Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le vallon situé avant Uhud, où se trouvèrent des hommes parmi les musulmans qui n’avaient pas assisté à Badr, ressentirent des regrets quant à l’honneur manqué et souhaitèrent ardemment affronter l’ennemi, afin de faire leurs preuves comme leurs frères l’avaient fait le jour de Badr. Lorsque Abû Sufyân et les polythéistes campèrent au pied de la montagne d’Uhud, les musulmans qui n’avaient pas participé à Badr se réjouirent de cette venue et déclarèrent : « Dieu a exaucé notre souhait. »

La nuit du vendredi, le Messager de Dieu (ﷺ) eut une vision ; au matin, quelques-uns de ses Compagnons vinrent à lui, et il leur dit : « Hier soir, j’ai vu en rêve une vache qu’on égorgeait – et Dieu est bon –, et j’ai vu que mon sabre Dhû l-Fiqâr s’était brisé à son extrémité (ou, a-t-il dit, qu’il avait des brèches) ; je n’ai pas aimé cela car ce sont deux épreuves. J’ai aussi vu que je me trouvais dans une armure protectrice et que je chevauchais un bélier. » Quand le Prophète (ﷺ) leur rapporta sa vision, ils demandèrent : « Ô Messager de Dieu, comment l’interprètes-tu ? » Il répondit : « J’ai interprété la vache que j’ai vue comme des hommes qui seront tués parmi nous et parmi eux, et j’ai détesté ce que j’ai vu concernant mon sabre. »

Certains disent que la vision relative au sabre se réalisa lorsque son visage fut atteint ce jour-là : en effet, l’ennemi lui blessa le visage, brisa une de ses dents (une incisive) et entailla ses lèvres. On raconte que ce fut ‘Utba ibn Abî Waqqâs qui le toucha. Quant à la vache, elle représentait ceux qui furent tués parmi les musulmans ce jour-là. Le Prophète (ﷺ) ajouta : « J’ai interprété le bélier comme étant celui de la division (principale) de l’ennemi, que Dieu anéantira. Pour la cuirasse protectrice, il s’agit de la ville (de Médine). Restez-y, placez les femmes et les enfants dans les forts, et si l’ennemi pénètre dans les ruelles, nous le combattrons et lui lancerons des projectiles depuis les toits. » En réalité, ils avaient construit des habitations fermant les ruelles de Médine, au point de la rendre semblable à une forteresse.

Ceux qui n’avaient pas assisté à Badr dirent : « Nous avons espéré ce jour et invoqué Dieu en ce sens, et voilà qu’Il nous l’a amené. » Des hommes parmi les Anṣâr dirent alors : « Ô Messager de Dieu, quand donc les combattrons-nous si ce n’est dans nos propres sentiers et défilés ? » D’autres déclarèrent : « Que défendons-nous si nous ne défendons pas nos propres cultures ? » Dans leur élan, certains hommes s’exprimèrent avec sincérité et s’en tinrent à leurs propos, parmi lesquels Hamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, qui dit : « Par Celui qui a fait descendre sur toi le Livre, nous les combattrons. » De même, Nu‘mân ibn Mâlik ibn Tha‘laba, l’un des Banû Sâlim, s’exclama : « Ô Prophète de Dieu, ne nous prive pas du Paradis. Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, j’y entrerai ! » Le Messager de Dieu (ﷺ) lui demanda : « Pour quelle raison ? » Il répondit : « Parce que j’aime Dieu et Son Messager, et je ne fuirai pas le jour du combat. » Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : « Tu dis vrai. » Or il fut martyrisé ce jour-là.

Beaucoup insistèrent pour sortir affronter l’ennemi, sans prêter pleinement attention à la parole ni à l’avis du Messager de Dieu (ﷺ). S’ils avaient accepté ce qu’il leur avait ordonné, cela aurait eu lieu, mais le décret divin s’imposa. La plupart de ceux qui suggérèrent de sortir étaient des hommes qui n’avaient pas participé à Badr, tout en sachant la distinction qui avait été accordée à ses participants. Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) accomplit la prière du vendredi, il prêcha, rappela les croyants et leur ordonna la ferveur et le combat. Après son sermon et sa prière, il demanda qu’on lui apporte sa cotte de mailles, l’endossa, puis annonça le départ. Quand des hommes, réputés pour leur raisonnement avisé, constatèrent cela, ils dirent : « Le Messager de Dieu (ﷺ) nous a ordonné de rester à Médine, et il connaît mieux que nous ce que veut Dieu ; la Révélation lui vient du ciel. » Ils insistèrent : « Ô Messager de Dieu, demeure donc ici comme tu nous l’as ordonné. » Mais il répondit : « Il ne sied pas à un prophète, une fois qu’il a revêtu son armure et appelé au combat, de faire demi-tour avant le combat. Je vous ai appelés à ce sujet, mais vous n’avez voulu que sortir. Ayez donc la crainte de Dieu et soyez fermes face à l’adversité quand vous rencontrez l’ennemi, et accomplissez ce que je vous ordonne. »

Le Messager de Dieu (ﷺ) sortit alors avec les musulmans en empruntant la route d’al-Badâ’i‘, au nombre d’environ mille hommes, tandis que les polythéistes étaient trois mille. Il parvint jusqu’à la montagne d’Uhud, et ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl, avec trois cents hommes, se retira de lui, laissant le Messager de Dieu (ﷺ) avec sept cents combattants.

