Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Hassan ibn Thâbit dit alors (1) :

« Vous vous êtes enorgueillis du drapeau, et quel funeste orgueil !
Un drapeau qui, lorsqu’il fut rendu, retourna à l’humiliation.
Vous avez fait reposer votre fierté sur un esclave…
Et plus vil est celui qui s’abaisse jusqu’à la poussière.
Vous avez pensé – et l’insensé a bien ses chimères –
Pourtant ce n’est guère la voie de la droiture,
Que notre combat, le jour où nous nous sommes affrontés à La Mecque,
Se réduisît à l’écoulement de vos marchandises pourpres.
Que mes yeux se réjouissent de voir ses mains liées,
Car ce ne sont pas des liens noués pour une teinture de fête. »

Et Hassan ibn Thâbit dit encore à propos du fait qu’‘Amra bint ‘Alqama avait brandi pour eux l’étendard (2) :

« Quand ‘Adhal (semblables à des bêtes qu’on mène devant nous)
S’avança vers nous, telles une fauvette (3) prise au piège (4),
Nous leur avons opposé des assauts sévères et destructeurs,
Nous les avons cernés à coups de sabre de toutes parts.
Sans l’étendard brandi par la femme de la lignée al-Hârithiyya,
Ils eussent été vendus sur les marchés, comme de simples captifs. »

Ibn Ishâq rapporta : « Les musulmans furent alors mis en déroute, et l’ennemi leur infligea des pertes. Ce fut un jour d’épreuve et d’expiation ; Dieu y accorda la dignité du martyre à qui Il voulut honorer. L’ennemi parvint jusqu’au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), le cribla de pierres, si bien qu’il tomba sur son flanc : une de ses dents fut cassée, son visage fut blessé, et sa lèvre fut entaillée. Celui qui le frappa ainsi fut ‘Utba ibn Abî Waqqâs. »

Hamîd at-Tawîl (5) m’a rapporté d’après Anas ibn Mâlik : « La dent incisive du Prophète (que Dieu le couvre de bénédiction et de paix) fut cassée le jour d’Uhud ; il fut blessé au visage, et le sang coulait sur son visage. Il essuyait ce sang en disant : “Comment un peuple prospérerait-il, alors qu’il ensanglante le visage de son Prophète tandis qu’il les appelle à Dieu ?” Alors Dieu révéla : “Tu n’as aucune part dans cette affaire. Dieu peut soit accueillir leur repentir, soit les châtier, car ils sont réellement des injustes.” [Al ‘Imrân : 128]. »

Ibn Jarîr raconta dans son “Târikh” (6) : « Muhammad ibn al-Husayn nous a transmis, par Ahmad ibn al-Mufaddal (7), par l’intermédiaire d’Asbât, d’après as-Suddî : Ibn Qum’ah al-Hârithî se dirigea vers le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de bénédiction et de paix), et lui jeta une pierre qui lui brisa le nez et l’une de ses dents, le blessant profondément au visage. Ses compagnons se dispersèrent loin de lui, certains rejoignirent la ville, d’autres montèrent sur le rocher au flanc de la montagne. Le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de bénédiction et de paix) continuait d’appeler : “À moi, serviteurs de Dieu ! À moi, serviteurs de Dieu !” Trente hommes se rassemblèrent autour de lui, avançant devant lui, mais personne ne demeura ferme auprès de lui hormis Talha et Sahl ibn Hunayf. Talha le protégea, puis fut atteint au bras par une flèche, qui paralysa son bras. Ubayy ibn Khalaf al-Jumahî s’approcha alors, ayant juré de tuer le Prophète (que Dieu le couvre de bénédiction et de paix). Le Prophète dit : “Non, c’est plutôt moi qui le tuerai.” »

