Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Isḥāq (1) a dit : « Un client (mawlā) de Zayd ibn Thābit m’a rapporté, d’après Saʿīd ibn Jubayr ou d’après ʿIkrima, provenant d’Ibn ʿAbbās, qui a déclaré : “Ces versets ne furent révélés qu’à leur sujet : « Dis à ceux qui ont mécru : Vous serez vaincus et rassemblés en Enfer. Quel mauvais lit ! (12) Il y a certes un signe pour vous dans les deux troupes qui se sont affrontées », faisant allusion aux compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) lors de la bataille de Badr et aux Quraychites : « une troupe combattait dans le sentier de Dieu, et l’autre était mécréante, pensant qu’ils étaient deux fois plus nombreux qu’eux, selon la vision oculaire. Dieu soutient de Sa victoire qui Il veut. Voilà bien une leçon pour les clairvoyants » [Āl ʿImrān, 12-13].” »

Ibn Isḥāq (3) a aussi rapporté : « ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a informé que les Banū Qaynuqāʿ furent les premiers parmi les Juifs à rompre le pacte et à entrer en conflit, entre [les batailles de] Badr et de Uḥud. »

Ibn Hishām (4) a fait mention du fait que ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Maswar ibn Makhrama, d’après Abū ʿAwn, rapporta : « L’affaire concernant les Banū Qaynuqāʿ est qu’une femme arabe arriva avec des marchandises à vendre sur leur marché ; après les avoir vendues, elle s’assit auprès d’un orfèvre (ṣāʾigh) parmi eux. Ils insistèrent pour qu’elle dévoilât son visage, mais elle refusa. Alors l’orfèvre saisit un pan de son vêtement et l’attacha à son dos. Quand elle se leva, sa nudité apparut, et ils se mirent à rire. Elle poussa un cri, et un homme musulman se rua sur l’orfèvre et le tua, or cet orfèvre était juif. Les Juifs s’en prirent alors au musulman et le tuèrent. La famille de ce musulman fit appel à d’autres musulmans pour les assister contre les Juifs, et cela provoqua la colère des musulmans. C’est ainsi qu’éclata le conflit entre eux et les Banū Qaynuqāʿ. »

Ibn Isḥāq (6) rapporta encore : « ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) les assiégea jusqu’à ce qu’ils se rendent à son jugement. Alors ʿAbd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl s’avança vers lui, une fois que Dieu lui eut donné la victoire sur eux, et dit : ‘Ô Muḥammad, traite de façon bienveillante mes alliés’, car ils étaient alliés aux Khazraj. Le Messager de Dieu (ﷺ) demeura silencieux. ʿAbd Allāh reprit : ‘Ô Muḥammad, traite de façon bienveillante mes alliés.’ Mais le Prophète (ﷺ) se détourna. ʿAbd Allāh mit alors la main dans l’ouverture de la cotte de mailles du Prophète (ﷺ).” Ibn Hishām (7) précise qu’on la surnommait ‘Dhāt al-Fuḍūl’. Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : ‘Lâche-moi.’ Sa colère devint telle que l’on voyait de l’obscurité sur son visage ; puis il répéta : ‘Malheur à toi, lâche-moi !’ ʿAbd Allāh répondit : ‘Non, par Dieu, je ne te lâcherai pas tant que tu n’accorderas pas ta bienveillance à mes alliés : quatre cents hommes sans armure et trois cents hommes en armure, qui m’ont protégé contre tous, veux-tu les anéantir en une seule matinée ? Par Dieu, je suis un homme qui redoute les revers du destin.’ Le Messager de Dieu (ﷺ) conclut alors : ‘Ils sont à toi.’” »

