Il dit :
« Gabriel est descendu puis m’a dirigé dans la prière. J’ai prié avec lui, puis de nouveau, puis encore, puis encore, comptant sur ses doigts cinq prières. »
Quant à la description d’Isrâfîl (– paix sur lui –), l’un des porteurs du Trône, c’est lui qui souffle dans la Trompe (aṣ-ṣûr) par ordre de son Seigneur en trois souffles : le premier est le Souffle de la frayeur, le deuxième est le Souffle d’anéantissement, et le troisième est le Souffle de la résurrection, comme cela sera expliqué en son lieu dans cet ouvrage, avec l’aide, la puissance et la bonne direction de Dieu.
La Trompe est une corne dans laquelle on souffle ; chaque partie circulaire de celle-ci équivaut à l’espace entre le ciel et la terre, et il s’y trouve l’emplacement des âmes des serviteurs lorsque Dieu ordonne de souffler pour la Résurrection. Ainsi, lorsque l’Ange souffle, les âmes en jaillissent, flamboyantes. Alors le Seigneur (– glorifié soit Sa majesté –) déclare : « Par Ma puissance et Ma majesté, chacune d’elles devra regagner le corps qu’elle habitait dans la vie d’ici-bas. » Les âmes retournent donc dans les dépouilles dans leurs tombes et s’y infiltrent comme un poison dans le corps d’un mordu, redonnant vie aux corps qui se lèvent alors de leurs sépulcres pour en sortir promptement vers le lieu du rassembler (maḥshar), comme cela sera détaillé plus loin (1).
C’est pourquoi le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Comment pourrais-je goûter au repos alors que le gardien de la Trompe l’a déjà portée à sa bouche, a courbé son front et attend qu’on lui ordonne de souffler ? » Ils demandèrent : « Que devons-nous dire, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Dites : “Dieu nous suffit ; Il est le Meilleur garant. C’est en Dieu que nous plaçons notre confiance.” » Rapporté par Aḥmad et at-Tirmidhî, d’après le récit de ‘Aṭiyya al-‘Awfî, selon Abû Sa‘îd al-Khudrî (2).
L’imam Aḥmad (3) a déclaré : « Nous a relaté Abû Mu‘âwiya, d’après al-A‘mash, d’après Sa‘d aṭ-Ṭâ’î, d’après ‘Aṭiyya al-‘Awfî, d’après Abû Sa‘îd, qui a dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) a mentionné le détenteur de la Trompe, précisant : à sa droite se tient Gabriel et à sa gauche se tient Mika’îl (– paix sur eux –). »
Le ḥâfiẓ Abû al-Qâsim aṭ-Ṭabarânî (4) rapporte également : « Nous a relaté Muḥammad ibn ‘Abd Allâh al-Ḥaḍramî, qui tient de Muḥammad ibn ‘Umar ibn Abî Laylâ. Celui-ci a dit : “Mon père m’a transmis d’après Ibn Abî Laylâ, d’après al-Ḥakam, d’après Muqsim, d’après Ibn ‘Abbâs, que, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) se trouvait en un lieu avec Gabriel, l’horizon du ciel se fendit soudain et Isrâfîl (5) apparut s'avançant vers la terre, se balançant. Puis un Ange vint se placer devant le Prophète (ﷺ) et dit : ‘Ô Muḥammad ! Dieu te donne à choisir entre être un Prophète-Serviteur ou un Prophète-Roi.’ Alors Gabriel me fit signe de la main de faire preuve d’humilité. J’ai compris qu’il me conseillait sincèrement, et j’ai répondu : ‘Un Prophète-Serviteur.’ Cet Ange remonta alors au ciel. Puis je dis : ‘Ô Gabriel, je voulais t’interroger à ce sujet, mais ce que j’ai vu de ton état m’a distrait de ma question.’” »