Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se trouvait le jour de la bataille d’Uhud, tandis que le Prophète (ﷺ) se tenait derrière Abou Talha qui lui servait de bouclier. Abou Talha était un archer ; lorsqu’il décochait une flèche, le Messager de Dieu (ﷺ) se dressait pour voir où elle retombait. Alors Abou Talha redressait la poitrine et disait : « Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi, ô Messager de Dieu, qu’aucune flèche ne t’atteigne. Ma gorge plutôt que la tienne. » Abou Talha s’exposait (1) devant le Messager de Dieu (ﷺ) en disant : « Je suis robuste, ô Messager de Dieu. Envoie-moi pour tes besoins et ordonne-moi ce que tu voudras. »

Al-Bukhârî (2) rapporte : « Abou Ma‘mar nous a rapporté, ‘Abd al-Wârith nous a rapporté, ‘Abd al-‘Azîz nous a rapporté, d’après Anas qui a dit : “Le jour d’Uhud, les gens s’enfuirent en laissant le Prophète (ﷺ). Cependant, Abou Talha se tenait devant le Messager de Dieu (ﷺ), le couvrant avec son bouclier. Abou Talha était un excellent archer, doué d’une forte détente, et, ce jour-là, il brisa deux ou trois arcs. Un homme passait près de lui avec un carquois plein de flèches et disait : ‘Videz-le pour Abou Talha.’”” »

Anas poursuit : « Le Prophète (ﷺ) se penchait pour observer l’ennemi, alors Abou Talha disait : “Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi. Ne te penche pas, qu’une flèche de l’ennemi ne te touche pas. Ma gorge plutôt que la tienne.” J’ai vu Aïcha, la fille d’Abou Bakr, et Oum Sulaym, le bas de leurs jambes découvert, porter à la hâte des outres d’eau sur leur dos, puis les vider dans la bouche des combattants. Elles repartaient alors en remplir d’autres, revenaient et les déversaient encore dans la bouche des gens qui combattaient. L’épée tomba des mains d’Abou Talha une ou deux, voire trois fois ce jour-là. »

Al-Bukhârî (3) a également dit : « Khalifa m’a rapporté : “Yazîd ibn Zuray‘ nous a rapporté, Sa‘îd nous a rapporté, d’après Qatâda, d’après Anas, d’après Abou Talha qui a dit : ‘J’étais parmi ceux qui furent pris de somnolence le jour d’Uhud, au point que mon épée tomba de ma main à plusieurs reprises : elle tombait, je la ramassais, elle retombait, je la ramassais.’” » C’est ainsi qu’al-Bukhârî l’a rapporté de manière suspendue, mais avec certitude. Ce récit est appuyé par la parole de Dieu – Exalté soit-Il :

« Puis, après l’angoisse, Il a fait descendre sur vous la quiétude, un assoupissement qui recouvrait un groupe d’entre vous, tandis qu’un autre groupe s’inquiétait plutôt pour lui-même, en concevant à l’égard de Dieu des pensées de l’ère de l’ignorance. Ils disaient : “Avons-nous quelque part dans cette affaire ?” Dis : “L’Affaire tout entière appartient à Dieu.” Ils cachent en eux-mêmes ce qu’ils ne te révèlent pas. Ils disent : “Si nous avions eu quelque part dans cette affaire, nous n’aurions pas été tués ici.” Dis : “Même si vous étiez restés dans vos maisons, ceux à qui la mort était destinée seraient sortis pour aller à l’endroit où ils devaient mourir, afin que Dieu éprouve ce qu’il y a dans vos poitrines et afin de purifier ce que vous avez dans vos cœurs. Dieu connaît parfaitement le contenu des cœurs.” (154) Ceux d’entre vous qui ont tourné le dos le jour de la rencontre des deux troupes, ce n’est autre que Satan qui les a fait trébucher à cause d’une partie de ce qu’ils avaient acquis. Dieu leur a déjà pardonné, car Dieu est Pardonneur et Indulgent. » [Al-‘Imrân, 154-155].

Al-Bukhârî (4) rapporte aussi : « ‘Abdân (5) nous a rapporté, Abou Hamza nous a rapporté, d’après ‘Othmân ibn Mohaib, qui a dit : “Un homme vint accomplir le pèlerinage à la Maison sacrée. Il vit un groupe de personnes assises et dit : ‘Qui sont ces gens-là ?’ Ils répondirent : ‘Ce sont les Qouraych.’ Il demanda : ‘Qui est ce vieil homme parmi eux ?’ Ils dirent : ‘C’est Ibn ‘Oumar.’ Alors il s’approcha de lui et dit : ‘Je vais te poser une question. M’en informerais-tu ? Je t’adjure par la sacralité de cette Maison. Sais-tu qu’‘Othmân ibn…’ »

(1) C’est-à-dire qu’il se mettait en avant et se proposait en première ligne pour défendre et assister le Prophète (ﷺ).

