Moussa ibn ‘Oqba a dit : Ka‘b ibn al-Ashraf, qui faisait partie de Banou an-Nadir ou en était l’un des membres, offensait le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) par ses satires. Il se rendit auprès de Qouraych pour les inciter (contre le Prophète). Abou Soufyan lui dit, alors qu’il était à la Mecque : « Je t’adjure par Dieu : entre notre religion et celle de Muhammad et de ses compagnons, laquelle est la plus aimée de Dieu ? Et d’après toi, qui de nous est le mieux guidé et le plus proche de la vérité ? Nous offrons en sacrifice des chamelles grasses, nous servons le lait avec l’eau, et nous leur donnons tout ce que peut apporter le nord. » Ka‘b ibn al-Ashraf lui répondit : « Vous êtes mieux guidés qu’eux. »
Alors Dieu fit descendre au sujet de Son Messager (que Dieu le bénisse et le salue) : « N’as-tu pas vu ceux à qui une part de l’Écriture fut donnée ? Ils croient au jibt et au tâghoût et disent à ceux qui ne croient pas : “Ceux-ci sont plus guidés sur la voie que ceux qui ont la foi.” Ceux-là, Dieu les a maudits ; et quiconque Dieu maudit, tu ne lui trouveras point de secoureur. » (Coran 4, 51-52)
Moussa et Muhammad ibn Ishaq (1) ont rapporté : Ka‘b arriva à Médine et s’employa à afficher son hostilité, à encourager tout le monde à faire la guerre, puis il quitta la Mecque seulement après avoir obtenu que la décision de combattre le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) fût arrêtée. Il se mit aussi à composer des vers qui touchaient Umm al-Fadl bint al-Harith et d’autres femmes musulmanes, les offensant grandement.
Ibn Ishaq (2) a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), comme me l’a rapporté ‘Abdallah ibn al-Moughith ibn Abi Bardah, déclara : « Qui se chargera de (tuer) Ibn al-Ashraf ? » Muhammad ibn Maslamah, de la tribu de Banou ‘Abd al-Ashhal, répondit : « Moi, ô Messager de Dieu, je le tuerai. » Il lui dit : « Fais-le, si tu en as la possibilité. » Muhammad ibn Maslamah retourna alors chez lui et resta trois jours sans manger et sans rien faire, hormis le strict nécessaire. Quand on informa le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) de son état, il le convoqua et lui demanda : « Pourquoi délaisses-tu la nourriture et la boisson ? » Muhammad répondit : « Ô Messager de Dieu, je t’ai fait une promesse dont je ne suis pas sûr de pouvoir m’acquitter. » Il dit : « Tu n’as à faire que de ton mieux. » Muhammad ibn Maslamah reprit : « Ô Messager de Dieu, nous serons contraints de dire des choses (pour tromper Ka‘b). » Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) répondit : « Dites ce qui vous semblera nécessaire, je vous en donne l’autorisation. »
Muhammad ibn Maslamah s’adjoignit alors le concours de ceux qui prendraient part à l’assassinat de Ka‘b : Silkân ibn Salâmah ibn Waqach, alias Abou Nâ’ila, de Banou ‘Abd al-Ashhal et frère de lait de Ka‘b ibn al-Ashraf, ‘Abbâd ibn Bichr ibn Waqach, également de Banou ‘Abd al-Ashhal, Al-Hârith ibn Aws ibn Mou‘âdh, de la même branche, et Abou ‘Abs ibn Jabr, de Banou Hârithah. Ils envoyèrent d’abord Abou Nâ’ila vers cet ennemi de Dieu, Ka‘b. Celui-ci s’entretint longuement avec lui ; ils récitèrent des poèmes (car Abou Nâ’ila composait de la poésie). Puis Abou Nâ’ila lui dit : « Malheur à toi, ô fils d’al-Ashraf ! Je suis venu t’exposer une affaire que je voudrais te confier, garde-la donc secrète. » Ka‘b répondit : « Je le ferai. » Abou Nâ’ila poursuivit : « L’arrivée de cet homme (le Prophète) parmi nous est un véritable fléau : les Arabes se sont unis contre nous et nous ont frappés d’un seul trait, nous coupant les routes au point que nos familles sont appauvries et que nos biens se sont épuisés ; nous sommes à bout et nos proches également. » Ka‘b ibn