Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Son frère Musʿab était le frère (paternel et maternel) d’Abū l-Yasar, et c’est lui qui le captura. Il raconta : Abū ʿAzīz (prisonnier) lui dit : « Ô mon frère, est-ce ainsi que tu me recommandes ? » Musʿab lui répondit : « Lui est véritablement mon frère, plutôt que toi. » Sa mère se renseigna alors sur la somme la plus élevée pour laquelle un Qurayshite avait été racheté ; on lui dit que c’était quatre mille dirhams. Elle envoya donc quatre mille dirhams et le racheta ainsi.

J’ai dit : Ce Abū ʿAzīz s’appelait Zurarah, comme l’a mentionné Ibn al-Athīr dans « Ghābat al-Ṣaḥāba » (1), et Khalīfa ibn Khayyāṭ l’a compté parmi les Compagnons (2). Il était le frère de Musʿab ibn ʿUmayr par ses deux parents (3), et ils avaient un autre frère issu des mêmes parents, Abū l-Rūm ibn ʿUmayr. Certains ont fait l’erreur de prétendre qu’il fut tué le jour d’Uḥud en étant mécréant, mais il s’agit en réalité d’un autre, Abū ʿUzzah, comme on le verra en son lieu. Dieu sait mieux.

Ibn Isḥāq (4) a rapporté : « ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr m’a transmis de la part de Yaḥyā ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Saʿd ibn Zurārah, qui raconta : “Lorsque les prisonniers arrivèrent, alors qu’on venait à peine de les amener, Sawda bint Zamʿa, l’épouse du Prophète (ﷺ), se trouvait chez la famille dʾAfra pour pleurer ʿAwf et Muʿawwidh, les deux fils dʾAfra. C’était avant que le voile ne leur fût imposé. Sawda déclara : ‘Par Dieu, j’étais alors chez eux quand on nous dit que les prisonniers étaient arrivés.’ Elle dit : ‘Je revins chez moi, où se trouvait le Messager de Dieu (ﷺ). Voilà qu’Abū Yazīd Suhayl ibn ʿAmr était dans un coin de la pièce, les mains attachées au cou par une corde. Je ne pus me contenir quand je vis Abū Yazīd ainsi : je lui dis : ‘Ô Abū Yazīd, vous vous êtes rendus ! Ne valait-il pas mieux mourir avec honneur ?’ Par Dieu, rien ne m’alerta sinon la voix du Messager de Dieu (ﷺ) qui, depuis la maison, me dit : “Ô Sawda ! Allons-nous inciter à se dresser contre Dieu et Son Prophète ?”’ Elle dit : ‘Ô Messager de Dieu, je jure par Celui qui t’a envoyé avec la vérité que je ne me suis pas retenue en voyant Abū Yazīd ainsi enchaîné ; c’est pour cela que j’ai dit ce que j’ai dit.’ Puis il y eut à Médine l’histoire des prisonniers au sujet de laquelle nous donnerons plus de détails quant à la manière dont ils furent rachetés et le montant de leur rançon, si Dieu le veut.” »

Mention de la joie du Najāshī —qu’Allah lui fasse miséricorde— à la nouvelle de la bataille de Badr :

Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī (5) a dit : « Nous rapporte Abū l-Qāsim ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿUbayd Allāh al-Ḥarafī à Bagdad, qui tînt d’Aḥmad ibn Salmān al-Najjād, qui tînt de ʿAbd Allāh ibn Abī l-Dunyā, qui dit : “M’a rapporté Ḥamza ibn al-ʿAbbās, qui tînt de ʿAbdān ibn ʿUthmān, qui tînt de ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, lequel raconta : J’ai entendu ʿAbd al-Raḥmān ibn Yazīd ibn (6) Jābir, de la part de ʿAbd al-Raḥmān, un homme originaire de Ṣanʿā, dire…” »

