Al-Bayhaqî (1) a dit : « C’est l’opinion la plus connue chez les auteurs des Maghâzî (chroniques des expéditions) : ils seraient restés au nombre de sept cents combattants. » Il précisa : « L’avis le plus couramment attribué à az-Zuhrî est qu’ils restèrent quatre cents combattants. » C’est ainsi que l’a rapporté Ya‘qûb ibn Sufyân (2), d’après Aṣbaġ, d’après Ibn Wahb, d’après Yûnus, d’après az-Zuhrî. Il est également rapporté, avec cette même chaîne de transmission, qu’ils étaient sept cents. Dieu sait mieux.
Mûsâ ibn ‘Uqbah a dit : « Khâlid ibn al-Walîd commandait la cavalerie des polythéistes ; ils disposaient de cent chevaux, et leur étendard était confié à Ṭalḥah ibn ‘Uthmân. » Il ajouta : « Les musulmans ne possédaient pas un seul cheval. » Puis il mentionna la bataille, dont les détails viendront plus loin, si Dieu le veut.
Muḥammad ibn Isḥâq (3) a dit : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) raconta sa vision à ses Compagnons, il leur dit : “Si vous jugez bon de demeurer à Médine et de les laisser là où ils se sont établis, s’ils restent, ils demeureront dans la pire des situations, et s’ils viennent nous attaquer, nous les combattrons ici.” » ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl était d’accord avec le Messager de Dieu (ﷺ) pour ne pas sortir à leur rencontre.
Cependant, des hommes parmi les musulmans, à qui Dieu accorda ensuite la grâce du martyre le jour de Uḥud et ailleurs — notamment ceux qui avaient manqué la bataille de Badr — dirent : « Ô Messager de Dieu, conduis-nous à nos ennemis, afin qu’ils ne s’imaginent pas que nous fuyons devant eux ou que nous sommes affaiblis. » Alors ‘Abd Allâh ibn Ubayy s’exclama : « Ô Messager de Dieu, ne sors pas. Par Dieu, nous n’avons jamais affronté un ennemi hors de notre ville sans subir de pertes, et jamais un ennemi n’est entré ici sans que nous lui infligions des pertes. » Néanmoins, les gens insistèrent auprès du Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à ce qu’il rentrât et revêtît son armure, un vendredi, après la prière.
Ce jour-là, un homme des Banû an-Najjâr, nommé Mâlik ibn ‘Amr, mourut ; le Prophète pria sur lui, puis sortit voir les gens, qui avaient fini par regretter leur insistance : « Nous avons forcé la main du Messager de Dieu (ﷺ), et nous n’aurions pas dû agir ainsi. » Lorsqu’il apparut devant eux, ils lui dirent : « Ô Messager de Dieu, si tu le souhaites, restons ici. » Il répondit : « Il ne convient pas qu’un Prophète, une fois revêtue son armure, la dépose avant d’avoir combattu. » Le Messager de Dieu (ﷺ) partit donc avec mille de ses Compagnons.
Ibn Hishâm (4) signale qu’il laissa la gestion de Médine à Ibn Umm Maktûm. Ibn Isḥâq (5) poursuit : « Lorsqu’il fut parvenu au lieu appelé ash-Shawṭ, entre Médine et Uḥud, ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl fit défection avec le tiers de l’armée, s’exclamant : “Il a suivi leur avis au lieu du mien ! Pourquoi donc nous faire tuer ici, ô gens ?” » Il repartit avec ceux de son clan qui le suivirent, parmi les hypocrites et les indécis. ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn Ḥarâm as-Sulamî, le père de Jâbir ibn ‘Abd Allâh, les rattrapa et les supplia : « Ô mon peuple, je vous en conjure au nom de Dieu, n’abandonnez pas votre peuple et votre Prophète alors que l’ennemi est là ! » Ils lui répondirent : « Si nous étions sûrs qu’il y aurait réellement une bataille, nous ne vous abandonnerions pas ; seulement nous ne pensons pas qu’elle aura lieu. » Comme ils s’obstinaient et refusaient de revenir, il dit : « Puissiez-vous être éloignés, ennemis de Dieu ! Dieu pourvoira à Son Prophète sans vous. »