Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Chapitre au sujet de l’entrée de ʿAlī ibn Abī Ṭālib (– qu'Allah soit satisfait de lui –) auprès de son épouse Fāṭima, fille du Messager de Dieu (ﷺ), en l’an deux après la bataille de Badr, comme le rapportent al-Bukhārī et Muslim(1) d’après la chaîne de transmission allant de l’imām al-Zuhrī à ʿAlī ibn al-Ḥusayn, puis à son père al-Ḥusayn ibn ʿAlī, et enfin à ʿAlī ibn Abī Ṭālib.

Celui-ci raconta : « J’avais reçu une chamelle âgée (shārif) comme part de butin le jour de Badr, et le Prophète (ﷺ) m’avait donné une autre chamelle du cinquième (khumus) que Dieu avait accordé ce jour-là. Quand je voulus célébrer mon mariage avec Fāṭima, la fille du Prophète (ﷺ), je convins avec un orfèvre du clan Banū Qaynuqāʿ de partir avec moi pour aller chercher de l’idhkhir (une herbe à parfum). Je désirais le vendre aux orfèvres pour m’aider à couvrir les frais du festin de noces. Tandis que je rassemblais des selles, des sacoches et des cordes pour mes deux chamelles, ces dernières étaient agenouillées près de la demeure d’un homme des Anṣār. Lorsque j’eus fini de réunir ce qu’il me fallait, je découvris que mes deux chamelles avaient les bosses tranchées, le flanc éventré et qu’on en avait prélevé le foie. La vue de ce spectacle me bouleversa et mes larmes coulèrent. Je demandai : “Qui a fait cela ?” On me répondit : “C’est Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, il est là, dans cette maison, en train de boire avec des hommes des Anṣār, et il y a une chanteuse auprès d’eux.” Elle chantait :

[du mètre al-wāfir]
« Hâte-toi, ô Ḥamza, vers la gloire la plus haute ».

Alors Ḥamza saisit son sabre, trancha les bosses des deux chamelles(2), éventra leurs flancs et en préleva le foie. » ʿAlī reprit : « Je me rendis aussitôt auprès du Prophète (ﷺ), qui se trouvait avec Zayd ibn Ḥāritha. Le Prophète (ﷺ) vit à mon visage l’épreuve que je venais de traverser et me dit : “Qu’as-tu ?” Je répondis : “Ô Messager de Dieu, rien de semblable ne m’était jamais arrivé : Ḥamza s’en est pris à mes deux chamelles, il leur a coupé les bosses, il a éventré leur flanc et il se trouve en ce moment dans une maison où l’on boit. ” Alors le Prophète (ﷺ) saisit son manteau, le revêtit et se mit en marche. Je le suivis avec Zayd ibn Ḥāritha jusqu’à ce que nous parvenions à la maison où se trouvait Ḥamza. Le Prophète (ﷺ) demanda la permission d’entrer et on la lui donna. Il se mit à réprimander Ḥamza pour ce qu’il avait fait. Or, Ḥamza était ivre, les yeux injectés de sang ; il fixa alors son regard sur le Prophète (ﷺ), puis le remonta jusqu’à ses genoux, puis encore jusqu’à son visage et s’exclama : “N’êtes-vous pas tous les esclaves de mon père ?” C’est alors que le Prophète (ﷺ) comprit qu’il était ivre, et il se retira en reculant, puis nous sommes sortis avec lui. » Tel est le texte d’al-Bukhārī dans son « Livre des expéditions ».

