Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit : « Ô menteur, où penses-tu fuir ? » Puis il se rua sur lui, mais le Prophète (ﷺ) le poignarda à l’ouverture de sa cotte de mailles, ne lui infligeant qu’une blessure légère. Il s’écroula alors en poussant le mugissement d’un taureau. On l’emporta et on lui dit : « Tu n’as qu’une égratignure, pourquoi es-tu si anxieux ?» Il répondit : « N’a-t‑il pas dit : “Je te tuerai” ? S’il avait eu affaire à l’ensemble des tribus de Rabīʿa et de Muḍar, il les aurait toutes tuées. » Il ne survécut pas plus d’un jour, voire moins, avant de mourir de cette blessure. Une rumeur se propagea alors selon laquelle le Messager d’Allah (ﷺ) avait été tué.

Certains de ceux qui étaient au rocher dirent : « Si seulement nous avions un émissaire pour aller trouver ʿAbd Allāh ibn Ubayy, afin qu’il nous obtienne la sécurité de la part d’Abū Sufyān ! Ô gens, Mohammad a été tué ; retournez donc vers les vôtres avant qu’ils ne viennent vous massacrer. » Anas ibn an‑Naḍr rétorqua : « Ô mon peuple, si Mohammad (ﷺ) a réellement été tué, sachez que le Seigneur de Mohammad n’a pas été tué, Lui ; combattez donc pour la même cause que celle de Mohammad (ﷺ). Ô mon Dieu, je Te demande pardon pour ce que disent ceux-là, et je me désolidarise de l’attitude de ceux-ci. » Il brandit alors son épée et livra bataille jusqu’à être tué.

Pendant ce temps, le Messager d’Allah (ﷺ) appelait les gens et avança jusqu’à parvenir aux hommes qui se trouvaient au rocher. Lorsqu’ils le virent, l’un d’eux saisit une flèche et voulut (1) tirer, mais le Prophète (ﷺ) dit : « Je suis le Messager d’Allah. » Ils se réjouirent de le trouver sain et sauf, et lui-même se réjouit de voir qu’ils pouvaient encore se défendre. Quand ils se rassemblèrent avec le Messager d’Allah (ﷺ) parmi eux, leur tristesse se dissipa. Ils se mirent alors à parler de la victoire espérée, de ce qu’ils avaient manqué et de leurs compagnons tombés au combat. À propos de ceux qui disaient : « Mohammad a été tué, retournez donc vers les vôtres », Allah (Exalté soit-Il) révéla : « Et Mohammad n’est qu’un messager ; des messagers avant lui sont déjà passés. S’il mourait ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? » [Āl ʿImrān : 144] (2).

Puis Abū Sufyān s’approcha au point d’apparaître à leurs yeux. En le voyant, ils oublièrent leurs propos précédents, et ne pensèrent plus qu’à l’ennemi. Le Messager d’Allah (ﷺ) déclara : « Ils ne doivent pas prendre le dessus sur nous. Ô Allah, si cette troupe est détruite, plus personne ne T’adorera sur terre. » Il incita alors ses compagnons à les bombarder de pierres, ce qui finit par les faire reculer.

Ce jour-là, Abū Sufyān s’exclama : « Gloire à Houbal ! Ḥanẓala pour Ḥanẓala, et le jour de Uḥud pour celui de Badr ! » Il raconta le reste de l’histoire. C’est un récit très singulier, qui comporte sur certains points des éléments discutables, et Allah est plus Savant (3).

Ibn Hishām (4) rapporte le récit transmis par Rabīḥ ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Saʿīd, d’après son père, d’après Abū Saʿīd, selon lequel ʿUtba ibn Abī Waqqāṣ aurait jeté une pierre sur le Prophète (ﷺ), lui cassant la dent incisive inférieure droite et lui blessant la lèvre inférieure ; ʿAbd Allāh ibn Shihāb az-Zuhrī l’aurait blessé au front (5), et ʿAbd Allāh ibn Qum’a lui aurait entaillé la joue, faisant pénétrer deux anneaux de sa coiffe de mailles dans sa joue. Le Prophète (ﷺ) tomba ensuite dans l’une des fosses creusées par Abū ʿĀmir pour piéger les musulmans, alors qu’ils n’en avaient pas connaissance. ʿAlī ibn Abī Ṭālib (qu’Allah l’agrée) saisit alors la main du Prophète (ﷺ) et Ṭalḥa ibn ʿUbayd Allāh le soutint jusqu’à ce qu’il puisse se relever. Ensuite, Mālik ibn Sinān, le père d’Abū Saʿīd, aspira le sang du visage du Prophète (ﷺ) avant de l’avaler (6). Le Prophète (ﷺ) déclara alors : « Quiconque entre en contact avec mon sang ne sera pas touché par le Feu. »

