Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Certains affirment : « Ils étaient quinze. » Il promettait aux Quraysh que, s’il retrouvait son peuple, pas deux hommes ne divergeraient à son sujet. Lorsque les deux camps se rencontrèrent, le premier à aller au-devant d’eux fut Abū ʿĀmir, accompagné des Aḥābīsh ainsi que de quelques habitants de La Mecque. Il s’écria : « Ô gens des Aws, c’est moi, Abū ʿĀmir ! » Ils lui répondirent : « Que Dieu ne te fasse point jouir de bonheur, ô pervers ! » On l’appelait « le moine » (ar-rāhib) à l’époque préislamique, mais le Messager de Dieu (ﷺ) l’avait renommé « le pervers » (al-fāsiq). Lorsqu’il entendit leur réponse, il dit : « Mon peuple a subi un grand mal après mon départ. » Puis il les combattit avec acharnement et se mit à les lapider avec des pierres.

Ibn Isḥāq (1) rapporte : « Les deux armées s’affrontèrent au point que la bataille s’intensifia. Abū Dujāna combattit jusqu’à s’enfoncer profondément dans les rangs de l’ennemi. » Ibn Hishām (2) ajoute : « Plusieurs personnes versées dans la tradition m’ont raconté qu’al-Zubayr ibn al-ʿAwwām disait : “J’ai éprouvé un sentiment de contrariété lorsque je demandai au Messager de Dieu (ﷺ) de me confier son épée, et qu’il refusa pour la remettre à Abū Dujāna. Je me suis alors dit : ‘Je suis pourtant le fils de Ṣafiyya (la tante du Prophète) et je suis de Quraysh ; j’ai évoqué mon histoire et je l’ai sollicitée avant qu’il ne la donne à Abū Dujāna, mais il m’a délaissé ?’ Par Dieu, je vais voir ce qu’il fera de cette épée !” Je l’ai suivi, et je l’ai vu sortir un bandeau rouge dont il s’entoura la tête. Les Anṣār s’exclamèrent : ‘Abū Dujāna a mis le bandeau de la mort !’ C’était ainsi qu’ils l’appelaient chaque fois qu’il en ceignait sa tête. Alors il sortit en disant :

« Je suis celui avec qui mon ami conclut un pacte / Alors que nous étions au pied (de la colline) près des palmiers,
De ne jamais rester en arrière toute ma vie / Je frappe de l’Épée de Dieu et de Son Messager. »

Selon al-Umawī (3), Abū ʿUbayd, dans son récit sur le Prophète (ﷺ), rapporte qu’un homme était venu lui demander une épée pour combattre tandis que la bataille faisait rage. Le Prophète (ﷺ) lui dit : « Peut-être, si je te la donnais, resterais-tu à l’arrière (kayyūl) ? » Il répondit : « Non ! » Le Prophète la lui donna alors, et l’homme se mit à déclamer : « Je suis celui avec qui mon ami conclut un pacte / De ne jamais rester à l’arrière toute ma vie… » On tient ce ḥadīth de Shuʿbah, ainsi que d’Isrāʾīl, tous deux le transmettant d’Abū Isḥāq, lui-même le tenant de Hunayda ibn Khālid ou d’un autre, en l’attribuant au Prophète (ﷺ). Le terme kayyūl désigne “l’arrière des rangs”. Je l’ai entendu de nombreux savants, et je ne l’ai pas entendu ailleurs que dans ce ḥadīth.

