Al-Bukhârî (1) a rapporté l’histoire du meurtre de Hamza selon la chaîne de transmission suivante : ‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Salama al-Mâjishûn, d’après ‘Abd Allâh ibn al-Fadl, d’après Sulaymân ibn Yasâr, d’après Ja‘far ibn ‘Amr ibn Umayya al-Ḍamrî, qui dit : « Je partis avec ‘Ubayd Allâh ibn ‘Adî ibn al-Khayyâr. » Il raconta l’épisode comme mentionné précédemment, en précisant qu’‘Ubayd Allâh ibn ‘Adî portait une coiffe serrée de sorte que Wahshî ne voyait que ses yeux et ses jambes. Il indiqua ensuite comment Wahshî l’avait reconnu, détail déjà évoqué. Voilà qui témoigne d’une grande perspicacité – tout comme Mujazziz al-Mudlajî avait reconnu l’empreinte des pas de Zayd et de son fils Usâma alors même que leurs couleurs de peau différaient (2).
Dans le cours de son récit, il déclara : « Lorsque les combattants se mirent en rang, Sebâ‘ sortit et cria : “Y a-t-il quelqu’un pour m’affronter ?” Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib sortit alors et lui dit : “Ô Sebâ‘, fils d’Umm Anmâr, la coupeuse de clitoris, oserais-tu défier Dieu et Son Messager ?” Puis il se rua sur lui et le mit à terre en un clin d’œil. Je m’étais quant à moi dissimulé derrière un rocher pour guetter Hamza ; quand il fut tout proche, je lui lançai ma lance, qui le transperça au creux du ventre pour ressortir entre ses deux cuisses. Ce fut mon dernier souvenir de lui. » Il poursuivit : « Quand le Messager de Dieu (ﷺ) mourut et que Musaylima le Menteur surgit, je me dis : “Je vais sortir pour le tuer, peut-être pourrai-je m’acquitter ainsi de la mort d’Hamza.” Je partis donc avec les troupes et les événements se déroulèrent comme on le sait. C’est alors que j’aperçus un homme debout dans une brèche de mur, semblable à un grand chameau gris, la chevelure en bataille. Je lui jetai ma lance qui le traversa de la poitrine à l’épaule. Un homme des Ansâr sauta ensuite sur lui et lui porta un coup d’épée à la tête. » ‘Abd Allâh ibn al-Fadl raconta que Sulaymân ibn Yasâr avait entendu ‘Abd Allâh ibn ‘Umar rapporter ces mots d’une servante juchée sur un toit : « Ô malheur pour notre émir (3) ! C’est l’esclave noir qui l’a tué. »
Ibn Hishâm (4) ajoute : « Il m’est parvenu que Wahshî fut continuellement châtié pour ivresse jusqu’à son exclusion du dîwân. ‘Umar ibn al-Khattâb déclara alors : “Je savais que Dieu ne laisserait pas impuni le meurtrier de Hamza.” » J’ajoute : Wahshî ibn Harb Abû Dasma – certains disent Abû Harb – mourut à Hims (Émèse) et il fut, dit-on, le premier à avoir porté des vêtements éraillés. Ibn Ishâq (5) rapporte quant à lui : « Mus‘ab ibn ‘Umayr protégea le Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à en être tué. Son meurtrier fut Ibn Qum’a al-Laythî, qui croyait avoir tué le Prophète (ﷺ). Rentrant alors vers Quraysh, il s’écria : “J’ai tué Muhammad.” » Pour ma part, j’ai relevé que, selon Mûsâ ibn ‘Uqba dans son “Maghâzî” (6), cité d’après Sa‘îd ibn al-Musayyib, c’est Ubayy ibn Khalaf qui aurait tué Mus‘ab. Dieu est plus savant.