(1) Voir "La Sira du Prophète" d'Ibn Ishaq, p. 294. (2) Dans les éditions (A) et (T) : "wa 'an" (et d'après), et l'expression "La Sira du Prophète" selon Ibn Hichâm est conservée (2/47). (3) Voir "La Sira du Prophète" d'Ibn Ishaq, p. 295. (4) Voir "La Sira du Prophète" d'Ibn Hichâm (2/47-48). (5) Dans "La Sira du Prophète" d'Ibn Hichâm : "maghdhub" (en colère). (6) Voir "La Sira du Prophète" d'Ibn Ishaq, p. 295. (7) Voir "La Sira du Prophète" d'Ibn Hichâm (2/49).
قال ابن إسحاق (١) : فحدثني مولًى لزيد بن ثابتٍ، عن سعيد بن جبيرٍ، أو عن (٢) عكرمة، عن ابن عباس قال: ما نزل هؤلاء الآيات إلّا فيهم: ﴿قُلْ لِلَّذِينَ كَفَرُوا سَتُغْلَبُونَ وَتُحْشَرُونَ إِلَى جَهَنَّمَ وَبِئْسَ الْمِهَادُ (١٢) قَدْ كَانَ لَكُمْ آيَةٌ فِي فِئَتَيْنِ الْتَقَتَا﴾ يعني أصحاب بدرٍ من أصحاب رسول اللَّه ﷺ وقريشٍ: ﴿فِئَةٌ تُقَاتِلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَأُخْرَى كَافِرَةٌ يَرَوْنَهُمْ مِثْلَيْهِمْ رَأْيَ الْعَيْنِ وَاللَّهُ يُؤَيِّدُ بِنَصْرِهِ مَنْ يَشَاءُ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَعِبْرَةً لِأُولِي الْأَبْصَارِ﴾ [آل عمران: ١٢ - ١٣] . قال ابن إسحاق (٣) : وحدّثني عاصم بن عمر بن قتادة أنّ بني قينقَاع كانوا أول يهود نقضوا العهد وحاربوا فيما بين بدرٍ وأحدٍ. قال ابن هشامٍ (٤) : فذكر عبد اللَّه بن جعفر بن عبد الرحمن بن المسْوَر بن مخرمة، عن أبي عونٍ، قال: كان من أمر بني قينقاع أن امرأة من العرب قدمت بجلبٍ لها، فباعته بسوق بني قينقاع، وجلست إلى صائغٍ هناك منهم، فجعلوا يريدونها على كشف وجهها، فأبت، فعمد الصائغ إلى طرف ثوبها فعقده إلى ظهرها، فلمّا قامت انكشفت سوأتها؛ فضحكوا بها، فصاحت، فوثب رجلٌ من المسلمين على الصَّائغ فقتله، وكان يهوديًّا، فشدّت اليهود على المسلم فقتلوه، فاستصرخ أهل المسلم المسلمين على اليهود، فأُغضب (٥) المسلمون، فوقع الشرّ بينهم وبين بني قينقاع. قال ابن إسحاق (٦) : فحدّثني عاصم بن عمر بن قتادة قال: فحاصرهم رسول اللَّه ﷺ حتى نزلوا على حكمه، فقام إليه عبد اللَّه بن أُبيٍّ بن سلول، حين أمكنه اللَّه منهم، فقال: يا محمد، أحسن في مواليّ -وكانوا حلفاء الخزرج- قال: فأبطأ عليه رسول اللَّه ﷺ ، فقال: يا محمد، أحسن في مواليّ. قال: فأعرض عنه. قال: فأدخل يده في جيب درع النبيّ ﷺ قال ابن هشامٍ (٧) : وكان يقال لها: ذات الفضول- فقال له رسول اللَّه ﷺ : "أرسلني" . وغضب رسول اللَّه ﷺ حتى رأوا لوجهه ظُلَلًا، ثم قال: "ويحك أرسلني" . قال: لا واللَّه لا أُرسلك حتى تحسن في مواليّ؛ أربعمئة حاسرٍ وثلاثمئة دارعٍ، قد منعوني من الأحمر والأسود، تحصدهم في غداةٍ واحدةٍ، إني واللَّه امرؤٌ أخشى الدّوائر. قال: فقال له رسول اللَّه ﷺ : "هم لك" .
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن إسحاق ص (٢٩٤). (٢) في (أ) و (ط): "وعن" وأثبت لفظ "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٧). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن إسحاق ص (٢٩٥). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٧ - ٤٨). (٥) في "السيرة النبوية" لابن هشام: "مغضب". (٦) انظر "السيرة النبوية" لابن إسحاق ص (٢٩٥). (٧) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٩).

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