Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Ishaq rapporte (1) : « À ce propos, ‘Abd Allah ibn Rawâha (1), ou bien Abû Khaythama, le frère des Banû Sâlim ibn ‘Awf – Ibn Hishâm dit qu’il s’agit d’Abû Khaythama – composa ces vers (mètre at-tawîl) :

“Un être m’est venu, dont les hommes ne sauraient mesurer la valeur,
dénonçant en eux ce qu’ils ont infligé à Zaynab, de désobéissance et de péché.
Ne point couvrir de honte Muhammad s’agissant de son renvoi,
où rien ne le déshonore, alors qu’entre nous plane l’odeur du sang (1).
Et voici Abû Sufyân lié au pacte scellé avec Damdam,
contraint à nous combattre, malgré lui, affligé et repentant.
Nous avons confronté son fils ‘Amr, ainsi que son affranchi,
avec un guerrier solennel, habile à manier l’acier solidement.
Par serment, je l’affirme : nos bataillons ne cesseront d’avancer,
l’élite d’une armée chevauchant des montures puissantes, caparaçonnées.
Nous effraierons Qouraych la mécréante jusqu’à l’abattre,
marquant par un fer ardent leurs visages humiliés.
Nous les ferons descendre dans les environs de Najd et de Nakhlah,
et si d’aventure ils se replient avec chevaux et fantassins, nous en ferons de même.
Le temps soutiendra notre cause, sans infléchir notre rang,
et nous les rejoindrons, tâchant leurs pas de ceux d‘Âd et de Djourhum (2).
Alors regretteront ceux qui n’auront pas suivi Muhammad,
mais à quoi bon regretter quand viendra l’heure du regret !
Dis à Abû Sufyân, si tu le rencontres :
si tu n’accomplis pas sincèrement la prosternation et ne te soumets pas,
Attends-toi à un opprobre prompt en cette vie,
revêtu d’un habit de brai, voué à l’éternité dans la Géhenne.”

Ibn Ishaq dit (2) : « L’affranchi (mawla) de la main droite d’Abû Sufyân, auquel fait allusion le poète, est ‘Âmir ibn al-Hadramî. »
Ibn Hishâm précise : « Il s’agit plutôt de ‘Uqbah ibn ‘Abd al-Hârith ibn al-Hadramî. Quant à ‘Âmir ibn al-Hadramî, il fut tué le jour de Badr. »

Ibn Ishaq dit encore (3) : « Y azîd ibn Abî Habîb m’a rapporté, d’après Bukayr ibn ‘Abd Allah ibn al-Ashajj, d’après Sulaymân ibn Yasâr, d’après Abû Is h âq ad-Dawsî, d’après Abû Hurayrah, qui a dit : “Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) envoya une expédition militaire où je me trouvais. Il nous dit : ‘Si vous mettez la main sur Habbâr ibn al-Aswad et l’homme qui l’a accompagné jusqu’à Zaynab en la devançant, brûlez-les par le feu.’ Le lendemain, il nous dépêcha un message : ‘J’avais ordonné de brûler ces deux hommes si vous les capturiez, puis j’ai réfléchi : il ne convient à personne de punir par le feu si ce n’est Allah (Gloire à Lui). Si vous les capturez, tuez-les plutôt.’””

Ce hadith est rapporté exclusivement par Ibn Ishaq, et il remplit les conditions des Sunan (4), bien qu’ils ne l’aient pas inclus. Al-Bukhârî déclare (5) : « Qutaybah nous l’a transmis, al-Layth nous l’a transmis, d’après Bukayr, d’après Sulaymân ibn Yasâr, d’après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée)… ».

(1) Allusion à “l’odeur du sang” désignée dans l’expression ‘itr munashim, symbole de discorde et de conflit.
(2) ‘Âd et Djourhum : deux peuples anciens dont la tradition rapporte qu’ils furent anéantis pour leur mécréance.
(3) Rapporté par Ibn Ishaq.
(4) Les recueils reconnus de hadiths.
(5) Voir la chaîne de transmission chez al-Bukhârî.