(1) C'est-à-dire : il la soumet à la peine de mort. (2) Rapporté par al-Bukhârî, n° 4064. (3) Dans son Sahîh, n° 4068, en commentaire. (4) Dans son Sahîh, n° 4066. (5) C'est son surnom ; son nom complet est « ʿAbd Allâh ibn ʿUthmân ibn Jiblah ibn Abî Rawwâd al-ʿAtalî al-Marwazî Abû ʿAbd al-Rahmân ».
رسول اللَّه ﷺ يوم أحدٍ، والنبيّ ﷺ خلفه يتترّس به، وكان راميًا، وكان إذا رمى رفع رسول اللَّه ﷺ شخصه ينظر أين يقع سهمه، ويرفع أبو طلحة صدره ويقول: هكذا بأبي أنت وأمي يا رسول اللَّه، لا يصيبك سهمٌ، نحري دون نحرك. وكان أبو طلحة يشور نفسه (١) بين يدي رسول اللَّه ﷺ ويقول: إني جلدٌ يا رسول اللَّه، فوجّهني في حوائجك، ومرني بما شئت. وقال البخاريّ (٢) : حدّثنا أبو معمرٍ، حدّثنا عبد الوارث، حدّثنا عبد العزيز، عن أنسٍ قال: لما كان يوم أحدٍ انهزم الناس عن النبيّ ﷺ ، وأبو طلحة بين يدي رسول اللَّه ﷺ مجوِّبٌ عليه بحجفةٍ له، وكان أبو طلحة رجلًا راميًا شديد النّزع، كسر يومئذٍ قوسين أو ثلاثًا، وكان الرجل يمرّ معه بجعبةٍ من النّبل فيقول: انثرها لأبي طلحة. قال: ويشرف النبيّ ﷺ ينظر إلى القوم، فيقول أبو طلحة: بأبي أنت وأمي، لا تشرفْ يُصِبكَ سهم من سهام القوم، نحري دون نحرك، ولقد رأيت عائشة بنت أبي بكرٍ، وأمّ سليمٍ وإنهما لمشمرتان، أرى خدم سوقهما، تَنْقُزان القِرب على متونهما، تفرغانه في أفواه القوم، ثم ترجعان فتملآنها، ثم تجيئان فتفرغانه في أفواه القوم، ولقد وقع السيف من يدي أبي طلحة إما مرتين وإما ثلاثًا. قال البخاريّ (٣) : وقال لي خليفة: حدّثنا يزيد بن زريعٍ، حدّثنا سعيدٌ، عن قتادة، عن أنسٍ، عن أبي طلحة قال: كنت فيمن تغشّاه النّعاس يوم أحدٍ حتى سقط سيفي من يدي مرارًا، يسقط وآخذه، ويسقط فآخذه. هكذا ذكره البخاريّ معلّقًا بصيغة الجزم، ويشهد له قوله تعالى: ﴿ثُمَّ أَنْزَلَ عَلَيْكُمْ مِنْ بَعْدِ الْغَمِّ أَمَنَةً نُعَاسًا يَغْشَى طَائِفَةً مِنْكُمْ وَطَائِفَةٌ قَدْ أَهَمَّتْهُمْ أَنْفُسُهُمْ يَظُنُّونَ بِاللَّهِ غَيْرَ الْحَقِّ ظَنَّ الْجَاهِلِيَّةِ يَقُولُونَ هَلْ لَنَا مِنَ الْأَمْرِ مِنْ شَيْءٍ قُلْ إِنَّ الْأَمْرَ كُلَّهُ لِلَّهِ يُخْفُونَ فِي أَنْفُسِهِمْ مَا لَا يُبْدُونَ لَكَ يَقُولُونَ لَوْ كَانَ لَنَا مِنَ الْأَمْرِ شَيْءٌ مَا قُتِلْنَا هَاهُنَا قُلْ لَوْ كُنْتُمْ فِي بُيُوتِكُمْ لَبَرَزَ الَّذِينَ كُتِبَ عَلَيْهِمُ الْقَتْلُ إِلَى مَضَاجِعِهِمْ وَلِيَبْتَلِيَ اللَّهُ مَا فِي صُدُورِكُمْ وَلِيُمَحِّصَ مَا فِي قُلُوبِكُمْ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُورِ (١٥٤) إِنَّ الَّذِينَ تَوَلَّوْا مِنْكُمْ يَوْمَ الْتَقَى الْجَمْعَانِ إِنَّمَا اسْتَزَلَّهُمُ الشَّيْطَانُ بِبَعْضِ مَا كَسَبُوا وَلَقَدْ عَفَا اللَّهُ عَنْهُمْ إِنَّ اللَّهَ غَفُورٌ حَلِيمٌ﴾ [آل عمران: ١٥٤ - ١٥٥] . قال البخاريّ (٤) : ثنا عبدان (٥) ، ثنا أبو حمزة، عن عثمان بن موهبٍ قال: جاء رجلٌ حجّ البيت فرأى قومًا جلوسًا، فقال: من هؤلاء القعود؟ قالوا: هؤلاء قريشٌ. قال: من الشيخ؟ قالوا: ابن عمر. فأتاه فقال: إني سائلك عن شيءٍ أتحدّثني؟ قال: أنشدك بحرمة هذا البيت، أتعلم أنّ عثمان بن
(١) أي: يعرضها على القتل. (٢) رواه البخاري رقم (٤٠٦٤). (٣) في "صحيحه" رقم (٤٠٦٨) تعليقًا. (٤) في "صحيحه" رقم (٤٠٦٦). (٥) وهو لقبه، واسمه "عبد اللَّه بن عثمان بن جبلة بن أبي روَّاد العَتَلي المروزي أبو عبد الرحمن".

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