Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Bourdah, d’après Abou Bourdah, d’après Abou Moussa al-Ach‘arî, rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit :

« J’ai vu en songe que j’émigrais de La Mecque vers une terre plantée de palmiers. Mon esprit me portait alors à croire qu’il s’agissait d’Al-Yamâma ou de Hajar, mais il s’agissait en vérité de Médine, Yathrib. Et j’ai vu en rêve que je secouais une épée dont la lame s’est brisée au niveau de sa pointe, ce qui correspond à ce qu’avaient subi les croyants le jour d’Uhud. Puis je l’ai à nouveau secouée, et elle m’est revenue dans un meilleur état qu’auparavant : telle est la victoire qu’Allah a accordée et l’union qu’Il a réalisée entre les croyants. Dans ce même songe, j’ai vu également des bœufs, et Allah est Celui qui accorde le bien. Les bœufs représentent un groupe de croyants le jour d’Uhud ; quant au bien, il correspond aux bienfaits qu’Allah nous a accordés et à la récompense de la sincérité qu’Il nous a octroyée après le jour de Badr. » (1)

Al-Bayhaqî (2) a dit : « Abou ‘Abd Allah al-Hâfidh nous a informés, Al-Aṣamm nous a informés, Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn ‘Abd al-Ḥakam nous a informés, Ibn Wahb nous a informés, lequel tenait son propos de Ibn Abî al-Zinâd, lui-même d’après son père, d’après ‘Ubayd Allah ibn ‘Abd Allah ibn ‘Utba, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) s’est attribué l’épée Dhû al-Faqâr le jour de Badr. C’est cette même épée à propos de laquelle il fit le rêve qu’il raconta le jour d’Uhud. En effet, lorsque les polythéistes se présentèrent le jour d’Uhud, le Prophète (ﷺ) estimait préférable de rester à Médine pour les combattre à l’intérieur de la ville. Mais des hommes qui n’avaient pas assisté à Badr dirent : ‘Ô Messager d’Allah, sors avec nous et combattons-les à Uhud !’ Ils espéraient ainsi obtenir le même mérite que les compagnons de Badr. Ils insistèrent tant que le Prophète (ﷺ) endossa son équipement. Puis ils eurent des regrets et dirent : ‘Ô Messager d’Allah, demeure ici, car ton opinion nous semble maintenant la meilleure.’ Il leur répondit :

“Il ne convient pas à un Prophète d’ôter son équipement après l’avoir revêtu, avant qu’Allah ne tranche entre lui et son ennemi.”

Ce jour-là, avant de revêtir son équipement, il leur avait dit :

“J’ai vu en rêve que je portais une solide cotte de mailles, et j’en ai fait l’exégèse comme étant Médine. J’ai vu que je montais en croupe avec un bélier : je l’ai interprété comme étant le chef de la troupe. Et j’ai vu que mon épée Dhû al-Faqâr était ébréchée : j’y ai vu le présage d’un choc qui vous toucherait. Par ailleurs, j’ai vu des bœufs égorgés, et, par Allah, il n’y a en cela que du bien.”” »

At-Tirmidhî et Ibn Mâjah rapportent également ce hadith d’après ‘Abd ar-Raḥmân ibn Abî az-Zinâd, le tenant de son père (3).

Al-Bayhaqî (4) rapporte, selon la chaîne qui remonte à Ḥammâd ibn Salama, d’après ‘Alî ibn Zayd, d’après Anas — propos attribué au Prophète (ﷺ) — qui a dit :

« J’ai vu en songe que je montais en croupe avec un bélier, et que la pointe de mon épée s’était brisée. Je l’ai interprété par le fait que je tuerais le bélier des ennemis et que la pointe brisée de mon épée annoncerait la mort d’un homme de ma propre lignée. »

C’est ainsi que Ḥamza trouva la mort et que le Messager d’Allah (ﷺ) tua Ṭalḥa, le porte-étendard des Quraych.

Mûsâ ibn ‘Uqba relate : « Les Quraych firent demi-tour et allèrent mobiliser tous ceux, parmi les polythéistes arabes, qui accepteraient de les suivre, et Abou Sufyân ibn Ḥarb s’avança à la tête de l’armée de Quraych, au mois de Shawwâl de l’année qui suivit la bataille de Badr, jusqu’à ce qu’ils campent dans la vallée… »