Ibn Isḥāq (4) poursuit : « Abū Dujāna ne rencontrait personne sans le tuer. Et parmi les polythéistes se trouvait un homme qui n’épargnait aucun blessé sans l’achever. Tous deux se rapprochèrent l’un de l’autre, et j’implorai Dieu de les faire s’affronter. Ils finirent par se croiser et échangèrent chacun un coup. Le polythéiste frappa Abū Dujāna, qui para le coup avec son bouclier (5), et le sabre s’enfonça dedans. Abū Dujāna le frappa ensuite et le tua. Puis je le vis brandir l’épée… »

(1) Voir « La Sīra prophétique » d'Ibn Hichām (2/68). (2) Voir « La Sīra prophétique » d'Ibn Hichām (2/68). (3) Mentionné par Abū ʿUbayd dans son livre « Gharīb al-Ḥadīth » (2/245). (4) Voir « La Sīra prophétique » d'Ibn Hichām (2/69). (5) C’est-à-dire : avec son bouclier.
وبعض الناس يقول: كانوا خمسة عشر. وكان يعِد قريشًا أن لو قد لقي قومه، لم يختلف عليه منهم رجلان. فلما التقى الناس، كان أول من لقيهم أبو عامرٍ في الأحابيش وعبدان أهل مكة، فنادى: يا معشر الأوس، أنا أبو عامرٍ. قالوا: فلا أنعم اللَّه بك عينًا يا فاسق. وكان يسمّى في الجاهلية الراهب، فسماه رسول اللَّه ﷺ الفاسق. فلما سمع ردّهم عليه قال: لقد أصاب قومي بعدي شرٌّ. ثم قاتلهم قتالًا شديدًا، ثم راضخهم بالحجارة. قال ابن إسحاق (١) : فاقتتل الناس حتى حميت الحرب، وقاتل أبو دجانة حتى أمعن في الناس. قال ابن هشامٍ (٢) : وحدّثني غير واحدٍ من أهل العلم، أنّ الزّبير بن العوّام قال: وجدتُ في نفسي حين سألت رسول اللَّه ﷺ السيف فمنعنيه وأعطاه أبا دجانة: وقلت: أنا ابن صفيّة عمّته ومن قريشٍ، وقد قصت إليه فسألته إياه قبله، فأعطاه أبا دجانة وتركني، واللَّه لأنظرنّ ما يصنع. فاتّبعته فأخرج عصابةً له حمراء، فعصب بها رأسه، فقالت الأنصار: أخرج أبو دجانة عصابة الموت. وهكذا كانت تقول له إذا تعقمب، فخرج وهو يقول: [من الرجز] أنا الذي عاهدني خليلي … ونحن بالسّفح لدى النخيلِ أن لا أقوم الدهر في الكَيّول … أَضربْ بسيف اللَّه والرسولِ وقال الأمويّ: حدّثني أبو عبيدٍ في حديث النبيّ ﷺ (٣) ؛ أن رجلًا أتاه وهو يقاتل، فسأله سيفًا يقاتل به، فقال: "لعلك إن أعطيتك، تقاتل في الكَيّول؟ " . قال: لا. فأعطاه سيفًا، فجعل يرتجز ويقول: أنا الذي عاهدني خليلي … أن لا أقوم الدهر في الكَيّول وهذا حديثٌ يروى عن شعبة، ورواه إسرائيل، كلاهما عن أبي إسحاق، عن هنيدة بن خالدٍ أو غيره يرفعه. الكيّول يعني مؤخّر الصفوف، سمعته من عدّةٍ من أهل العلم، ولم أسمع هذا الحرف إلا في هذا الحديث. قال ابن إسحاق (٤) : فجعل لا يلقى أحدًا إلا قتله، وكان في المشركين رجلٌ لا يدع جريحًا إلا ذفّف عليه، فجعل كلّ منهما يدنو من صاحبه، فدعوت اللَّه أن يجمع بينهما، فالتقيا فاختلفا ضربتين، فضرب المشرك أبا دجانة، فاتّقاه بدرقته (٥) ، فعضت بسيفه، وضربه أبو دجانة فقتله، ثم رأيته قد حمل السيف
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٦٨). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٦٨). (٣) وذكره أبو عبيد في كتابه "غريب الحديث" (٢/ ٢٤٥). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٦٩). (٥) أي: بترسه.

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