Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque Hamza le vit, il s’exclama : « Approche ici, ô fils de la coupeuse de clitoris !» Puis (Wahshi) raconta : « Il (Hamza) le frappa d’un coup comme s’il l’avait manqué à la tête. J’agitai alors ma lance, et lorsque j’en fus satisfait, je la lui lançai : elle le toucha au ventre et ressortit entre ses jambes. Il voulut se tourner vers moi, mais il en fut incapable, et je le laissai ainsi avec ma lance fichée dans son corps jusqu’à ce qu’il mourût. Ensuite, je repris ma lance et je retournai au camp pour m’y asseoir, sans autre dessein, car je ne l’avais tué que pour être affranchi. Quand je suis arrivé à La Mecque, j’ai été affranchi, puis j’y suis resté jusqu’à ce que le Messager d’Allah (ﷺ) conquît la ville. Alors je me suis enfui à Taïf et je m’y suis établi. Lorsque la délégation de Taïf partit pour rencontrer le Messager d’Allah (ﷺ) afin de se convertir à l’islam, je ne savais plus où aller. Je me disais : “Fuirai-je en Syrie, ou au Yémen, ou vers un autre pays ?” Par Allah, cette idée me troublait énormément, quand quelqu’un me dit : “Malheur à toi ! Par Allah, il ne tue personne qui entre dans sa religion et proclame la Vérité.” Quand il me dit cela, je partis donc pour Médine jusqu’à ce que je me présente devant le Messager d’Allah (ﷺ). Il fut surpris de me voir debout devant lui, attestant la Vérité. Lorsqu’il me vit, il dit (1) : “Wahshi ?” Je répondis : “Oui, ô Messager d’Allah.” Il poursuivit : “Assieds-toi et raconte-moi comment tu as tué Hamza.” Je lui rapportai alors l’histoire telle que je vous la raconte. Une fois mon récit terminé, il dit : “Malheur à toi ! Éloigne-toi de moi, que je ne te voie plus.” À partir de ce moment, je m’écartais du Messager d’Allah (ﷺ) partout où il se trouvait, de peur qu’il ne me voie, et cela dura jusqu’à ce qu’Allah le rappelât à Lui.

Ensuite, lorsque les musulmans partirent combattre Musaylima le menteur, l’homme de Yamâma, je partis avec eux, emportant la lance avec laquelle j’avais tué Hamza. Quand les deux camps se rencontrèrent, j’aperçus Musaylima debout, l’épée à la main, sans le reconnaître au premier abord. Je me préparai à l’attaquer, et un homme des Anṣâr se prépara également, depuis l’autre côté. Nous voulions tous deux le frapper. J’agitai ma lance, puis je la lui lançai ; elle l’atteignit. L’homme des Anṣâr se jeta sur lui avec son épée. Seul Ton Seigneur sait lequel de nous deux l’a tué. Si c’est moi, alors j’ai tué le meilleur des hommes après le Messager d’Allah (ﷺ) et le pire des hommes. »

J’ai dit : « L’Anṣâr était Abou Dujâna, Simâk ibn Kharcha, comme il sera relaté dans le récit de ceux qui ont péri à Yamâma contre Musaylima. » Al-Wâqidî a déclaré dans son livre “Ar-Ridda” : « C’était ‘Abdallah ibn Zayd ibn ‘Âṣim al-Mâzinî. » Et Sîf ibn ‘Umar (2) a dit : « C’était ‘Adî ibn Sahl, » et c’est lui qui a prononcé ces vers (sur le mètre at-taqârub) :

« Ne vois-tu pas que Wahshi et moi-même…
avons tué Musaylima le séducteur ?
Et lorsque les gens me demandent comment nous l’avons tué…
je dis : “J’ai asséné un coup, et lui un coup de pointe.” »

Il est néanmoins plus reconnu que Wahshi l’a d’abord frappé, puis Abou Dujâna l’a achevé. Comme le rapporte Ibn Isḥâq (3), d’après ‘Abdallah ibn al-Faḍl, d’après Sulaymân ibn Yasâr, d’après Ibn ‘Umar, qui a dit : « J’ai entendu, le jour de la bataille de Yamâma, quelqu’un crier : “C’est l’esclave noir qui l’a tué !” »

