Il n’y a pas de contradiction entre ces propos, car tous peuvent se réaliser en même temps. Nous avons rappelé que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Puis l’on m’éleva jusqu’à Sidrat al-Muntahā, et voilà que son nabk (fruit du jujubier) était semblable à de grandes jarres. » Dans une autre version : « Comme les jarres de Hajar, et son feuillage était comme les oreilles des éléphants. De sa base jaillissent deux fleuves cachés et deux fleuves apparents : quant aux deux fleuves cachés, ils sont au Paradis, et quant aux deux fleuves apparents, ce sont le Nil et l’Euphrate. » Nous avons déjà traité ce sujet dans l’exposé sur la création de la terre (1) et sur ce qu’elle renferme comme mers et fleuves.
Et il est également mentionné : « Puis on me fit voir la Maison peuplée (al-Bayt al-Ma‘mūr), et voilà que soixante-dix mille anges y entrent chaque jour, sans jamais y retourner une fois leur tour accompli » (2). Il est rapporté que le Prophète (ﷺ) y trouva également Abraham, l’ami (de Dieu) – que la paix soit sur lui –, adossé (3) à la Maison peuplée. Nous avons expliqué ailleurs (4) l’adéquation de ce fait : al-Bayt al-Ma‘mūr se trouve dans le septième ciel de la même manière que la Kaaba se trouve sur la terre.
Sufyān al-Thawrī, Shu‘bah et Abū al-Aḥwaṣ rapportent, d’après Simāk ibn Ḥarb, d’après Khālid ibn ‘Ar‘arah, qu’Ibn al-Kawwā interrogea ‘Alī ibn Abī Ṭālib au sujet d’al-Bayt al-Ma‘mūr. ‘Alī répondit : « C’est une mosquée dans le ciel, appelée “al-Ḍurāḥ”, située à la verticale de la Kaaba, et sa sacralité au ciel est semblable à la sacralité de la Maison (sacrée) sur terre. Chaque jour, soixante-dix mille anges y prient et n’y retournent jamais (5). » De même, ‘Alī ibn Rabī‘ah et Abū al-Ṭufayl l’ont rapporté de ‘Alī (6).
Al-Ṭabarānī (7) dit : « Nous fut rapporté par al-Ḥasan ibn ‘Alawiyyah al-Qaṭṭān, qui avait reçu d’Ismā‘īl ibn ‘Īsā al-‘Aṭṭār, qui avait reçu d’Isḥāq ibn Bishr Abū Ḥudhayfah, lequel avait reçu de Ibn Jurayj, d’après Ṣafwān ibn Sulaym, d’après Kurayb, d’après Ibn ‘Abbās, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “La Maison peuplée dans le ciel s’appelle al-Ḍurāḥ. Elle se trouve exactement à l’aplomb de la Maison sacrée (la Kaaba) ; si elle tombait, elle s’abattrait dessus. Chaque jour, soixante-dix mille anges y entrent puis ne la revoient plus jamais. Elle possède en effet, dans le ciel, une sacralité à la mesure de celle de La Mecque (sur terre).” » Autrement dit, sur terre.