(1) Il s'agit de "Asad al-Ghabah fī Maʿrifat al-Ṣaḥābah" ; la copie imprimée consultée est celle de Dār al-Shaʿb au Caire (tome 6, p. 213). (2) Voir "Ṭabaqāt Khalīfah" (tome 1, p. 33). (3) Dans les éditions (A) et (Ṭ) : « lâbihi » (à son père). Dans "Asad al-Ghabah" (6/213) : « l-abawayhi » (à ses deux parents), ce qui est confirmé pour être cohérent avec le contexte. (4) Voir "Sīrat al-Nabawiyyah" d'Ibn Hichâm (tome 1, p. 645). (5) Voir "Dalāʾil al-Nubuwwah" (tome 3, pp. 133-134). (6) Dans l'édition (Ṭ) : "ʿan" (sur) ; c'est une erreur.
أخوه مصعبٌ لأبي اليَسَرِ، وهو الذي أسره، ما قال، قال له أبو عزيزٍ: يا أخي، هذه وصاتك بي؟ فقال له مصعبٌ: إنّه أخي دونك. فسألت أمّه عن أغلى ما فدي به قرشيٌّ، فقيل لها: أربعة آلاف درهمٍ. فبعثت بأربعة آلاف درهمٍ ففدته بها. قلت: أبو عزيزٍ هذا اسمه زرارة، فيما قاله ابن الأثير في "غابة الصحابة" (١) ، وعدّه خليفة بن خيّاطٍ في أسماء الصحابة (٢) . وكان أخا مصعب بن عميرٍ لأَبَوَيْهِ (٣) ، وكان لهما أخٌ آخر لأبويهما، وهو أبو الرّوم بن عُمَيْرٍ، وقد غلط من جعله قتل يوم أحدٍ كافرًا، ذاك أبو عزّة، كما سيأتي في موضعه. واللَّه أعلم. قال ابن إسحاق (٤) : حدّثني عبد اللَّه بن أبي بكرٍ، أنّ يحيى بن عبد اللَّه بن عبد الرحمن بن سعد بن زرارة، قال: قدم بالأُسارى حين قُدم بهم، وسودة بنت زمعة زوج النبيّ ﷺ عند آل عفراء في مناحتهم على عوفٍ ومعوِّذٍ ابني عفراء. قال: وذلك قبل أن يضرب عليهنّ الحجاب. قال: تقول سودة: واللَّه إنّي لعندهم إذ أُتينا، فقيل: هؤلاء الأسارى قد أتي بهم. قالت: فرجعت إلى بيتي، ورسول اللَّه ﷺ فيه، وإذا أبو يزيد سهيل بن عمروٍ في ناحية الحجرة مجموعةً يداه إلى عنقه بحبلٍ. قالت: فلا واللَّه ما ملكتُ نفسي حين رأيت أبا يزيد كذلك أن قلت: أي أبا يزيد، أعطيتم بأيديكم، ألا متّم كرامًا؟ فواللَّه ما أنبهني إلّا قول رسول اللَّه ﷺ من البيت: "يا سودة، أعلَى اللَّه وعلى رسوله تحرّضين" ؟ قال: قلت: يا رسول اللَّه، والذي بعثك بالحقّ ما ملكت نفسي حين رأيت أبا يزيد مجموعةً يداه إلى عنقه أن قلت ما قلت، ثم كان من قصة الأسارى بالمدينة ما سيأتي بيانه وتفصيله فيما بعد من كيفية فدائهم وكمّيّته، إن شاء اللَّه. ذكر فرح النّجَاشيّ، (رضي الله عنه) ، بوقعة بدرٍ قال الحافظ البيهقيّ (٥) : أنا أبو القاسم عبد الرحمن بن عبيد اللَّه الحرفيّ ببغداد، ثنا أحمد بن سلمان النّجّاد، ثنا عبد اللَّه بن أبي الدّنيا، حدّثني حمزة بن العباس، ثنا عبدان بن عثمان، ثنا عبد اللَّه بن المبارك، أنا عبدُ الرحمن بن يزيد بن (٦) جابرٍ، عن عبد الرحمن -رجلٍ من أهل صنعاء- قال:
(١) يريد "أسد الغابة في معرفة الصحابة" والنقل في المطبوع منه بدار الشعب بالقاهرة (٦/ ٢١٣). (٢) انظر "طبقات خليفة" (١/ ٣٣). (٣) في (أ) و (ط): "لأبيه". والذي في "أسد الغابة" (٦/ ٢١٣): "لأبويه" وهو ما أثبته لانسجامه مع السياق. (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٤٥). (٥) انظر "دلائل النبوة" (٣/ ١٣٣ - ١٣٤). (٦) في (ط): "عن". وهو خطأ.

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