Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Jusqu’à ce qu’il meure, je vins alors prendre ma lance, puis je me retirai vers le camp, sans avoir besoin de rien d’autre que cela.

(Abou Bakr Ibn Abî ‘Âsim a rapporté : « ‘Abd al-Wahhâb Ibn Najda m’a raconté : Baqiyya nous a rapporté, de Bahîr, de Khâlid Ibn Ma‘dân, d’Abou Bilâl, d‘Abd Allâh Ibn al-Sâ’ib, que le Messager d’Allah — paix et bénédiction sur lui — fut, le jour d’Ash-Shi‘b, le dernier de ses compagnons. Il n’y avait alors entre lui et l’ennemi que Hamza, qui combattait l’ennemi. Wahshî l’épia donc et le tua. Or, Allah avait fait qu’Hamza avait tué, de sa propre main, trente et un mécréants. On l’appelait “le Lion d’Allah”. ») (1)

Ibn Ishâq (2) a dit : « ‘Abd Allâh Ibn al-Fadl Ibn al-‘Abbâs Ibn Rabî‘a Ibn al-Hârith m’a rapporté, d’après Sulaymân Ibn Yasâr, d’après Ja‘far Ibn ‘Amr Ibn Umayya al-Dhamrî, qui raconta : “Je partis, en compagnie de ‘Ubayd Allâh Ibn ‘Adî Ibn al-Khayyâr — un membre des Banû Nawfal Ibn ‘Abd Manâf — à l’époque de Mu‘âwiya, et nous fîmes route avec les gens (3). Lorsque nous passâmes par Homs, nous sûmes que Wahshî, l’affranchi de Jubayr, s’y était installé. Quand nous y arrivâmes, ‘Ubayd Allâh Ibn ‘Adî dit : ‘Que dirais-tu d’aller trouver Wahshî pour qu’il nous raconte comment il a tué Hamza ?’ Je lui répondis : ‘Si tu veux.’ Nous partîmes donc à sa recherche dans Homs.

Un homme, alors que nous le cherchions, nous indiqua : ‘Vous le trouverez devant sa demeure. C’est un homme que le vin a submergé ; si vous le trouvez lucide, vous le verrez tel un Arabe, et vous pourrez obtenir de lui ce que vous voulez savoir. Mais si vous le trouvez sous l’emprise de l’ivresse, laissez-le et repartez.’”

Ja‘far poursuivit : “Nous marchâmes alors jusqu’à le trouver assis devant sa maison, sur un tapis. C’était un vieillard chancelant comme un oiseau malingre, mais il était sobre, sans être atteint d’aucun trouble. Lorsque nous arrivâmes à lui, nous le saluâmes. Il releva la tête vers ‘Ubayd Allâh Ibn ‘Adî et lui dit : ‘Es-tu bien le fils de ‘Adî Ibn al-Khayyâr ?’ Il répondit : ‘Oui.’ Il répliqua : ‘Par Allah, je ne t’ai pas revu depuis que je t’ai remis à ta nourrice as-sa‘diyya, à Dhu Tuwwa. C’est moi qui t’ai porté jusqu’à elle, alors qu’elle était juchée sur son chameau, et elle t’a pris par les épaules. Tes pieds ont alors scintillé devant mes yeux tandis que je te levais vers elle. Par Allah, à l’instant où tu t’es tenu devant moi, je les ai reconnus.’”

Ja‘far dit encore : “Nous nous assîmes auprès de lui et lui dîmes : ‘Nous sommes venus pour que tu nous racontes comment tu as tué Hamza.’ Il répondit : ‘Je vais certes vous le rapporter, comme je l’ai relaté au Messager d’Allah — paix et bénédiction sur lui — quand il m’interrogea à ce sujet. J’étais alors un esclave de Jubayr Ibn Mut‘im, dont l’oncle, Tu‘ayma Ibn ‘Adî, avait péri le jour de Badr. Quand Quraysh en vint à marcher contre Uhud, Jubayr me dit : “Si tu tues Hamza, l’oncle de Muhammad, en réparation de mon oncle Tu‘ayma (5), tu seras libre.” Je partis donc avec eux. J’étais un homme d’Abyssinie, et je lançais la lance à la façon des Abyssins, manquant rarement ma cible.

Quand les troupes se rencontrèrent, je cherchais Hamza du regard pour l’observer de loin, jusqu’à l’apercevoir au milieu des combattants, tel un grand chameau tacheté, renversant les gens sur son passage avec son sabre, si bien que rien ne lui résistait. Par Allah, je m’apprêtais à l’atteindre, me dissimulant derrière un arbre ou une pierre pour qu’il s’approche de moi. Voilà qu’il fut devancé par Sabâ‘ Ibn ‘Abd al-‘Uzzâ…” »