الوادي الذي قِبَل أُحدٍ، وكان رجالٌ من المسلمين لم يشهدوا بدرًا، ندموا على ما فاتهم من السابقة، وتَمَنَّوا لقاء العدوّ؛ ليبلوا ما أبلى إخوانهم يوم بدرٍ، فلمّا نزل أبو سفيان والمشركون بأصل أُحدٍ، فرح المسلمون الذين لم يشهدوا بدرًا بقدوم العدوّ عليهم، وقالوا: قد ساق اللَّه علينا أمنيّتنا. ثم إنّ رسول اللَّه ﷺ أُري ليلة الجمعة رؤيا، فأصبح، فجاءه نفرٌ من أصحابه فقال لهم: "رأيت البارحة في منامي بقرأ تذبح، واللَّه خيرٌ، ورأيت سيفي ذا الفقار انقصم من عند ظبيه - أو قال: " به فلولٌ "- فكرهته، وهما مصيبتان، ورأيت أنّي في درعٍ حصينةٍ، وأنّي مردفٌ كبشًا" فلمّا أخبرهم رسول اللَّه ﷺ برؤياه، قالوا: يا رسول اللَّه، ماذا أوّلتَ رؤياك؟ قال: "أَوّلْتُ البقر الذي رأيت نفرأ فينا وفي القوم، وكرهت ما رأيت بسيفي" . ويقول رجالٌ: كان الذي رأى بسيفه، الذي أصاب وجهه؛ فإن العدوّ أصاب وجهه يومئذٍ، وقصموا رباعيته وخرقوا شفته، يزعمون أنّ الذي رماه عتبة بن أبي وقّاص، وكان البقر مَن قتل من المسلمين يومئذٍ. وقال: "أوّلت الكبش أنّه كبش كتيبة العدوّ يقتله اللَّه، وأوّلت الدّرع الحصينة المدينة، فامكثوا واجعلوا الذّراريّ في الآطام، فإن دخل علينا القوم في الأزقّة، قاتلناهم ورُموا من فوق البيوت" . وكانوا قد سكّوا أزقّة المدينة بالبنيان حتى كانت كالحصن. فقال الذين لم يشهدوا بدرًا: كنّا نتمنّى هذا اليوم وندعو اللَّه، فقد ساقه اللَّه إلينا وقرّب المسير. وقال رجالٌ من الأنصار: متى نقاتلهم يا رسول اللَّه إذا لم نقاتلهم عند شِعبنا؟ وقال رجالٌ: ماذا نمنع إذا لم نمنع الحرث يزرع؟ وقال رجالٌ قولًا صدقوا به ومضوا عليه، منهم حمزة بن عبد المطلب، قال: والذي أنزل عليك الكتاب لنجالدنّهم. وقال نعمان بن مالك بن ثعلبة، وهو أحد بني سالمٍ: يا نبيّ اللَّه، لا تحرمنا الجنَّة، فوالذي نفسي بيده لأدخلنها. فقال له رسول اللَّه ﷺ : "بم؟ " . قال: لأنّي أحبّ اللَّه ورسوله، ولا أفرّ يوم الزّحف. فقال له رسول اللَّه ﷺ : "صدقت" . واستُشهد يومئذٍ. وأبي كثير من الناس إلّا الخروج إلى العدوّ، ولم يتناهوا إلى قول رسول اللَّه ﷺ ورأيه، ولو رضوا بالذي أمرهم كان ذلك، ولكن غلب القضاء والقدر، وعامّة من أشار عليه بالخروج رجالٌ لم يشهدوا بدرًا، قد علموا الذي سبق لأصحاب بدرٍ من الفضيلة، فلمّا صلّى رسول اللَّه ﷺ الجمعة، وعظ الناس وذكّرهم وأمرهم بالجدّ والجهاد، ثم انصرف من خطبته وصلاته، فدعا بلأمته فلبسها، ثم أذّن في الناس بالخروج، فلمّا رأى ذلك رجالٌ من ذوي الرأي، قالوا: أمرنا رسول اللَّه ﷺ أن نمكث بالمدينة، وهو أعلم باللَّه وما يريد، ويأتيه الوحي من السماء، فقالوا: يا رسول اللَّه، امكث كما أمرتنا. فقال: "ما ينبغي لنبيٍّ إذا أخذ لأمة الحرب وأذّن بالخروج إلى العدوّ، أن يرجع حتى يقاتل، وقد دعوتكم إلى هذا الحديث فأبيتم إلّا الخروج، فعليكم بتقوى اللَّه والصبر عند البأس إذا لقيتم العدوّ، وانظروا ما آمركم به فافعلوه" . قال: فخرج رسول اللَّه ﷺ والمسلمون، فسلكوا على البدائع، وهم ألف رجلٍ، والمشركون ثلاثة آلافٍ، فمضى رسول اللَّه ﷺ حتى نزل بأحدٍ، ورجع عنه عبد اللَّه بن أُبيّ بن سلول في ثلاثمئةٍ، فبقي رسول اللَّه ﷺ ، في سبعمئةٍ.

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