«Nous le détestons, et il se tient à l’une des portes de l’Enfer.»
As-Suhailî dit, pour étayer ce hadith : «Il est établi que le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : “L’homme est avec celui qu’il aime.”» Il s’agit là d’une interprétation singulière de la part d’as-Suhailî, car ce hadith, en réalité, concerne les gens et non la montagne, que l’on ne peut qualifier d’“homme.”
Cette expédition (la bataille d’Uhud) eut lieu au mois de Chawwâl de la troisième année (de l’Hégire). C’est ce qu’ont rapporté az-Zuhri, Qatâda, Mûsâ ibn ‘Uqba, Muhammad ibn Ishâq et Mâlik(1). Ibn Ishâq a précisé : «Ce fut à la mi-Chawwâl.» Qatâda a dit : «Le samedi onzième du mois.» Et Mâlik a indiqué : «L’affrontement se déroula au début de la journée.»
C’est, selon l’opinion la plus connue, à ce propos que Dieu révéla Ses paroles : «Et lorsque tu sortis, au petit matin, de chez toi, pour assigner aux croyants leurs places au combat – Dieu est Audient et Omniscient – quand deux de vos troupes furent sur le point de fléchir, alors que Dieu est leur allié. Qu’en Dieu donc s’en remettent les croyants ! Dieu vous a déjà secourus à Badr alors que vous étiez humiliés. Craignez Dieu, peut-être serez-vous reconnaissants. Quand tu disais aux croyants : “Ne vous suffirait-il pas que votre Seigneur vous renforce par trois mille Anges descendus (du ciel) ?” Certes, si vous êtes constants et pieux, et qu’ils vous attaquent de suite, votre Seigneur vous renforcera de cinq mille Anges marqués (de signes distinctifs).» (jusqu’à Sa parole) : «Dieu n’est point tel qu’Il laisse les croyants dans l’état où vous êtes, sans distinguer le mauvais du bon, et Dieu n’est point tel qu’Il vous fasse connaître l’inconnaissable…» [Coran 3 : 121-179].
Nous avons déjà présenté les détails de cet événement dans notre livre, ce qui y suffit amplement. Louange à Dieu et gratitude envers Lui pour Ses bienfaits.
Nous allons ici exposer un résumé de la bataille, d’après le récit rapporté par Muhammad ibn Ishâq et d’autres savants spécialisés dans ce domaine. Ibn Ishâq – que Dieu lui fasse miséricorde – a dit :
«Le récit d’Uhud, tel que me l’ont transmis Muhammad ibn Muslim az-Zuhri, Muhammad ibn Yahyâ ibn Hibban, ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda, al-Husayn ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Amr ibn Sa‘d ibn Mu‘âdh, et d’autres parmi nos maîtres (chacun rapportant une partie de ce récit), s’accorde sur ce que j’ai consigné. Ils (ou certains d’entre eux) ont dit : “Lorsque, le jour de Badr, les notables des polythéistes de Quraysh tombèrent près du puits et que leurs survivants retournèrent à La Mecque, tandis qu’Abû Sufyân ibn Harb rentrait avec sa caravane, ‘Abd Allâh ibn Abî Rabî‘a, ‘Ikrima ibn Abî Jahl et Safwân ibn Umayya, accompagnés d’hommes de Quraysh dont les pères, fils ou frères avaient péri à Badr, s’adressèrent à Abû Sufyân et à ceux, parmi Quraysh, qui détenaient des parts dans cette caravane. Ils leur dirent : ‘Ô gens de Quraysh, Muhammad vous a déjà infligé des pertes et a tué vos meilleurs hommes, alors aidez-nous par vos biens pour que nous puissions le combattre, dans l’espoir de laver notre honneur.’ Ce qu’ils acceptèrent de faire.”»
Ibn Ishâq(2) a également dit : «À leur propos – comme me l’a rapporté un savant – Dieu, exalté soit-Il, a révélé : “Certes, ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner (les hommes) du sentier de Dieu. Ils les dépenseront, puis cela sera sur eux un sujet de regret. Ensuite, ils seront vaincus, et les mécréants seront rassemblés en Enfer.” [Al-Anfâl : 36].»