(1) Le terme de la divinité n'apparaît pas dans (ṭ). (2) Voir « Dalāʾil al-Nubuwwa » (t. 3, p. 204). (3) Rapporté par al-Tirmidhī n° 1561 et Ibn Māja n° 2808, c'est un hadith ḥasan, dont la chaîne comprend Ibn Abī al-Zinād. Al-Ḥāfiẓ ad-Dhahabī dit dans « Mīzān al-Iʿtidāl » (t. 2, p. 576) qu'un groupe l'a rencontré (c’est-à-dire a trouvé un hadith similaire) et l’a jugé ʿadl (fiable). Si Dieu le veut, il est ḥasan dans la narration. (4) Dans « Dalāʾil al-Nubuwwa » (t. 3, p. 205), dont la chaîne est faible, et la vérité est que celui qui a tué Ṭalḥa est ʿAlī ibn Abī Ṭālib (que la paix soit sur lui).
بردة، عن أبي بردة، عن أبي موسى الأشعريّ، عن النبيّ ﷺ قال: "رأيت في المنام أنّي أهاجر من مكة إلى أرضٍ بها نخلٌ، فذهب وهَلي إلى أنّها اليمامة أو هجر، فإذا هي المدينة يثرب، ورأيت في رؤياي هذه أني هززت سيفًا فانقطع صدره، فإذا هو ما أصيب من المؤمنين يوم أحدٍ، ثم هززته أخرى، فعاد أحسن ما كان، فإذا هو ما جاء اللَّه به من الفتح واجتماع المؤمنين، ورأيت فيها أيضًا بقرًا، واللَّه خيرٌ، فإذا هم النّفر من المؤمنين يوم أحدٍ، وإذا الخير ما جاء اللَّه به من الخير وثواب الصّدق الذي آتانا اللَّه (١) بعد يوم بدرٍ" . وقال البيهقيّ (٢) : أخبرنا أبو عبد اللَّه الحافظ، أخبرنا الأصمّ، أخبرنا محمد بن عبد اللَّه بن عبد الحكم، أخبرنا ابن وهبٍ، أخبرني ابن أبي الزّناد، عن أبيه، عن عبيد اللَّه بن عبد اللَّه بن عتبة، عن ابن عباسٍ، قال: تنفّل رسول اللَّه ﷺ سيفه ذا الفقَار يوم بدرٍ. قال ابن عباسٍ: وهو الذي رأى فيه الرؤيا يوم أحدٍ؛ وذلك أنّ رسول اللَّه ﷺ لمّا جاءه المشركون يوم أحدٍ، كان رأيه أن يقيم بالمدينة، فيقاتلهم فيها، فقال له ناسٌ لم يكونوا شهدوا بدرًا: تخرج بنا يا رسول اللَّه إليهم نقاتلهم بأحدٍ. ورجَوا أن يصيبهم من الفضيلة ما أصاب أهل بدرٍ، فما زالوا برسول اللَّه ﷺ حتى لبس أداته، ثم ندموا وقالوا: يا رسول اللَّه، أقم، فالرّأي رأيك. فقال لهم: "ما ينبغي لنبيٍّ أن يضع أداته بعدما لبسها، حتى يحكم اللَّه بينه وبين عدوّه" . قال: وكان قال لهم يومئذٍ قبل أن يلبس الأداة: "إنّي رأيت أنّي في درع حصينةٍ، فأوّلتها المدينة، وأنّي مردفٌ كبشًا، فأوّلته كبش الكتيبة، ورأيت أنّ سيفي ذا الفقَار فُلّ، فأوّلته فَلًّا فيكم، ورأيت بقرًا تذبح، فبقرٌ، واللَّه خيرٌ" . ورواه التّرمذيّ وابن ماجه، من حديث عبد الرحمن بن أبي الزناد، عن أبيه به (٣) . وروى البيهقيّ (٤) من طريق حمّاد بن سلمة، عن علي بن زيدِ، عن أنسٍ مرفوعًا، قال: "رأيت فيما يرى النائمُ كأنّي مردفٌ كبشًا، وكأن ظبة سيفي انكسرت، فأوّلت أنّي أقتل كبش القوم، وأوّلت كسر ظبة سيفي قتل رجلٍ من عترتي" . فقتل حمزة، وقتل رسول اللَّه ﷺ طلحة، وكان صاحب اللّواء. وقال موسى بن عقبة: ورجعت قريشٌ فاستجلبوا من أطاعهم من مشركي العرب، وسار أبو سفيان بن حربٍ في جمع قريشٍ، وذلك في شوالٍ من السنة المقبلة من وقعة بدرٍ، حتى نزلوا ببطن
(١) لفظ الجلالة لم يرد في (ط). (٢) انظر "دلائل النبوة" (٣/ ٢٠٤). (٣) رواه الترمذي رقم (١٥٦١) وابن ماجه رقم (٢٨٠٨)، وهو حديث حسن، في سنده ابن أبي الزناد، قال الحافظ الذهبي في (ميزان الاعتدال) (٢/ ٥٧٦) وقد مشاه جماعة وعدَّلوه، وهو إن شاء اللَّه حسن الحال في الرواية. (٤) في "دلائل النبوة" (٣/ ٢٠٥)، وإسناده ضعيف، والصحيح أن الذي قتل طلحة، علي بن أبي طالب ﵁ .

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