(1) Dans (ṭ) : « Il m'a dit ». (2) Dans (ṭ) : « Saïf ibn ʿAmr ». (3) Voir « La Sîra du Prophète » d'Ibn Hichâm (2/73).
فلمّا رآه حمزة قال: هلمّ إليَّ يابن مقطعة البظور. قال: فضربه ضربةً كأنما أخطأ رأسه. قال: وهززت حربتي، حتى إذا رضيتُ منها، دفعتُها عليه، فوقعت في ثنّته حتى خرجت من بين رجليه، وذهب لينوءَ نحوي فغُلب، وتركته وإياها حتى مات، ثم أتيته فأخذت حربتي، ثم رجعت إلى العسكر، فقعدت فيه، ولم يكن لي بغيره حاجةٌ، إنما قتلته لأُعتق، فلمّا قدمت مكة عتقت ثم أقمت، حتى [إذا] افتتح رسول اللَّه ﷺ مكة، هربت إلى الطَّائف فكنت بها، فلما خرج وفدُ الطَائف إلى رسول اللَّه ﷺ ليسلموا، تعيّت عليّ المذاهب، فقلت: ألحق بالشام، أو باليمن، أو ببعض البلاد، فواللَّه إني لفي ذلك من همّي، إذ قال لي رجلٌ: ويحك! إنه واللَّه ما يقتل أحدًا من الناس دخل في دينه وشهد شهادة الحقّ. قال: فلمّا قال لي ذلك، خرجت حتى قدمت على رسول اللَّه ﷺ المدينة، فلم يَرُعْه إلا بي قائمًا على رأسه أشهد شهادة الحقّ، فلما رآني قال (١) : "أوحشيٌّ؟ " . قلت: نعم يا رسول اللَّه. قال: "اقعد فحدّثني كيف قتلت حمزة" . قال: فحدّثته كما حدّثتكما، فلمّا فرغت من حديثي قال: "ويحك! غيّب عني وجهك فلا أرينّك" . قال: فكنت أتنكّب رسول اللَّه ﷺ حيث كان؛ لئلّا يراني، حتى قبضه اللَّه، – Exalté soit-Il – ، فلما خرج المسلمون إلى مسيلمة الكذّاب صاحب اليمامة، خرجت معهم، وأخذت حربتي التي قتلت بها حمزة، فلما التقى الناس رأيت مسيلمة قائمًا في يده السيف، وما أعرفه، فتهيّأت له، وتهيّأ له رجلٌ من الأنصار من الناحية الأخرى، كلانا يريده، فهززت حربتي، حتى إذا رضيت منها، دفعتها عليه، فوقعت فيه، وشدّ عليه الأنصاريّ بالسيف، فربُّك أعلم أيّنا قتله، فإن كنت قتلتُه، فقد قتلت خير الناس بعد رسول اللَّه ﷺ ، وقتلت شرّ الناس. قلت: الأنصاريّ هو أبو دجانة سماك بن خرشة، كما سيأتي في مقتل أهل اليمامة مع مسيلمة. وقال الواقديّ في "الرّدّة" : هو عبد اللَّه بن زيد بن عاصمٍ المازنيّ. وقال سيف بن عمر (٢) : هو عديّ بن سهلٍ، وهو القائل: [من المتقارب] ألم ترأني ووحشيَّهم … قتلتُ مسيلمةَ المفتتَنْ ويسألني الناس عن قتله … فقلت ضربتُ وهذا طعنْ والمشهور أنّ وحشيًّا هو الذي بدره بالضربة، وذفّف عليه أبو دجانة؛ لما روى ابن إسحاق (٣) ، عن عبد اللَّه بن الفضل، عن سليمان بن يسارٍ، عن ابن عمر، قال: سمعت صارخًا يوم اليمامة يقول: قتله العبد الأسود.
(١) في (ط): "قال لي". (٢) في (ط): "سيف بن عمرو". (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٧٣).

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