Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Isḥāq (1) rapporte : Lorsque Abū Sufyān, comme me l’ont transmis Muḥammad b. Jaʿfar b. al-Zubayr, Yazīd b. Rumān et d’autres que je ne mets pas en cause, d’après ʿAbd Allāh b. Kaʿb b. Mālik – qui comptait parmi les plus instruits des Anṣār –, revint à La Mecque après le retour de l’armée vaincue de Qurayš suite à la bataille de Badr, il fit le vœu de ne pas se verser d’eau sur la tête après un rapport conjugal avant d’avoir attaqué Muḥammad. Il partit donc avec deux cents cavaliers de Qurayš pour accomplir son serment.

Il emprunta la route du Najd jusqu’à camper à Ṣadr Qanāh, près d’une montagne nommée Thayb (2), située à une distance d’environ un barīd (une étape) ou un peu plus de Médine. Puis il sortit de nuit et se rendit auprès de Banū al-Naḍīr, toujours dans la nuit. Il alla d’abord chez Ḥuyayy b. Akhṭab, frappa à sa porte, mais celui-ci refusa de lui ouvrir, le craignant. Abū Sufyān le quitta et alla trouver Sallām b. Miškam, qui était alors le chef des Banū al-Naḍīr et le gardien de leur trésor. Il demanda l’autorisation d’entrer, reçut la permission et fut accueilli, hébergé et abreuvé. Sallām l’informa en détail de la situation des gens. Puis Abū Sufyān sortit avant la fin de la nuit pour rejoindre ses compagnons. Il envoya alors plusieurs hommes de Qurayš qui gagnèrent un secteur nommé al-ʿArīḍ, y mirent le feu dans quelques palmiers, et trouvèrent un homme des Anṣār ainsi qu’un allié à lui dans leur champ. Ils les tuèrent, puis se retirèrent et repartirent. Dès que la population l’apprit, le Messager de Dieu (ﷺ) sortit à leur poursuite.

Ibn Hishām (3) dit : Il laissa à Médine Abū Lubāba Bashīr b. ʿAbd al-Mundhir pour la diriger. Ibn Isḥāq rapporte : Le Prophète arriva jusqu’à Qarqurat al-Kudr puis revint sur ses pas, manquant Abū Sufyān et ses hommes. Les compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) trouvèrent de nombreuses provisions que les polythéistes avaient abandonnées pour s’alléger ; la plupart étaient du sawīq (farine d’orge grillée). On appela donc cette expédition « la campagne du Sawīq ».

Les musulmans demandèrent : « Ô Messager de Dieu, pouvons-nous espérer que cela compte pour nous comme une expédition (méritoire) ? » Il répondit : « Oui. »

Ibn Isḥāq (4) rapporte : Abū Sufyān composa sur cette expédition, faisant l’éloge de Sallām b. Miškam le Juif :

« J’ai choisi Médine comme unique lieu d’alliance ; je ne m’en suis ni repenti ni blâmé.
Sallām b. Miškam m’a abreuvé, rassasié d’un vin rouge et capiteux, en hâte.
Quand l’armée se mit en marche, je dis sans chercher à l’exalter : “Réjouis-toi d’une attaque et d’un butin.”
Réfléchis, car ces gens forment une troupe solide. Ils sont la lignée authentique de Luʾayy, non un métissage de Jurhum.
Ce ne fut qu’une partie de la nuit lorsqu’un cavalier arriva à vive allure, dépourvu de tout lien d’amitié et sans ressource. »

(1) Voir "La Sīra prophétique" d'Ibn Hichām (2/44-45). (2) Dans l'édition (ṭ), "Nīb" est correct, contrairement à ce qui figure dans l'édition (ʾ), qui est erronée. Pour une explication complète, voir le commentaire de notre savant éminent Hamad al-Jassir sur "Al-Maghānim al-Muṭāba" d'al-Fīrūzābādī, p. 85. (3) Voir "La Sīra prophétique" d'Ibn Hichām (2/45). (4) Voir "La Sīra prophétique" d'Ibn Isḥāq, p. 291.
قال ابن إسحاق (١) : وكان أبو سفيان -كما حدّثني محمد بن جعفر بن الزّبير، ويزيد بن رومان، ومن لا أتّهم- عن عبد اللَّه بن كعب بن مالكٍ، وكان من أعلم الأنصار، حين رجع إلى مكة ورجع فَلُّ قريشٍ من بدرٍ، نذر أن لا يمسّ رأسه ماءٌ من جنابةٍ حتى يغزو محمدًا، فخرج في مئتي راكبٍ من قريشٍ لتبرّ يمينه، فسلك النّجديّة حتى نزل بصدر قناةٍ إلى جبلٍ يقال له: ثيبٌ (٢) . من المدينة على بريد أو نحوه، ثم خرج من الليل حتى أتى بني النّضير تحت الليل، فأتى حُيَيّ بن أخطب، فضرب عليه بابه، فأبى أن يفتح له وخافه، فانصرف عنه إلى سلّام بن مشكمٍ، وكان سيّد بني النّضير في زمانه ذلك، وصاحب كنزهم، فاستأذن عليه فأذن له، فقراه وسقاه، وبَطن له من خبر الناس، ثم خرج في عقب ليلته حتى أتى أصحابه، فبعث رجالًا من قريشٍ، فأتوا ناحيةً منها يقال لها: العريض، فحرّقوا في أصوارٍ من نخلٍ بها، ووجدوا رجلًا من الأنصار وحليفًا له في حرثٍ لهما، فقتلوهما وانصرفوا راجعين، فنذر بهم الناس، فخرج رسول اللَّه ﷺ في طبهم. قال ابن هشامٍ (٣) : واستعمل على المدينة أبا لبابة بَشير بن عبد المنذر. قال ابن إسحاق: فبلغ قرقرة الكدر، ثم انصرف راجعًا، وقد فاته أبو سفيان وأصحابه، ووجد أصحابُ رسول اللَّه ﷺ أزوادًا كثيرةً قد ألقاها المشركون يتخفّفون منها وعامّتها سويقٌ، فسمّيت غزوة السّويق. قال المسلمون: يا رسول اللَّه، أنطمع أن تكون هذه لنا غزوةً؟ قال: "نعم" . قالِ ابن إسحاق (٤) : وقال أبو سفيان فيما كان من أمره هذا، ويمدح سلّام بن مشكمٍ اليهوديّ: [من الطويل] وإنّي تخيّرت المدينة واحدًا … لحلفٍ فلم أندم ولم أتلوّمِ سقاني فروّاني كُمَيتًا مُدامةً … على عجَلٍ منّي سلام بن مشكم ولمّا تولّى الجيش قلت ولم أكن … لأُفرحه: أبشر بغزوٍ ومغنم تأمّل فإنّ القوم سرٌّ وإنّهم … صريح لؤيٍّ لا شماطيط جُرهم وما كان إلّا بعض ليلة راكبٍ … أتى ساعيًا من غير خلّة معدم
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٤ - ٤٥). (٢) في (ط): "نيب" وما جاء في (أ) هو الصواب، وانظر لتمام الفائدة تعليق شيخنا العلَّامة حمد الجاسر (رحمه الله) على "المغانم المطابة" للفيروزابادي ص (٨٥). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٥). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن إسحاق ص (٢٩١).

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