Ibn Hishâm(1) rapporta – d’après Abû ‘Ubayda, lui-même citant Abû ‘Amr al-Madani – que cet événement eut lieu après l’exécution des Banû Qurayẓa, et que la personne mise à mort était Ka‘b ibn Yahûdhâ. Lorsque Muhayyisa le tua, conformément à l’ordre du Messager de Dieu (que la prière et le salut soient sur lui) le jour des Banû Qurayẓa, son frère Huwayyisa lui adressa certaines paroles. Muhayyisa lui rétorqua alors ce qui vient d’être mentionné. Ce jour-là, Huwayyisa embrassa l’islam. Dieu est plus savant.
Remarque : Al-Bayhaqî et, avant lui, Al-Bukhârî ont mentionné l’affaire des Banû an-Naḍîr avant la bataille de Uḥud, alors que l’avis correct est de la rapporter après cet événement, comme l’ont souligné Muḥammad ibn Isḥâq et d’autres grands spécialistes des expéditions (maghâzî). La preuve en est que la prohibition du vin eut lieu pendant les nuits du siège des Banû an-Naḍîr. Or, il est rapporté dans le « Ṣaḥîḥ »(2) qu’un groupe de ceux qui furent tués en martyrs à Uḥud avait bu du vin le matin même avant de combattre. Cet indice montre que, durant la bataille de Uḥud, le vin était encore licite et qu’il ne fut interdit qu’ensuite. Il ressort donc clairement de ce qui vient d’être exposé que l’épisode des Banû an-Naḍîr eut lieu après la bataille de Uḥud(3). Dieu est plus savant.
Autre remarque : L’affaire des Juifs Banû Qaynuqâ‘ survint après la bataille de Badr, comme mentionné précédemment. Il en va de même pour le meurtre de Ka‘b ibn al-Ashraf – le Juif – perpétré par les Aws. L’affaire des Banû an-Naḍîr, quant à elle, eut lieu après Uḥud, comme il sera expliqué plus loin, ainsi que l’assassinat d’Abû Râfi‘, le négociant juif de la région du Hijâz, tué par les Khazraj selon l’opinion la plus connue. De même, les événements concernant les Banû Qurayẓa eurent lieu après le Jour des Coalisés et l’épisode du Fossé, comme il sera rapporté.
La bataille de Uḥud eut lieu au mois de Shawwâl de la troisième année (de l’hégire).
Un point bénéfique mentionné par l’auteur au sujet de la désignation « Uḥud » : il dit que cette montagne fut appelée « Uḥud » parce qu’elle est unique (tawaḥḥada) parmi cet ensemble de montagnes(4). Dans le « Ṣaḥîḥ »(5), il est rapporté : « Uḥud est une montagne qui nous aime et que nous aimons. » Certains ont dit que cela signifie : « ses habitants nous aiment et nous les aimons ». D’autres ont affirmé que, lorsqu’on revenait de voyage, cette montagne annonçait à la personne le rapprochement de ses proches, à la manière d’un être aimant. D’autres encore adoptent le sens littéral de cette parole, comme dans le verset : « Il en est parmi elles (les pierres) qui se fendent et l’eau en jaillit ; il en est qui s’affaissent par crainte de Dieu » (al-Baqara, 2 : 74).
Selon le ḥadîth rapporté d’Abû ‘Abs ibn Jabr(6) : « Uḥud nous aime et nous l’aimons. Il se tient à la porte du Paradis, tandis que ‘Âyir(7) nous déteste. »