(1) Ce qui est entre parenthèses est omis dans la version (ṭ) et présent exclusivement dans (ʾ). La chaîne de transmission du hadith est faible, et son texte présente des anomalies, notamment le fait que Ḥamza ait tué de la main de Dieu trente-et-un ennemis, alors que le nombre total des morts à la bataille d'Uḥud n'excède pas une vingtaine, et que Ḥamza en ait tué quatre. (2) Voir « La Sîra du Prophète » d'Ibn Hichâm (2/70). (3) Dans (ṭ), il est écrit « Uḥud », ce qui est une erreur ; ce qui est mentionné dans (ʾ) concorde avec « La Sîra du Prophète » d'Ibn Hichâm. (4) C'est-à-dire : nous sommes entrés dans la voie. (5) Le terme « Ṭuʿayma » ne se retrouve ni dans (ṭ) ni dans « La Sîra du Prophète » d'Ibn Hichâm, c'est un ajout propre à (ʾ).
حتى إذا مات جئت فأخذت حربتي، ثم تنحّيت إلى العسكر، ولم يكن لي بشيءٍ حاجةٌ غيره. (وقال أبو بكر بن أبي عاصمٍ: حدّثني عبد الوهّاب بن نجدة، حدّثنا بقيّة، عن بحيرٍ، عن خالد بن معدان، عن أبي بلالٍ، عن عبد اللَّه بن السائب، أنّ رسول اللَّه ﷺ كان يوم الشّعب آخر أصحابه، ولم يكن بينه وبين العدوّ غير حمزة يقاتل العدوّ، فرصده وحشيٌّ فقتله، وقد قتل اللَّه بيد حمزة من الكُفَّار أحدًا وثلاثين، وكان يدعى أسد اللَّه) (١) . قال ابن إسحاق (٢) : وحدّثني عبد اللَّه بن الفضل بن عبّاس بن ربيعة بن الحارث، عن سليمان بن يسارٍ، عن جعفر بن عمرو بن أميَّة الضّمريّ قال: خرجت أنا وعبيد اللَّه بن عديٍّ بن الخيار، أخو (٣) بني نوفل بن عبد منافٍ، في زمان معاوية، فأدربنا (٤) مع الناس، فلما مررنا بحمص، وكان وحشيٌّ مولى جبيرٍ قد سكنها وأقام بها، فلمّا قدمناها قال عبيد اللَّه بن عديٍّ: هل لك في أن نأتي وحشيًا، فنسأله عن قتل حمزة كيف قتله؟ قال: قلت له: إن شئت. فخرجنا نسأل عنه بحمص، فقال لنا رجلٌ ونحن نسأل عنه: إنكما ستجدانه بفناء داره، وهو رجلٌ قد غلبت عليه الخمر، فإن تجداه صاحيًا تجدا رجلًا عربيًا، وتجدا عنده بعض ما تريدان، وتصيبا عنده ما شئتما من حديثٍ تسألانه عنه، وإن تجداه وبه بعض ما يكون به، فانصرفا عنه [ودعاه] . قال: فخرجنا نمشي حتى جئناه، فإذا هو بفناء داره على طنفسةٍ له، وإذا شيخٌ كبيرٌ مثل البغاث، وإذا هو صاحٍ لا بأس به، فلمّا انتهينا إليه سلّمنا عليه، فرفع رأسه إلى عبيد اللَّه بن عديّ فقال: ابنٌ لعديّ بن الخيار أنت؟ قال: نعم. قال: أما واللَّه ما رأيتُك منذ ناولتُك أمّك السّعديّة التي أرضعتك بذي طوى، فإنّي ناولتُكها وهي على بعيرها، فأخذتْك بعُرضيك، فلمعت لي قدماك حين رفعتُك إليها، فواللَّه ما هو إلا أن وقفتَ عليّ فعرفتُهما. قال: فجلسنا إليه فقلنا: جئناك لتحدّثنا عن قتلك حمزة، كيف قتلته؟ فقال: أما إنّي سأحدّثكما كما حدّثت رسول اللَّه ﷺ حين سألني عن ذلك؛ كنت غلامًا لجبيرٍ بن مطعمٍ، وكان عمُّه طعيمة بن عديٍّ قد أصيب يوم بدر، فلمّا سارت قريشٍ إلى أُحدٍ قال لي جبيرٌ: إن قتلت حمزة عمّ محمدٍ بعمّي طُعَيْمَة (٥) ، فأنت عتيقٌ. قال: فخرجت مع الناس، وكنت رجلًا حبشيًّا أقذف بالحربة قذف الحبشة، قلّما أخطئ بها شيئًا، فلمّا التقى الناس خرجتُ أنظر حمزة وأتبصّره، حتى رأيته في عرض الناس كأنّه الجمل الأورق، يهدّ الناس بسيفه هدًّا ما يقوم له شيءٌ، فواللَّه إني لأتهيّأ له، أريده وأستتر منه بشجرةٍ أو بحجرٍ ليدنو مني، إذ تقدّمني إليه سباع بن عبد العزّى،
(١) ما بين القوسين سقط من (ط) وانفردت به (أ)، والحديث إسناده ضعيف، وفي متنه شذوذ ففيه أن حمزة قتل اللَّه بيده واحدًا وثلاثين، وعدد من قتل في أحد لا يتجاوز بضعًا وعشرين، وأن حمزة قتل منهم أربعة. (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٧٠). (٣) في (ط): "أحد" وهو خطأ، وما جاء في (أ) موافق لما في "السيرة النبوية" لابن هشام. (٤) أي: دخلنا الدَّرب. (٥) لفظ "طُعَيْمَة" لم يرد في (ط) و"السيرة النبوية" لابن هشام، وهو مما انفردت به (أ).

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