Al-Bukhārī a rapporté ce récit à plusieurs autres endroits de son Ṣaḥīḥ, selon de nombreuses variantes. Ce hadith prouve ce que nous avons déjà mentionné : les dépouilles de Badr furent bel et bien soumises au prélèvement du cinquième (khumus), contrairement à ce qu’a prétendu Abū ʿUbayd al-Qāsim ibn Sallām dans son ouvrage « Al-Amwāl »(3), selon lequel le cinquième n’aurait été révélé qu’après… »

(1) Rapporté par al-Bukhārī, n° 4003, et Muslim, n° 1979. (2) Dans (A) : « asnamtu-hā ». (3) Voir « Kitāb al-Amwāl », p. 384.
فصل في دخول علي بن أبي طالبٍ، (رضي الله عنه) على زوجته فاطمة بنت رسول اللَّه ﷺ - وذلك في سنة ثنتين بعد وقعة بدرٍ، لما رواه البخاريّ ومسلمٌ (١) ، من طريق الزّهريّ، عن عليٍّ بن الحسين، عن أبيه الحسين بن عليٍّ، عن عليٍّ بن أبي طالبٍ قال: كانت لي شارفٌ من نصيبي من المغنم يوم بدرٍ، وكان النبيّ ﷺ أعطاني شارفًا ممّا أفاء اللَّه عليه من الخمس يومئذٍ، فلمّا أردت أن أبتنيَ بفاطمة بنت النبيّ ﷺ ، واعدت رجلًا صوّاغًا في بني قينقاع أن يرتحل معي فنأتي بإذخرٍ، فأردت أن أبيعه من الصّوّاغين فأستعين به في وليمة عرسي، فبينا أنا أجمع لشارفيّ من الأقتاب والغرائر والحبال، وشارفايَ مناختان إلى جنب حجرة رجلٍ من الأنصار، حتى جمعت ما جمعت، فإذا أنا بشارفيّ قد أُجبّت أسنمتها، وبُقرت خواصرهما، وأُخذ من أكبادهما، فلم أملك عيني حين رأيت المنظر، فقلت: من فعل هذا؟ قالوا: فعله حمزة بن عبد المطّلب، وهو في هذا البيت، وهو في شَربٍ من الأنصار، وعنده قَينةٌ وأصحابه، فقالت في غنائها: [من الوافر] ألا يا حمزُ للشّرف النّواء فوثب حمزة إلى السيف، فأجبّ أسنمتهما (٢) ، ويقر خواصرهما وأخذ من أكبادهما. قال عليٌّ: فانطلقت حتى أدخل على النبيّ ﷺ وعنده زيد بن حارثة، فعرف النبيّ ﷺ الذي لقيت فقال: "ما لك؟ " . فقلت: يا رسول اللَّه، ما رأيت كاليوم، عدا حمزة على ناقتيّ فأجبّ أسنمتهما، وبقر خواصرهما، وها هو ذا في بيتٍ معه شَربٌ، فدعا النبيّ ﷺ بردائه فارتداه، ثم انطلق يمشي، واتّبعته أنا وزيد بن حارثة حتى جاء البيت الذي فيه حمزة، فاستأذن عليه فأذن له، فطفق النبيّ ﷺ يلوم حمزة فيما فعل، فإذا حمزة ثمِلٌ محمرّةٌ عيناه، فنظر حمزة إلى النبيّ ﷺ ، ثم صعّد النّظر فنظر إلى ركبتيه، ثم صعّد النظر فنظر إلى وجهه، ثم قال حمزة: وهل أنتم إلّا عبيدٌ لأبي؟ فعرف النبيّ ﷺ أنّه ثمِلٌ، فنكص رسول اللَّه ﷺ على عقبيه القهقرى، فخرج وخرجنا معه، هذا لفظ البخاريّ في كتاب المغازي. وقد رواه في أماكن أُخر من "صحيحه" بألفاظٍ كثيرةٍ، وفي هذا دليلٌ على ما قدّمناه من أن غنائم بدرٍ قد خمّست، لا كما زعمه أبو عبيدٍ القاسم بن سلّامٍ في كتاب "الأموال" (٣) ، من أنّ الخمس إنّما نزل بعد
(١) رواه البخاري رقم (٤٠٠٣) ومسلم رقم (١٩٧٩). (٢) في (أ): "أسنمتها". (٣) انظر "كتاب الأموال" ص (٣٨٤).

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