Abû Hâzim, qu’il entendit Sahl ibn Sa‘d à qui l’on demandait au sujet de la blessure du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). [Il dit : « Par Dieu, je sais qui lavait la blessure du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), qui versait l’eau, et de quel remède on se servit. »] Il déclara : « Fâtima, la fille du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), lavait sa blessure, tandis qu’Ali versait l’eau avec un bouclier. Mais voyant que l’eau ne faisait qu’augmenter le saignement, elle prit un morceau de natte, le brûla [et l’appliqua], ce qui permit d’arrêter le sang. Ce jour-là, on lui cassa une incisive, on lui entailla le visage et on brisa le casque qu’il portait sur la tête. »
Abû Dâwud At-Tayâlisî (4), dans son « Musnad », rapporte d’après Ibn Al-Mubârak, lui-même d’après Is hâq ibn Yahyâ ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh, qui raconta : « ‘Îsâ ibn Talha apprit d’‘Â’isha, Mère des Croyants (qu’Allâh l’agrée), qu’Abû Bakr, lorsqu’il évoquait le jour de Uhud, se mettait à pleurer puis disait : “Ce fut un jour tout entier consacré à Talha.” Ensuite il se mit à raconter : “J’ai été le premier à revenir auprès (du Prophète) le jour de Uhud. J’ai alors vu un homme combattre aux côtés du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), le protégeant, — il me semble qu’il disait : ‘défendant le Prophète’ — et je fus saisi de regret pour ce que j’avais manqué. Je me dis : ‘Puisse cet homme être Talha ; or il s’avéra que c’était un homme de ma tribu, ce qui me réjouit davantage.’ Entre moi et la direction de l’est, se tenait un homme que je ne reconnaissais pas et j’étais plus proche du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) que lui. Il avançait d’un pas vif, bien plus vif que moi ; c’était Abû ‘Ubayda ibn Al-Jarrâh. Nous arrivâmes auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) : on lui avait cassé une incisive, blessé le visage, et deux anneaux de sa cotte de mailles s’étaient enfoncés dans sa joue. Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) nous dit : ‘Occupez-vous de votre compagnon (Talha).’ Celui-ci avait perdu beaucoup de sang, mais nous ne prîmes pas garde à ses propos. Je m’approchai pour enlever les anneaux du visage du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Abû ‘Ubayda me dit : ‘Je t’en conjure, laisse-moi faire !’ Il répugnait à les ôter avec la main, de peur de blesser davantage le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il les saisit alors avec ses dents, puis réussit à retirer un premier anneau qui lui emporta une incisive. Je voulus faire de même, mais il me dit encore : ‘Je t’en conjure, laisse-moi faire !’ et il répéta le même geste, arrachant le second anneau et, avec lui, une autre de ses incisives. À partir de ce jour, Abû ‘Ubayda (qu’Allâh l’agrée) fut l’homme le plus beau malgré ses dents manquantes. Après avoir soigné le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), nous nous rendîmes auprès de Talha, dans l’un des creux du terrain : il avait reçu plus de soixante-dix blessures entre coups de lance, de flèche et de sabre, et il avait un doigt sectionné. Nous le soignâmes alors.” »