Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

De moi à toi, et une larme versée… qui s’écoule en abondance tandis qu’une autre s’étrangle :
(1)
Le Nadhr entendrait-il si je l’appelais ? Ou comment un mort saurait-il entendre alors qu’il ne parle pas ?
Ô Muhammad, ô meilleur rejeton d’une noble famille issue de son peuple, et le mâle est un pur-sang racé !
Que ne t’en eût-il coûté de faire grâce, alors qu’un homme valeureux peut accorder sa clémence même s’il est en proie à la colère ?
Ou si tu avais accepté une rançon, qu’ils la paient donc avec ce qu’ils possèdent de plus cher et auquel ils donnent le plus de valeur.
Le Nadhr est plus proche qu’aucun autre de ceux que tu as faits prisonniers, il était le plus en droit d’être affranchi, s’il devait l’être.
Les épées des fils de son père l’ont alors frappé… Par Allah, là-bas, des liens de parenté se sont rompus.
Avec patience, on le conduisit vers la mort, épuisé… Enchaîné, le captif était entr entravé.

(3) Ibn Hishâm rapporte (et Allah sait mieux) : « Lorsque ce poème parvint au Messager d’Allah (ﷺ), il dit : “Si cela m’était parvenu avant l’exécution (du Nadhr), je lui aurais accordé ma grâce.” »

(4) Ibn Isḥâq relate : « À cet endroit, Abû Hind, l’affranchi de Furwa ibn ‘Amr al-Bayâdî, qui était son praticien de la saignée (– qu'Allah leur fasse miséricorde –), vint à la rencontre du Messager d’Allah (ﷺ). Il portait une outre de vin remplie de ḥays — un mélange de dattes, de farine grillée (sawîq) et de beurre clarifié — en guise de présent pour le Messager d’Allah (ﷺ). Celui-ci l’accepta et recommanda Abû Hind aux Anṣâr. »

(5) Ibn Isḥâq poursuit : « Le Messager d’Allah (ﷺ) se remit ensuite en route et entra à Médine un jour avant l’arrivée des captifs. »

(6) Ibn Isḥâq ajoute, d’après Nabîh ibn Wahb (frère des Banû ‘Abd al-Dâr) : « Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) arriva avec les prisonniers, il les répartit entre ses Compagnons en disant : “Soyez bienveillants envers eux.” »

Il raconta : « Abû ‘Azîz ibn ‘Umayr ibn Hâshim, frère de Muṣ‘ab ibn ‘Umayr par son père et sa mère, se trouvait parmi les captifs. Il dit : “Mon frère Muṣ‘ab passa près de moi en compagnie d’un homme des Anṣâr qui me tenait prisonnier et lui dit : ‘Serre bien tes liens, car sa mère a de la fortune ; peut-être te le rachètera-t-elle.’ Lorsqu’on me ramena de Badr parmi un groupe d’Anṣâr, chaque fois qu’ils préparaient leur repas du matin et du soir, ils me donnaient le pain et ne consommaient eux-mêmes que des dattes, se conformant ainsi à la recommandation du Messager d’Allah (ﷺ) concernant notre sort. Aucun d’entre eux ne laissait passer un morceau de pain sans me l’offrir. J’en étais gêné et le refusais, mais il me l’insistait, sans même y toucher.” »

(7) Ibn Hishâm précise : « Cet Abû ‘Azîz était le porte-étendard des polythéistes à la bataille de Badr, après an-Naḍr ibn al-Ḥârith. Et lorsque vint le moment où il dit… »

(1) Ce vers ne figure pas dans la "Sīra du Prophète" d'Ibn Hishām que j'ai sous les yeux ; il faudra le rectifier. (2) Dans (Ta) : « ḍī ». Le terme « ḍanʼ » désigne la descendance de toute chose. (3) Voir la "Sīra du Prophète" d'Ibn Hishām (2/43). (4) Voir la "Sīra du Prophète" d'Ibn Hishām (1/644). (5) Voir la "Sīra du Prophète" d'Ibn Hishām (1/644). (6) Voir la "Sīra du Prophète" d'Ibn Hishām (1/645). (7) Voir la "Sīra du Prophète" d'Ibn Hishām (1/646).
منّي إليك وعبرةً مسفوحةً … جادت بوابلها وأخرى تخنقُ (١) هل يسمعنّ النّضر إن ناديته … أم كيف يسمع ميّتٌ لا ينطقُ أَمحمدٌ يا خير ضنءِ (٢) كريمةٍ … من قومها والفحل فحلٌ معرقُ ما كان ضرّك لو مننت وربّما … منّ الفتى وهو المغيظ المحنقُ أو كنت قابل فديةٍ فلينفقن … بأعزّ ما يغلو به ما ينفقُ والنّضر أقرب من أسرت قرابةً … وأحقّهم إن كان عتقٌ يعتقُ ظلّت سيوف بني أبيه تنوشه … للَّه أرحامٌ هنالك تشققُ صبرًا يقاد إلى المنيّة متعبًا … رسف المقيّد وهو عانٍ موثق قال ابن هشامٍ (٣) : ويقال، واللَّه أعلم: إنّ رسول اللَّه ﷺ لمّا بلغه هذا الشّعر قال: "لو بلغني هذا قبل قتله لمننت عليه" . قال ابن إسحاق (٤) : وقد تلقّى رسولَ اللَّه ﷺ بهذا الموضع أبو هندٍ مولى فروة بن عمرو البياضيّ حجّامه، (رحمهم الله) ، ومعه زقّ خمرٍ مملوءٌ حيسًا -وهو التَّمر والسّويق بالسّمن- هديةً لرسول اللَّه ﷺ فقبله منه، ووصّى به الأنصار. قال ابن إسحاق (٥) : ثم مضى رسول اللَّه ﷺ حتى قدم المدينة قبل الأسارى بيومٍ. قال ابن إسحاق (٦) : وحدّثني نبيه بن وهب أخو بني عبد الدَّار أنّ رسول اللَّه ﷺ حين أقبل بالأسارى فرّقهم بين أصحابه، وقال: "استوصوا بهم خيرًا" . قال: وكان أبو عزيز بن عمير بن هاشمٍ أخو مصعب بن عميرٍ لأبيه وأمّه، في الأسارى، قال أبو عزيزٍ: مرّ بي أخي مصعب بن عميرٍ ورجلٌ من الأنصار يأسرني، فقال: شدّ يديك به؛ فإنّ أمّه ذات متاعٍ لعلّها تفديه منك. قال أبو عزيزٍ: فكنت في رهطٍ من الأنصار حين أقبلوا بي من بدرٍ، فكانوا إذا قدّموا غداءهم وعشاءهم خصّوني بالخبز وأكلوا التَّمر؛ لوصية رسول اللَّه ﷺ إياهم بنا، ما تقع في يد رجلٍ منهم كسرة خبزٍ إلا نفحني بها، فأستحيي فأردّها فَيَرُدُّها عليّ ما يمسّها. قال ابن هشامٍ (٧) : وكان أبو عزيزٍ هذا صاحب لواء المشركين ببدرٍ بعد النّضر بن الحارث، ولمّا قال
(١) هذا البيت لم يرد في "السيرة النبوية" لابن هشام التي بين يدي، فليستدرك. (٢) في (ط): "ضي". والضنء من كل شيء: نَسْلُهُ. (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٣). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٤٤). (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٤٤). (٦) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٤٥). (٧) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٤٦).

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