(1) Sa phrase « il voulut que » ne figure pas dans (T). (2) Le copiste de (T) a cité le verset jusqu’à « ... avant lui les messagers » et l’a complété celui de (A). (3) Dans (T) : « et en lui une négation » seulement. (4) Voir « La Sîra du Prophète » d’Ibn Hichâm (2/80). (5) Dans (A) : « sur son visage » et ce qui est dans (T) concorde avec ce qui figure dans « La Sîra du Prophète » d’Ibn Hichâm, source de l’auteur. (6) C’est-à-dire : il l’a avalé.
فقال: يا كذاب، أين تفرّ؟. فحمل عليه، فطعنه النبيّ ﷺ في جيب الدّرع، فجرح جرحًا خفيفًا، فوقع يخور خُوار الثّور، فاحتَمَلوه وقالوا: ليس بك جراحةٌ، فما يجزعك؟ قال: أليس قال: "لأقتلنّك" ؟ لو كانت بجميع ربيعة ومضر لقتلتهم. فلم يلبث إلّا يومًا أو بعض يومٍ حتى مات من ذلك الجرح، وفشا في الناس أنَّ رسول اللَّه ﷺ قد قُتل، فقال: بعض أصحاب الصخرة: ليت لنا رسولًا إلى عبد اللَّه بن أُبيّ، فيأخذ لنا أمنةً من أبي سفيان، يا قوم، إنّ محمدًا قد قتل، فارجعوا إلى قومكم قبل أن يأتوكم فيقتلُوكم. فقال أنس بن النضر: يا قوم، إن كان محمدٌ قد قتل، فإن ربّ محمدٍ لم يقتل، فقاتلوا على ما قاتل عليه محمدٌ ﷺ ، اللهمّ إنّي أعتذر إليك ممّا يقول هؤلاء، وأبرأ إليك ممّا جاء به هؤلاء. ثم شدّ بسيفه فقاتل حتى قتل، وانطلق رسول اللَّه ﷺ يدعو الناس، حتى انتهى إلى أصحاب الصخرة، فلمّا رأوه وضع رجلٌ سهمًا في قوسه، فأراد أن (١) يَرْميه، فقال: "أنا رسول اللَّه" . ففرحوا بذلك حين وجدوا رسول اللَّه ﷺ ، وفرح رسول اللَّه ﷺ حين رأى [أنّ] في أصحابه من يمتنع [به] ، فلمّا اجتمعوا وفيهم رسول اللَّه ﷺ ، ذهب عنهم الحزْن، فأقبلوا يذكرون الفتح وما فاتهم منه، ويذكرون أصحابهم الذين قتلوا، فقال اللَّه – Exalté soit-Il – ، في الذين قالوا: إن محمدًا قد قتل، فارجعوا إلى قومكم: ﴿وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ﴾ الآية [آل عمران: ١٤٤] (٢) فأقبل أبو سفيان حتى أشرف عليهم، فلمّا نظروا إليه نسوا ذلك الذي كانوا عليه، وهمّهم أبو سفيان، فقال رسول اللَّه ﷺ : "ليس لهم أن يعلونا، اللهمّ إن تقتل هذه العصابة، لا تعبد في الأرض" . ثم ندب أصحابه فرموهم بالحجارة حتى أنزلوهم، فقال أبو سفيان يومئذٍ: اعل هبل، حنظلة بحنظلة، ويوم أحدٍ بيوم بدر. وذكر تمام القصّة. وهذا غريبٌ جدًا، وفي بعضه نكارةٌ، واللَّه أعلم (٣) . قال ابن هشامٍ (٤) : وزعم ربيح بن عبد الرحمن بن أبي سعيدٍ [عن أبيه، عن أبي سعيدٍ] أنّ عتبة بن أبي وقَّاصٍ رمى رسول اللَّه ﷺ فكسر رباعيته اليمنى السّفلى، وجرح شفته السّفلى، وأنّ عبد اللَّه بن شهابٍ الزّهريّ شجّه في جبهته (٥) ، وأنّ [عبد اللَّه] بن قمئة جرح وجنته، فدخلت حلْقتان من حلق المغفر في وجنته، ووقع رسول اللَّه ﷺ في حفرةٍ من الحفر التي عمل أبو عامرٍ؛ ليقع فيها المسلمون وهم لا يعلمون، فأخذ عليّ بن أبي طالبٍ بيده ﷺ ، ورفعه طلحة بن عبيد اللَّه حتى استوى قائمًا، ومصّ مالك بن سنانٍ، أبو أبي سعيدٍ، الدَّم من وجه رسول اللَّه ﷺ ثم ازدرده (٦) ، فقال: "من مسّ دمه دمي لم تصبه النَّار" .
(١) قوله: "فأراد أن" لم يرد في (ط). (٢) أورد ناسخ (ط) الآية إلى قوله تعالى: ﴿. . . مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ﴾ وأتممها ناسخ (أ). (٣) في (ط): "وفيه نكارة" فقط. (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٨٠). (٥) في (أ): "في وجهه" وما جاء في (ط) موافق لما في "السيرة النبوية" لابن هشام مصدر المؤلف. (٦) أي: ابتلعه.

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