J’ai dit : « Et ces gens sont ceux visés par la parole d’Allah le Très-Haut : “Et pour que soient reconnus ceux qui ont été hypocrites, à qui il a été dit : ‘Venez, combattez dans le sentier d’Allah ou (du moins) défendez-vous !’ ; ils répondirent : ‘Si nous savions qu’il y aurait réellement combat, nous vous suivrions.’ Ce jour-là, ils étaient plus proches de la mécréance que de la foi. Ils disent de leur bouche ce qui n’est pas dans leur cœur. Et Allah sait parfaitement ce qu’ils cachent.” (Al ‘Imrân, 167). »
Autrement dit, ils mentent en prétendant : « Si nous savions qu’il y aurait réellement combat, nous vous suivrions », car l’existence du combat était évidente, claire et sans ambiguïté, et nul doute n’était permis à ce sujet. Ce sont bien eux à propos desquels Allah a révélé : « Qu’avez-vous donc à vous diviser au sujet des hypocrites alors qu’Allah les a refoulés pour prix de ce qu’ils ont acquis ? » (An-Nisâ’, 88).
En effet, un groupe jugeait qu’il fallait les combattre, tandis qu’un autre pensait qu’il ne fallait pas les combattre, ainsi que cela est rapporté et explicité dans le “Sahîh” (1). Az-Zuhrî rapporte alors que les Anṣâr demandèrent au Messager d’Allah (ﷺ) la permission de recourir aux Juifs de Médine, leurs alliés, et il leur répondit : « Nous n’avons pas besoin d’eux. » ‘Urwa et Mûsâ ibn ‘Uqba rapportent quant à eux que les Banû Salima et les Banû Hâritha, lorsque ‘Abd Allah ibn Ubayy et ses compagnons rebroussèrent chemin, furent sur le point de céder au découragement, mais Allah les raffermit. C’est à ce sujet qu’Il dit : « Quand deux de vos groupes étaient sur le point de faiblir, alors qu’Allah est leur allié, et c’est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance. » (Al ‘Imrân, 122).
Jâbir ibn ‘Abd Allah a dit : « Je n’aurais pas aimé que ce verset ne soit pas révélé, alors qu’Allah dit : ‘et Allah est leur allié.’ » C’est ce que rapportent les deux Sahîh de lui (2). Ibn Isḥâq (3) raconte que le Messager d’Allah (ﷺ) poursuivit sa route jusqu’à traverser la zone volcanique (ḥarra) des Banû Hâritha. Là, le cheval d’un homme donna un coup de queue qui toucha le crochet de son sabre et le dégaina. Alors, le Messager d’Allah (ﷺ) dit au propriétaire de l’arme : « Remets ton sabre au fourreau, car je vois que les sabres seront bel et bien tirés aujourd’hui. »
Puis le Prophète (ﷺ) demanda à ses Compagnons : « Qui est l’homme qui nous fera passer à proximité de l’ennemi par un chemin où nous n’aurons pas à faire face à eux ? » Abû Khaythama, frère des Banû Hâritha ibn Al-Ḥârith, répondit : « Moi, ô Messager d’Allah. » Et il les fit passer par la zone volcanique des Banû Hâritha et à travers leurs biens, jusqu’à ce qu’ils parviennent aux terres d’Al-Murabba‘ ibn Qayẓî, un homme hypocrite aveugle de la vue. Lorsqu’il entendit la présence du Messager d’Allah (ﷺ) et de ceux qui l’accompagnaient, il se mit à jeter de la terre dans leur direction en disant : « Si tu es vraiment le Messager d’Allah, je ne t’autorise pas à entrer dans mon verger ! »
Ibn Isḥâq (4) rapporte qu’il est dit qu’il prit alors une poignée de terre dans sa main, déclarant : « Par Allah, si je savais que je ne toucherais que toi, ô Muhammad, je te la jetterais au visage. » Les Compagnons voulurent le tuer, mais le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Ne le tuez pas : cet aveugle est aveugle de cœur autant que de vue. » Or, Sa‘d ibn Zayd, frère des Banû ‘Abd Al-Ashhal, s’était déjà avancé avant la consigne du Prophète (ﷺ) et l’avait frappé avec son arc à la tête, le blessant. Le Messager d’Allah (ﷺ) poursuivit ensuite son chemin jusqu’à ce qu’il s’installe dans la gorge