Et c’est ainsi qu’al-‘Ufî a rapporté ces propos d’après Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima, al-Rabî‘ ibn Anas, al-Suddî et plusieurs autres (1).
Qatâda a dit : « Il nous a été rapporté que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) déclara un jour à ses Compagnons : “Savez-vous ce qu’est la Maison peuplée (al-Bayt al-Ma‘mûr) ?” Ils répondirent : “Allah et Son Messager sont plus savants.” Il dit : “C’est une mosquée dans le ciel, située à la verticale exacte de la Ka‘ba. Si elle s’effondrait, elle s’effondrerait sur elle. Chaque jour, soixante-dix mille anges y prient ; lorsqu’ils en sortent, ils n’y reviennent plus, c’en est fini pour eux.” » (2)
Al-Ḍaḥḥâk prétend qu’elle est peuplée par un groupe d’anges que l’on appelle les « jinns », de la tribu d’Iblîs (3) – qu’Allah le maudisse –, voulant dire par là qu’ils en seraient les gardiens et les serviteurs. Et Allah est plus savant.
D’autres ont dit : « Dans chaque ciel se trouve une Maison que ses habitants angéliques peuplent par l’adoration, à laquelle ils se rendent successivement, tout comme les gens de la terre fréquentent la Maison antique (la Ka‘ba) par le pèlerinage chaque année, et par la ‘umra à tout moment, en tournant autour et en y priant à toute heure. »
Sa‘îd ibn Yaḥyâ al-Umawî rapporte, au début de son livre “al-Maghâzî”, qu’Abû ‘Ubayd, dans le ḥadîth de Mujâhid, avait dit : « Le Ḥaram (l’enceinte sacrée) est sacré ; son extension (mênâh) – c’est-à-dire sa correspondance – s’étend à travers les sept cieux et les sept terres. Il s’agit de la quatrième parmi quatorze Maisons, car il y a une Maison dans chaque ciel et dans chaque terre, et si elles tombaient, elles s’effondreraient l’une sur l’autre. »
Puis il transmit d’après Mujâhid que mênâh (مَنَاه) signifie “correspondant à”, sous une forme abrégée. Il poursuivit : « Abû Mu‘âwiya nous a rapporté, par l’intermédiaire d’al-A‘mash, d’après Abû Sulaymân – le muezzin d’al-Ḥajjâj – qui dit avoir entendu ‘Abd Allâh ibn ‘Amr déclarer : “Certes, le Ḥaram est sacré dans les sept cieux à la mesure où il l’est sur terre, et Bayt al-Maqdis (Jérusalem) est également sacré dans les sept cieux, à la mesure où il l’est sur terre.” »
Un poète a dit (sur le mètre al-kâmil) :
« En vérité, Celui qui a élevé le ciel a bâti pour nous… une Maison dont les piliers sont plus solides et plus hauts. »
La Maison qui se trouve dans le premier ciel s’appelle la “Maison de la Puissance” (Bayt al-‘Izza), et l’ange qui en est le préposé se nomme Ismâ‘îl. Ainsi, les soixante-dix mille anges qui pénètrent chaque jour dans la Maison peuplée et n’y retournent plus ensuite – c’est-à-dire qu’ils n’y reviennent jamais jusqu’à la fin des temps – proviennent uniquement des habitants du septième ciel. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Allah le Très-Haut a dit : « Et nul ne connaît les armées de ton Seigneur, à part Lui » [Coran 74 : 31].
L’imam Aḥmad a rapporté, par l’intermédiaire d’Aswad ibn ‘Âmir, d’Isra’îl, d’Ibrâhîm ibn Muhâjir, de Mujâhid, de Murrîq, d’après Abû Dharr, que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Je vois ce que vous ne voyez pas, et j’entends ce que vous n’entendez pas… »