(1) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichām (1/655‑656) et les vers dans son « Dīwān », p. 130. (2) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichām (1/656). (3) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichām (1/657). (4) Dans (a) et (ṭ) : « Vous l’avez prise », correction tirée de « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichām. (5) Dans (a) : « al-Shaykhayn ». Il s’agit d’une erreur du copiste ; l’auteur précise ensuite : « Ils ne l’ont pas rapporté », se référant aux auteurs des Sunan. (6) Rapporté par al-Bukhārī (3016).
قال ابن إسحاق (١) : فقال في ذلك عبد اللَّه بن رواحة (١) ، أو أبو خيثمة أخو بني سالم بن عوفٍ - قال ابن هشامٍ: هي لأبي خيثمة-: [من الطويل] أتاني الذي لا يقدر النَّاس قدره … لزينب فيهم من عقوقٍ ومأثمِ وإخراجها لم يخز فيها محمدٌ … على مأْقطٍ وبيننا عطر منشمِ وأمسى أبو سفيان من حلف ضمضمٍ … ومن حربنا في رغم أنفٍ ومندمِ قرنَّا ابنه عمرًا ومولى يمينه … بذي حلَقٍ جلد الصّلاصل محكمِ فأقسمت لا تنفكّ منّا كتائبٌ … سراةُ خميسٍ من لُهامٍ مسوّمِ نروع قريش الكفر حتى نعلّها … بخاطمةٍ فوق الأنوف بميسمِ ننزّلهم أكناف نجدٍ ونخلةٍ … وإن يُتهموا بالخيل والرّجل نتهمِ يد الدهر حتى لا يعوّج سربنا … ونلحقهم آثار عادٍ وجرهمِ ويندم قومٌ لم يطيعوا محمدًا … على أمرهم وأيّ حينِ تندّمِ فأبلغ أبا سفيان إمّا لقيتَه … لئن أنت لم تخلص سجودًا وتسلمِ فأبشر بخزيٍ في الحياة معجّلٍ … وسربال قار خالدًا في جهنّمِ قال ابن إسحاق (٢) : ومولى يمين أبي سفيان الذي عناه الشاعر، هو عامر بن الحضرميّ. وقال ابن هشامٍ: إنّما هو عقبة بن عبد الحارث بن الحضرميّ، فأمّا عامر بن الحضرميّ، فإنّه قتل يوم بدرٍ. قال ابن إسحاق (٣) : وقد حدّثني يزيد بن أبي حبيبٍ، عن بكير بن عبد اللَّه بن الأشجّ، عن سليمان بن يسارٍ، عن أبي إسحاق الدّوسيّ، عن أبي هريرة قال: بعث النبيّ ﷺ سريّةً أنا فيها، فقال: "إن ظفرتم بهبّار بن الأسود، والرجل الذي سبق معه إلى زينب فحرّقوهما بالنّار" . فلما كان الغد بعث إلينا، فقال: "إنّي قد كنت أمرتكم بتحريق هذين الرجلين إن أخذتموهما (٤) ، ثم رأيت أنّه لا ينبغي لأحدٍ أن يحرق بالنار إلّا اللَّه، – Exalté soit-Il – ، فإن ظفرتم بهما فاقتلوهما" . تفرّد به ابن إسحاق، وهو على شرط السّنن (٥) ولم يخرجوه. وقال البخاريّ (٦) : ثنا قتيبة، ثنا اللّيث، عن بكيرٍ، عن سليمان بن يسارٍ، عن أبي هريرة، رضي
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٥٥ - ٦٥٦) والأبيات في "ديوانه" ص (١٣٠). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٥٦). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٥٧). (٤) في (أ) و (ط): "أخذتموها" والتصحيح من "السيرة النبوية" لابن هشام. (٥) في (أ): "الشيخين". وهو خطأ من الناسخ، يقول المؤلف بعده: "ولم يخرِّجوه" ويقصدُ أصحاب السنن. (٦) رواه "البخاري" (٣٠١٦).

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