(1) Les vers se trouvent dans son "Dīwān" (1/367) et dans la "Sīra an-Nabawiyya" (2/78). (2) Les vers se trouvent dans son "Dīwān" (1/127) et dans la "Sīra an-Nabawiyya" (2/79). (3) Al-Jadāya : le jeune gazelle. (4) Voir la "Sīra an-Nabawiyya" d'Ibn Hichām (2/79). (5) Le passage sera évoqué plus loin dans ce volume, pp. 199‑200. (6) Voir le "Tārīkh al-Ṭabarī" (2/519). (7) Dans l'édition : "Ahmad ibn al-Faḍl", erreur typographique.
فقال حسان بن ثابتٍ في ذلك (١) : فخرتم باللّواء وشرُّ فخرٍ … لواءٌ حين ردّ إلى صُؤابِ جعلتم فخركم فيه لعبدٍ … وألأمِ مَن يطا عفر التّرابِ ظننتم والسّفيه له ظنونٌ … وما إن ذاك من أمر الصّوابِ بأنّ جِلادنا يوم التقينا … بمكة بيعكم حمر العيابِ أقرّ العين أن عصبت يداه … وما إن تعصبان على خضابِ وقال حسان بن ثابت [أيضًا] في رفع عمرة بنت علقمة اللواء لهم (٢) : إذا عضلٌ سيقت إلينا كأنّها … جَداية (٣) شِركٍ (٤) معلَمات الحواجبِ أقمنا لهم طعنًا مبيرًا منكّلًا … وحزناهمُ بالضرب من كلّ جانبِ فلولا لواء الحارثيّة أصبحوا … يباعون في الأسواق بيع الجلائبِ قال ابن إسحاق: فانكشف المسلمون، وأصاب منهم العدوّ، وكان يوم بلاءً وتمحيصٍ، أكرم اللَّه فيه من أكرم بالشّهادة، حتى خلص العدوّ إلى رسول اللَّه ﷺ ، فدثّ بالحجارة حتى وقع لشقّه، فأصيبت رباعيته، وشجّ في وجهه، وكلمت شفته، وكان الذي أصابه عتبة بن أبي وقَّاصٍ. فحدّثني حميدٌ الطّويل (٥) ، عن أنس بن مالكٍ قال: كسرت رباعِية النبيّ ﷺ يوم أحدٍ، وشجّ في وجهه، وجعل الدَّم يسيل في وجهه، فجعل يمسِح الدَّم ويقول: "كيف يفلح قومٌ خضبوا وجه نبيّهم وهو يدعوهم إلى اللَّه" ؟ فأنزل اللَّه: ﴿لَيْسَ لَكَ مِنَ الْأَمْرِ شَيْءٌ أَوْ يَتُوبَ عَلَيْهِمْ أَوْ يُعَذِّبَهُمْ فَإِنَّهُمْ ظَالِمُونَ﴾ [آل عمران: ١٢٨] . قال ابن جريرٍ في "تاريخه" (٦) : حدّثنا محمد بن الحسين، حدّثنا أحمد بن المفضّل (٧) ، حدّثنا أسباطٌ، عن السُّدّيِّ قال: أتى ابن قمئة الحارثيّ، فرمى رسول اللَّه ﷺ بحجرٍ، فكسر أنفه ورباعيته، وشجّه في وجهه فأثقله، وتفرّق عنه أصحابه، ودخل بعضهم المدينة، وانطلق طائفةٌ فوق الجبل إلى الصّخرة، وجعل رسول اللَّه ﷺ يدعو الناس: "إليّ عباد اللَّه، إليّ عباد اللَّه" . فاجتمع إليه ثلاثون رجلًا، فجعلوا يسيرون بين يديه، فلم يقف أحدٌ إلّا طلحة وسهل بن حنيفٍ، فحماه طلحة، فرمي بسهمٍ في يده فيبست يده، وأقبل أُبيّ بن خلفٍ الجمحيّ، وقد حلف ليقتلنّ النبيّ ﷺ فقال: "بل أنا أقتله" .
(١) الأبيات في "ديوانه" (١/ ٣٦٧) و"السيرة النبوية" (٢/ ٧٨). (٢) الأبيات في "ديوانه" (١/ ١٢٧) و"السيرة النبوية" (٢/ ٧٩). (٣) الجداية: الغزال الصغير. (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٧٩). (٥) سيأتي الحديث بعد صفحات من هذا الجزء ص ١٩٩ - ٢٠٠. (٦) انظر "تاريخ الطبري" (٢/ ٥١٩). (٧) في (ط): "أحمد بن الفضل"، محرف.

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